Empédocle. Proïagoras
Vacmè d'Empédoele, 01. 84^=444 (Diog. L., VIII, -4), correspond à l'époque de la fondation de Thurium, où Apollodore avait remarqué, d'après Glaucon (ibid, VIII, 62), que le philosophe était venu, alors que la ville venait à peine d'être établie. Le chronographe a d'ailleurs pris la même époque pour V acmé de Protagoras, qui donna des lois aux Thuriens {ibid, IX, 56), d'Hérodote qui fit partie de la colonie athénienne, de Mébssos (ibid., IX, 24) qui, vers le même temps, commanda les Samiens dans leur guerre contre Athènes, enfin probablement de Gorgias, regardé comme contemporain d'Empédoele (•»).
Pour ce dernier, la date choisie concordait assez bien avec celle de la victoire remportée 01. 71 = 496, c'est-à-dire 02 ans aupara-
(') 01. 75,1 = 480, année qui tut aussi celle de la naissance d'Euripide (Diog. I-, II, 45).
(-) Dans une noie posthume, Tannery précise : 482 au plus tard.
(^) Mais comme lui ayant d'ailleurs survécu de beaucoup, puisqu'il serait mort à 109 ans. c'est-à-dire, d'après ce calcul, en 475.
vaut, par le j»rand-prre d'Empédocle, et dont témoignaient Aristote et Eratoslliène. Vpollodore .ajoutait : « Quant à ceux qui prétendent qu'exilé de sa patrie, il se réfugia chez les Sjracusains et combattit a\ec eux contre les Vthéniens, ils me paraissent absolument ignorants. Car il était alors déjà mort, ou sa vieillesse se serait très prolongée, ce qui ne semble pas, puisque Arislote et Jïéraclide (du Pont) (<) disent qu'il ne vécut que soixante ans. »
Ainsi, d'après Vpollodore, Empédocle aurait vécu de 484 a 424 ; je crois, d'ailleurs, comme Zeller et contre l'opinion de Diels, qu<' l'expédition des Athéniens dont il est parlé dans ce passage est bien celle de 4 ' >•
lV)ur Prolagoras, en lui donnant 70 ans de vie et jo ans de profession de sophiste ( Diog. L., IX, 5()), Apollodore a seulement admis les chiflVes donnés j)ar Platon et suj)posé dès lors les limites 4H4-ii4; lien ne prouve, en efi'et, qu'il ait tenu compte de la légende d'après laquelle un des Quatre-Cents (4i i) aurait accusé [*rotagoras d'impiété et qu'il faille ici prendre comme limite la lin des olympiades et non leur comuienceuient.
Démochite.
Il me reste à ajouter quelques mots sur Démocrite. Nous avons vu comment \pollodore as ait assez arbitrairement déterminé son acmé, et dès lors sa naissance \ers Ol. 80 = /\(n>. Mais si Thrasjlle avait remonté cette dernière date jusqu'à Ol. 77, .> = 470, l'année d'a\anl h naissance de Socrate, il n'avait point une base plus assurée; il i)rèteu(lait seulement corriger le calcul d'Apollodore, d'après une opinion personnidle sur la date de la prise de Troie. De même Diodore, qui a pris pour cette date l'ère d'Ératosthène, quoique bien certainement Déuiocrite n'en fit point usage, et (jui est ainsi arrixé aux limites 4<)4 — ^'i-
Apollodore |)arait avoir rattaché à Y acmé de Oémocrite, plus ou moins approximali\ement, celles de divers auteurs dont il parlait (Diog. L., 1\. il), comme Archélaos, OEnopide (2), peut-être
(') C'est d'après une fausse leçon de ce passage qu'on fait attribuer par Aristote Go ans de vie à Heraclite.
{"■) Cependant Proclus, d'apiès Geminus, donne Œnopide comme seulement un peu plus jeune quWnaxagore, et une date plus rapprochée est très improbable.
nu' me celle d'Hippocratc de Cos, d'après la tradition, quoique le célèbre médecin doive a^oir été plus âgé.
Quant à la durée de la vie de Démocrite, il semble qu'Apollodore ait admis une centaine d'années ; mais la tradition ne paraît guère constante que sur un point, qu'il sérail mort extrêmement ^ieux, ce qu'on aura arbitrairement entendu entre 90 et 1 10 ans. 11 est d'ailleurs singulier que la plupart des chiffres très différents qu'on attribue à la durée de sa >ie. se retrouvent également donnés pour celle d'Ilippocrale.
14. V partir de Socrate, la chronologie des philosophes est mieux assurée; elle n'offre plus guère de divergences importantes ni de difficultés sérieuses, et c'estlà surtout qu'on peut reconnaître la richesse relative des informations d'Apollodore, qui asu en profiter pour constituer définitivement cette chronologie, du moins (jwant aux personnages les plus importants.
Pour la période dont nous nous sommes occupés, il est é\ident, au contraire, qu'à de très rares exceptions près, il n'avait aucun renseignement précis. On a \ u sur quelles bases arbitraires, avec quels éléments incertains il a, le premier, construit sa chronologie des philosophes; mais au moins, comme je l'ai dit, son œuvre est svstémalique et ses dates ne conduisent à aucune impossibilité historique.
On a AU de plus comment les corrections qu'on a prétendu y apport<'r [)ar la suite, et dont Sosicrate seml)le le premier auteur, ne sont en rien mieux justifiées que les hvpothèses d'Apollodore, comnuîut, au contraire, elles sont entachées de diverses erreurs.
Des chronographes postérieurs, on ne peut rien attendre; Sosicrate, auteur de Successions, représente encore un svstème, et il a essayé d'en bannir les contradictions; plus tard, nous ne trouvons plus que des recueils de dates empruntées sans critique à divers auteurs et à divers systèmes, mal liées entre elles, et souvent contradictoires. Elles n'offrent d'intérêt que pour le chronologiste qui peut essayer d'en discerner les différentes sources; elles sont inutiles pour Thistorien de la science, qui ne peut en espérer aucune lumière.
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