LISTE DES OUVRAGES CONDAMNÉS
Galvet. — Histoire de France.
Gauthier et Deschamps. — Histoire de France.
Guiot et Mane. — Histoire de France.
Rogie et Despiques. — Histoire de France.
Petites Lectures sur l'Histoire de la Civilisation Française-
Devinât. — Histoire de France.
Brossolette. — Histoire de France.
Aulard et Debidour. — Histoire de France.
Aulard. — Éléments d'Instruction Civique.
Albert Bayet. — Leçons de Morale.
Jules Payot. — Cours de Morale.
La Morale à l'École.
Primaire. — Manuel d'Éducation Morale, Civique et Sociale.
Manuel de Lectures Classiques.
Vous surveillerez donc de très près, N. T. C. F., l'enseignement donné à vos enfants. Ce devoir est d'autant plus impérieux qu'il est plus facile de i'accomplir. Quand il s'agit du choix d'une école, il peut arriver que vous manquiez parfois de la liberté désirable ; au contraire, pour la surveiller, vous avez à votre disposition, partout et toujours, le pouvoir et les ressources qui sont nécessaires. Si à l'aide de la vigilance éclairée que vous inspirera votre foi, vous venez à découvrir que l'école, au lieu de rester neutre, n'est plus, suivant une définition célèbre, qu' « un moule où l'on jette un fils de chrétien pour qu'il s'en échappe un renégat », vous n'hésiterez pas à en retirer promptement vos fils et vos filles, tînë loi en préparation vous rendra peut-être bientôt plus difficile l'exercice de l'autorité paternelle ; mais, quelques entraves que vous rencontriez du côté de la loi humaine, désireux avant tout d'observer la loi divine qui vous ordonne d'arracher au péril l'âme de vos enfants, vous vous souviendrez de la conduite des Apôtres devant les premiers persécuteurs de l'Église, et vous répondrez à ceux qui vous conseilleraient une attitude différente : « Il faut obéir à Dieu plutôt « qu'aux hommes. »
3° Les devoirs de la famille, vis-à-vis de Vêcole libre.
La famille n'a pas épuisé toutes ses obligations lorsqu'elle a fait choix de l'école catholique. Quelle que soit l'école choisie, l'éducation de l'enfance reste toujours le premier devoir des parents. L'école peut les aider, elle ne peut pas les remplacer. L'école ne peut pas les remplacer, lors même qu'elle est dirigée parle.-
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maîtres les plus chrétiens. Ceux-ci ont besoin d'être soutenus par leur autorité et leurs exemples. Combien de maîtres ont le droit d'imputer leur insuccès au manque de coopération des familles ? L'école, même la meilleure, n'assure pas l'éducation de l'enfant. Celui-ci quitte l'école à l'âge où il n'est pas encore formé, et où il ajuste reçu assez de culture pour prendre toutes les empreintes, il ne doit donc pas être abandonné à lui-même. Si la famille ne prend pas soin d'assurer les fruits de l'école et de prolonger son action, si elle abandonne l'enfant à toutes les influences, si elle le livre à tous les tyrans et à tous les sophistes, à quoi aura servi l'école ? L'avenir des enfants est au cœur de leurs parents.
Sans parler même de cette éducation postscolaire, dont il sera question plus loin, les parents ont encore d'autres devoirs vis-à-vis de l'école catholique. Ils ont le devoir de la soutenir, au prix de leurs sacrifices.
Dans la tyrannie que nous impose le quasi monopole de l'Etat, la création et la conservation de nos écoles libres ont suscité les plus beaux dévouements et les plus héroïques générosités. Mais ayons le courage de constater que le sacrifice ne vient pas assez d'où il devrait venir : du père et de la mère.
Ceux-ci, dans nos religieuses populations, donnent bien la préférence à l'école catholique ; ils y voient une protection pour leur enfant, un moyen de lui conser-
ver leur foi traditionnelle et leurs habitudes chrétiennes ; mais l'école n'est pas assez leur œuvre ; elle ne leur coûte pas assez ; ils ne veulent pas s'imposer pour elle les sacrifices nécessaires. Ils y voient trop l'œuvre du châtelain et de la châtelaine ; ils y voient trop l'entreprise du Curé, à ce point qu'ils menacent parfois de ne pas s'en servir, si on ne leur offre pas certains avantages matériels. Ils n'y voient pas assez l'auxiliaire indispeusable pour eux, l'auxiliaire à l'existence duquel ils doivent concourir.
Aussi est-ce une obligation de faire prévaloir partout la nécessité de la rétribution scolaire pour tous ceux que leur pauvreté n'empêche pas de la payer.
Si c'est au père de famille qu'appartient le devoir d'élever son enfant/ n'est-ce pas lui qui doit en supporter les charges ?Ne lui donnerait-on pas une fausse 1dée de son devoir, en lui laissant croire que seule l'éducation physique de son enfant doive lui coûter quelque sacrifice ? Ne serait-ce pas en outre l'habituer à cette idée bien entachée de socialisme et bien peu chrétienne, que l'éducation de l'enfance n'est pas une charge personnelle, mais une charge collective incombant à toute la société ? C'est pour cela que, dans sa Lettre pastorale du 5 mars 1885, le cardinal Guibert écrivait déjà si justement : « L'école chrétienne qui est un remède aux maux de l'éducation sans Dieu, doit être aussi une protestation contre cet oubli des devoirs paternels ; il faut qu'elle remette en vigueur les res-
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ponsabilités de chacun... Réservons, ajoutait-il, réservons la gratuité complète aux enfants des pauvres. Invitons les parents qui peuvent se suffire, à payer une rétribution modérée pour l'instruction de leurs enfants. Par là ils s'acquitteront d'une obligation à la fois chrétienne et sociale : ils donneront un exemple salutaire et protesteront, avec éclat, contre une erreur funeste. »
On ne saurait mieux dire. Et pourtant les objections s'élèvent nombreuses.
Vous excluez le pauvre de vos écoles, dit-on. Non. Dieu nous en garde. L'Eglise n'a pas eu besoin d'attendre nos prétendus réformateurs pour prodiguer gratuitement aux pauvres les bienfaits de l'instruction. L'histoire de nos écoles avant la Révolution en fait foi. Aujourd'hui encore il n'entre dans la pensée de personne de faire de la pauvreté un motif d'exclusion. Nous ne réclamons la rétribution scolaire que des parents qui sont en mesure de l'accorder.
Mais vous allez, nous dit-on, faire le vide dans nos écoles. Non, j'augure mieux de la foi de nos religieuses populations. Quand on a vu des pères et des mères de famille sacrifier une position avantageuse pour procurer à leurs enfants le bienfait d'une éducation chrétienne, on peut espérer qu'un petit sacrifice d'argent ne sera pas au-dessus de la vertu du plus grand nombre. Que si quelques familles n'en sont pas capables, n'est-il pas à craindre que les enfants de ces familles ne voient les bienfaits de l'éducation chré-
tienne neutralisés par le milieu où ils sont obligés de vivre ?
Dès lors à quoi servent nos sacrifices ?
D'ailleurs, les faits sont en notre faveur : nulle part la rétribution scolaire n'a fait déserter l'école libre. Souvent c'est le contraire qui arrive.
L'expérience semble faite et elle est concluante. L'hésitation ne serait pas raisonnable, là surtout où il s'agit de sauver une école ; car personne, je pense, n'admet en pareille matière, la théorie du tout ou rien ; et si, par la rétribution scolaire, on sauve seulement 50 enfants au lieu de 100 qu'on voudrait mais qu'on ne peut sauver, ne vaut-il pas mieux sauver les 50? (1).
(1) Mais comment s'y prendre ? Ici, les moyens sont multiples et demandent à être employés avec prudence. H faut tenir compte du milieu, proportionner les exigences aux besoins. De tous les systèmes admis dans les diverses écoles, le plus simple et le plus facilement applicable me semble être celui qui est employé dans plusieurs paroisses,
Voici en quoi il consiste :
Le taux de la rétribution scolaire est établi en faisant la division des frais d'entretien de l'école par le nombre moyen de ses élèves. Un comité paroissial fixe ce taux et accorde aux enfants pauvres les réductions demandées, car les enfants pauvres sont reçus, après examen du comité, gratuitement ou à prix réduit ; mais, pour que le fonctionnement de l'école ne coure aucun risque, il ne faut pas que la somme totale des réductions dépasse le chiffre des subventions assurées.
Des bons d'école sont distribués à tous les enfants, payants ou non ; ceci a le double avantage de ménager la susoeptibi-
III. — L'ÉCOLE ET L'ÉGLISE 2° Le Droit d'instruire de VÉgiise.
Dans la question scolaire, l'Etat a voulu prendre la place de l'Eglise, oubliant que < l'Eglise, société enseignante, a reçu de son fondateur la mission d'enseigner la foi et la morale — dont elle est la gardienne, — à tous les hommes : ce dépôt de la Révélation, elle a le droit direct, absolu, de le transmettre, par sa hiérarchie ou par ses délégués et mandataires, à tous les baptisés. Aucun pouvoir humain ne doit l'entraver. Dans les matières qui sont connexes à la foi, philosophie, histoire, science de l'homme.... elle a le droit indirect de surveiller, de réprimer au besoin, l'enseignement de la famille, et du délégué de la famille, le maître d'école : ce contrôle atteint les maîtres, leur enseignement personnel, leurs livres.
« De plus, l'Eglise, société supérieure et parfaite, a
litô des pauvres, et d'exciter l'émulation de ceux qui seraient tentés de réclamer une réduction dont ils n'ont pas besoin. Les bons sont remis au commencement du mois au Directeur de l'école ; l'enfant qui est fidèle à remettre son bon dès les premiers jours, reçoit un certain nombre de bons points, et ces bons points donnent droit, à des jours déterminés, au tirage d'une tombola. Si cette tombola se composait de fournitures classiques, la fidélité à remettre les bons serait encore plus grande, puisque les parents trouveraient, dans cette régularité, un moyen de procurer gratuitement les fournitures à leurs enfants.
le droit d'ouvrir des écoles où elle donne, non pas seulement l'enseignement religieux et moral, mais la culture humaine à tous les degrés, soit par ses clercs, soit par tels autres mandataires, qu'elle investit de cette fonction. Droit indépendant et absolu, dans son origine et dans son exercice, et qui ne devrait être limité par aucun contrôle de l'Etat (1). »
Telle est la doctrine Catholique sur les droits de l'Eglise, en matière d'enseignement. Elle est en opposition avec la doctrine de la Révolution qui veut éliminer le Christianisme tout entier, la révélation divine et l'ordre surnaturel, que l'Eglise a pour mission de conserver. Aussi ne faut-il pas s'étonner du conflit soulevé par nos adversaires sur ce terrain de l'école.
Il y a opposition irréductible entre le principe de l'école sans Dieu et le principe de l'école chrétienne.
Dans la pratique, pour s'adapter à une situation de fait, pour sauvegarder l'âme de ses enfants, l'Eglise peut accepter, dans cette matière comme en d'autres, de ne pas exiger tout son droit, mais sur la question des principes, elle se doit à elle-même d'être intransigeante, assurée qu'un jour ses droits finiront bien par être reconnus.
2° Son droit de surveillance.
En attendant, en vertu de ces mêmes principes, elle revendique et elle exerce son droit de sur-
(1) Alexis Crosnier, A travers nos Ecoles rhr é tiennes ,
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veil lance sur l'enseignement public, et son droit d'avertissement aux familles catholiques. Par son Baptême l'enfant catholique appartient à l'Eglise : celle-ci a le droit et le devoir de le protéger.
Elle n'a fait que cela, dans la lettre des Evêques de France qui a si fort irrité ses ennemis.
Je le redirai avec fierté.
Dans cet acte nous n'avons pas eu d'autre but que de prendre la défense des enfants et la défense des pères et mères de famille catholiques ; nous n'avons pas suivi dautre inspiration que notre conscience ; nous n'avons subi aucune pression ; ce serait nous diminuer nous-mêmes que de répondre au reproche de ne pas avoir agi librement.
Il n'est entré dans notre acte aucune tentative de révolte, ni aucune arrière-pensée politique, pas plus qu'il n'y est entré d'animosité ou de récrimination contre les maîtres qui font consciencieusement leur devoir.
Nous avons rappelé la vieille doctrine de l'Égli ! sur l'obligation qu'ont les parents chrétiens d'élever leurs enfants chrétiennement, en les envoyant de préférence aux seules écoles qui puissent les aider à faire cette éducation chrétienne.
Nous leur avons rappelé quelles précautions ils sont obligés de prendre, quand il ne leur est pas possible d'user de l'école chrétienne.
En le disant nous nous sommes mis en face d'une
situation de fait, créée par nos législateurs. Ce sont eux qui ont voulu que, dans certaines écoles, on ne fît plus acte de chrétien, ce n'est pas nous qui l'avons décidé ainsi. Ce sont eux qui ont voulu, parla même, cette conséquence que désormais ces écoles ne peuvent plus suffire à l'éducation telle que la conçoit un père de famille chrétien. Si une matière disparaît du programme d'une école, personne ne peut se plaindre qu'on aille demander à une autre l'enseignement de cette matière, quand on en a besoin, comme c'est le cas de l'enseignement religieux pour tous les parents chrétiens.
Nous avons dit aux parents qu'ils ne peuvent pas tolérer qu'on impose certains livres à leurs enfants dans les écoles qu'ils sont obligés de fréquenter.
En le disant, nous n'avons commis d'injustice contre personne : nous avons rendu hommage à la loyauté des maîtres qui savent comprendre leur mission, nous n'avons visé que ceux qui en abusent ; personne ne saurait s'y tromper.
Nous avons demandé, nous qu'on voudrait si facilement courber sous des lois injustes, nous avons demandé qu'on observe la loi, vis-à-vis des enfants qui sont obligés de subir l'école neutre.
La loi dit, en effet, qu'on respectera toutes les croyances. Peut-on se vanter de les respecter, quand on attaque la religion catholique dans son histoire et dans sa doctrine ?
La loi dit même qu'on continuera d'enseigner Ips
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devoirs envers Dieu. Ne la viole-t-on pas en effaçant le nom de Dieu de tous les livres mis aux mains des enfants, au risque de dénaturer même les chefs-d'çeuvre de notre littérature ?
En disant aux pères de famille qu'ils ne doivent pas tolérer qu'on mette tels ou tels livres aux mains de ieurs enfants, nous leur avons dit de revendiquer le droit que leur accorde la loi elle-même. Car, il faut qu'on le sache, aucun livre n'est obligatoire dans les écoles ; une liste officielle est dressée dans chaque département, par une commission départementale ; c'est l'instituteur qui choisit le livre sur cette liste. Tous les livres de cette liste ne sont pas bons, mais il en est au moins quelques-uns d'inoffensifs ; c'est bien le moins qu'un père de famille demande qu'on préfère ceux-ci aux mauvais.
3° La prétendue défense de l'école laïque.
Au lieu de répondre à ces raisons on nous accuse de faire la guerre à l'école laïque, et on lance partout le mot d'ordre : Défendons V école laïque. Si nous ne connaissions pas la tactique traditionnelle des ennemis de l'Église, nous pourrions être surpris d'apprendre que l'école laïque est réduite à « se défendre » contre les agressions de l'Église !
Rappelons l'histoire des agressions et voyons d'où elles sont venues.
Jusqu'en 1880, l'union avait régné entre l'Église et
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l'école, entre le curé et l'instituteur. Non seulement la foi catholique était honorée à l'école, elle y était enseignée. Le premier coup de canon fut un règlement scolaire du 24 septembre 1880 qui déclara l'instruction religieuse purement facultative : qui l'a tiré? Ce n'est pas l'Eglise assurément! C'est Jules Ferry, lequel, par une série de lois et de règlements qui se suivirent de 1880 à 1886, en vint à exclure la susdite instruction du programme des examens publics à tous les degrés.
L'année 1881 vit décréter l'abolition de l'équivalence du brevet de capacité et de la lettre d'obédience, et la gratuité de l'enseignement public destiné à tuer la concurrence catholique. En 1882, ce fut la laïcisation de l'école publique, et même des écoles maternelles. Interdiction fut faite aux instituteurs et aux ministres du culte de donner des leçons d'instruction religieuse dans les locaux scolaires. Les instituteurs n'eurent plus le droit de conduire les enfants aux offices. On bannit des écoles tous les emblèmes religieux.
Etait-ce l'Église qui attaquait l'école ? A partir de 1882, les laïcisations allèrent avec une telle rapidité que M. Rambaud put déclarer à la Chambre, en novembre 1896, qu'il ne restait plus que six instituteurs publics congréganistes dans toute la France. Était-ce l'Eglise qui avait chassé des écoles publiques les instituteurs laïques ?
« L'Église, hélas ! ne put que se défendre. Se défendit^elle? Le fit-elle du moins avec une énergie, uno