‹ Pour l'édition critique des Odes de RonsardChapitre 5 sur 27 · ODE III · texte numérisé non relu

ODE III

Vieil à nioy mon Luth, que j'accorde Une Ode pour la fredonner Dessus la mieux parlante corde 4 Que Phœhus t'ait voulu donner.

Afin de la pouvoir sonner Si doucement qu'elle contante, Et puisse le soin destourner 8 Qui mord une ro^-ale tante.

Donques ô Chimère inconstante, Tu as dessous les ombres mis Le Prince qui fut nostre attante, 12 Et l'efîroy de noz ennemis:

En vain donc il avoit promis De donter la grandeur du monde, Et de voir sous Charles soumis î6 Ce que Thetis serre en son onde.

Une large pluye féconde Vous Muses, puisez de voz yeux.

Lamentez la coulonne ronde 2o Où s'appuyoit tout vostre mieux:

Pour ta vertu dessus les cieux O fils d'un grand Roy, tu reposes.

Et ce bas monde vicieux 24 Du ciel tu régis et composes,

Et nouvelles lolx luy imposes NouN'eau citoven de là-haut

Variantes. — Titre. .1 la Roine... (/'Or/tv/n.s. i55o. — Titre. Consolation... d'Orléans, son neveu i38-(. 1587. — 5. A celle [.de le t<. i.'iSo. i355. i5Go. — 7. El son rliiinl puisse d. i55d. — 7. Et p. l'ennui d. iSTiO. — 8. L'ennui eonipaignon de la T. i55o. — II. L'assurance de n. a. i55o. — i3. En v. il nous a. p. i55o. — 14. De d. la rondeurdu m. 1584. 1587. — 17. U. pluye en larmes f. 1587. — 22. 0 /'. de Fi-ançois lu r. )55o. — 22, O ï. de R., tu te r. i555. i5bo.

Entre les immortelles choses,

28 Et près du bien qui point ne laut. Des royaumes plus ne te chaut Dont tu as tait icy la prcu\e :

Car rien de ce monde ne vaut

32 Un trait du Nectar qui t'abreuve.

Tu as laissé la terre veuve Du vrav honneur, au ciel montant, Où ta facile oreille appreuve

^6 Noz vœux qu'elle va escoutant.

Appaise ton cœur lamentant.

Essuyé ton œil, ma Princesse :

Pour-neant tu vas rci?rettant

40 Dequoy si tost ton neveu cesse,

Et a pris son heureuse adresse.

\'ers une autre habitation.

Changeant l'Avril de sa jeunesse

44 Avecque l'incorruption.

Aux Dieux sans intermission Son corps tu requiers par prière, Qu'il n'eust à la condition

48 De voir par deux fois la lumière.

Quand ton oraison coustumiere Sonneroit aussi doucement Que la harpe tirant première

52 Les bois en esbahissement :

Encore l'ame nullement N'animeroit sa froide image, Puis que la Parque durement

56 Luy a fait rendre son hommage.

De Pluton l'avare héritage Ton neveu n'ira jamais voir.

Que le Ciel pour son avantage

60 Trop soudain a voulu ravoir.

Et jaloux^ t'a tait recevoir

Variantes. — 44-47. .Au bien de l'i. A. d. pleine de passion Tu redemandes p. p. Son corps, dont la c. i58-i. \5Sj. — 48. Ne revoit d. f. la 1. 1584. — 48. Ne doit deux fois voir la 1. iS^y. — 61-64 n'existent pas en i55o.

12 POUK I, EDITION' CRI'IIQUK

(Pour s'enrichir de son enfimce) Un dueil, que le temps n'a pouvoir 64 D'arracher de ta souvenance.

OBSERVATIONS

Cette Ode a toujours occupé le même rang : Livre II, Ode m.

Les quatre derniers vers n'existent pas en 1550, mais, depuis 1555, l'Ode a toujours eu le même nombre de vers : 64, di\isés en 8 strophes de 8 vers.

Sur 64 vers, 50 sont restés sans changement depuis 1555, soit près de 80 0/0.

Sur les 14 vers modifié,->. aiinm ne Ta été spécialement en 1560.

1584 diffère de 1578 pour 6 vers.

i^Sj diffère de 1578 pour 7 vers, dont 5 communs avec 1584.

Blanchemain a-t-il reproduit 1560, qui n'est ici qu'une eopie de 1555 ? Non, car son texte du vers 14 et du vers 44 est celui de 1584 et 1587.

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