‹ Pour l'édition critique des Odes de RonsardChapitre 4 sur 27 · ODE II · texte numérisé non relu

ODE II

Descen du ciel Calliope, et repousse Tous les ennemis [iic !\ de moy ton nourrisson, Soit de ton luth, ou soit de ta voix douce, 4 Et mes soucis charme de ta chanson.

Par toy je respire.

C'est tov qui ma Ivre 7 Aux honneurs conduis:

C'est tov, ma Princesse, Qui me tais sans cesse 10 Fol comme je suis.

Certainement avant que né je fusse, Pour te chanter tu m'avois ordonné :

Le Ciel voulut que ceste gloire j'eusse

Vakiantes. — 2. T. Ll's enmiisdc ce lien n. i53o. — 2. T. les ennuis de m. t. n. i555. i5iJo. 1567. iSyi. iS-Sy. — 3. S. par t. 1. ou s. par ta v. d. 1587. —4. Ou parle miel qui coule en la c. i55o — 7 Guides et c. i55o. — 7. Doucement c. i555. — G. 7. Par toy, je désire Plus que je ne puis. 1584. 1587, — 11. 12. Dedans le ventre a. q. né je f. P. t'honorer tu m'a. 0. 1584. '^87.

DES ODKS DE KONSAKO

14 Par ta faveur avant qtic d'cstre né, La bouche m'agrée ' Que ta voix sucrée 17 De son miel a peu, Et qui sur Parnase De l'eau de Pégase 20 Gloutement a beu.

Heureux celui que ta folie afible, Ta douce erreur ne le peut faire errer : Voire et si doit par sa douce parole 24 Hors du tombeau tout vif se déterrer. Ton bien sans dessertes Tu m"a donné certes, 27 Qui n'eu jamais soin D'apprendre la lettre :

Toutefois mon mètre 30 S entend d'assez loin.

Dieu est en nous, et par nous fait miracles Si qu'un Poëte et ses vers furieux Sont du haut ciel les plus secrets oracles 34 Que par sa bouche annoncent à noz yeux. Si dez mon enfance Le premier de France 37 J'ay pindarizé, De telle entreprise Heureusement prise 40 Je me voy prisé. » Chacun n'a pas les Muses en partage, » Ne leur fureur tout estomac ne point : A qui le ciel a fait tel avantage,

Variantes. — 14. D'eslre Ion chanlre a. q. de. né i55o. i555. i56o. 15S4. 1587. — 14. Estre ton chantre a. q. d'e. né 1567. \b~i. — iS. Laquelleen P. i5do. ~ 21. //. c. q. ta f. amuse i55o. — 23. V. el si cl. Valant pour guide, 6 muse i55o. — 22. 23. Heureux qui peut par tes traces errer : Celuy se doit d'une docte p. 1584. 1587. — 25-3o. Pour t'avoir servie, Tu as de ma vie Honoré le train : Suivant ton escoie, Ta douce parole M'eschaufa le seing. 1584. 1587. — 32-34. Si que les vers d'un poêle écrivant Ce sont des dieus les secrets et 0. Q.p. sa h. Us poussent en avant i55o. —32-34 Si que les vers d'un poète f. Ce sont des Dieus 1. p. s. o. Q. p. sa b. ils montrent à n. y. i555. i56o. — 32-34. D'accords meslez s'egaye l'Univers: Jadis en vers se rendoient les oracles, Et des hauts Dieux les hymnes sont en vers. 1584. 1587. —42. Ht l. f. t. e. ne p. iSHjj. 1587.

POUR l'kdition CUniQtlK

44 \'einqucui' des ans son nom ne mourra point. Durable est sa gloire, Tousjours la mémoire 47 Sans mourir le suit:

Comme vent, grand erre Par mer et par terre 50 S'escarte son bruit.

C'est toy qui tais que j'aime les fontaines Tout esloie;né du vulgaire ignorant, Tirant mes pas sur les roches hautaines 54 Apres les tiens que je vais adorant. Tu es ma liesse, Tu es ma Déesse, 57 Tu es mes sou hais :

Si rien je compose, Si rien je dispose, 60 En moy tu le tais.

Dedans quel antre, en quel désert sauvage Me guides-tu, et quel ruisseau sacré A ta grandeur, me sera doux breuvage . 64 Pour mieux chanter ta louange à mon gré? Nous sçavons bien comme Roland de sage homme 67 Devint toi d'aimer, Et comme Angélique Vierge mal pudique 70 Repassa la luer.

Nous cognoissons Mandricard à ses armes, Du bon Roger l'histoire ne nous fuit, Ny le vieillard qui murmurant ses charmes 74 Avoit d'airain le vain Palais construit. Ça page, ma lyre,

\'ariantes. — 44. Cacher son bruit .s-o».s l'ijùscar ne iloil p. i53o. — 46. 47 El de sa m. Volage est le nom i55o. — 48. C. un v. g. e. infjo. — 5o. Epand son renom i55o. — 3o. E.'s. b. u^ôo. — 52. T. e. de ce monslre i. i55o. — 53. T. m. p. par l. r. h. i55o. 1587. - 5-). .1. /. / q. Je suis a. i35o. — 57. Mes souhels parfais i55o. — G3. Fils d'un rocher, me s. d. b. 1584. 15S7. — 65-74 sont supprimés en i58}. 1587. — 69. Errante impudique i55o — 73-77 Ne le v. q. au son de ses rluu'nics Le dcvoié bàlimenl a c. Sus debout nui l. En '-liant je veil dire Sus les cordes d'or i35o.

UKS ODKS OK RONSAIID

Je veux taire bruire 77 Ses languettes d or :

La divine grâce Des beaux vers d'Horace 80 Me plaist bien encor.

Mais tout soudain d'un haut stile plus rare Je veux sonner le sang Hectorean, Changeant le son du Dirccan Pindare 84 Au plus haut bruit du chantre Smyrncan.

OBSERVATIONS

Cette Ode a toujours occupé le même rang: Livre II, Ode 11.

De 1550 à 1578, elle a compté 84 vers, divisés en 8 strophes de 6 et en 9 strophes de 4 vers. L'édition de 1584, suivie par 1587, a supprimé 10 vers :65 a 74.

Sur 84 vers, 42 sont restés sans changement depuis 1550, soit 50 0/0. Des 10 vers supprimés en 1584, 7 avaient encore, en 1578, le même texte qu'en 1550, 3 le même qu'en 1555.

Sur les 42 vers modifiés, 7/;/ if///, 50, l'a été spécialement en 1560.

i^S^sniprime 10 vers de 1578, et reproduit le même texte pour 57 sur 74 vers.

1587 diffère de 1578, en plus des 10 vers supprimés, pour 20 vers.

A noter les variations des vers 32 à 34, et aux vers 14, 52, le retour au texte primitif.

Blanchemain a-t-il reproduit 1560? Non, car son vers 7 ne se lit qu'en 1555 ; son vers 22 est le texte de 1584, 1587; son vers 23 ne se Ht nulle pari ; son vers 50 n'offre pas le texte spécial à 1560; ses vers 76, 77 ne se lisent qu'en 1550.

Bibliographie. -Odes, 1550, 41 ; i553, 3>j ; 1555, 34 ; 1560, 59 b ; 1567, 67; 1571, iSy?, i36: 1578, i2o;1587, 112; i5g2, i3o; 1604, 1617, 2^3; i63o, 283. OEuures. 1584, 3o5 ; 1609, l'ànS, 397. Blanchemain. 11, 134. Marty-Laveaux. II, i85.

Variantes. — 81-84. M. t. s. je changerai mon slile Pour les vertus de Henri raconter Lors cultivant un terroir si fertile Jusques au ciel le ft^uit pourra manier i55o, — 84. Au p. h. b. du poète S. i555. i56o. 15Ô7. iSyi .

lO l'OUK L KliIMON CKITKIIIK

Page 1