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connaître quelques-unes de leurs opinions. Le même rôle a |)u, au reste, être joué par beaucoup d'autres voyaoeurs de son temps; mais d l'ut sans doute l'observateur le plus sagace et le plus habile initiateur. Esprit d'ailleurs, semble-t-il, moins spéculatif que pratique (*), d n'a pas lait de lon<,^ues éludes auprès des sanctuaires de ri^]gypte; mais il a profité de toutes les occasions pour s'enquérir de ce qui lui semblait utile ou curieux, et il sut apprendre à ses compatriotes qu'on résolvait à Tétran-er des problèmes au(|uels ils n'avaient «;uére sonj^é jusque-là, qu'on y avait des croyances au moins aussi plausibles que les leurs. Ainsi, sans j)eut-étre rien inventer ou imaginer réellement par lui-même, donna-t-il le branle à l'inconsciente activité qui sommeillait, et mérita-t-11 par là ce renom que lui décernèrent ses contemporains et que la j)ostérilè la plus lointaine s'est plu à lui conserver.
2. Vers le milieu du vu" siècle av. J.-C, la reconnaissance du fondateur de la dynastie saïte ouvre l'Egypte aux Grecs et en particulier à ceux de l'Asie-Mlneure. Il y avait déjà huit siècles au moins que les marins de l'archipel connaissaient les côtes du Delta. Bien avant les chants homériques, la mémoire de leurs pirateries était inscrite sur les monuments de Ramsès II. Enhn, elles ont eu un terme heureux; la soif d'aventures, la curiosité de l'inconnu n'ont plus besoin des armes. Derrière le soldat de fortune, qui vient se louer comme mercenaire, les voyageurs affluent. Ceux-là s(uit des marchands : Thaïes vendra du sel, IMalon vendra de riniile. Contes de Plutarque, si l'on veut, mais c'est là le roman plus \rai que l'histoire ; en fait, nous ne pouvons constater un seul voyage entrepris dans un but exclusivement scientillque.
A côté des mercenaires et des commerçants arrivent de nombreux émigrants, ((ui fondent de véritables colonies. Des Milésiens >iennentavec trente na\iies et établissent un comptoir fortifié. Il y a bientôt dans le Delta une caste formée parles interprètes. L'invasion pacifique s'étend sur l'Egypte entière; il y a des Milésiens dans l'antique Alndos, des Samiens jusque dans la grande Oasis. A quelque degré de civilisation que fussent déjà parvenus les
(') « Savant homme, dont on raconte nomlne d'inventions commodes dans les arts et dans les adaires de pratique, comme on le fait aussi de Thaïes le Milésien et d'Anacharsis le Scythe. » (Platon, République, X, (ioo a.).
(irecs, ils n'étaient encore que des enfants vis-à-vis des Égyptiens, comme Solon se l'entendait dire ; leur curiosité avait donc beau jeu. Sans aller demander l'enseignement des prêtres, sans doute malveillants en général pour les étrangers et plus disposés à conter des fables qu'à faire part de leur savoir, il fut certainement bientôt facile à un Grec intelligent et séjournant suffisamment dans le pays, de faire une enquête sérieuse sur les connaissances pratiques et les oj)inions générales des Egyptiens. C'est au moins le rôle que l'on doit attribuer à Thaïes.
On a révoqué en doute jusqu'à son voyage en Egypte, parce qu'il n'est pas attesté par des documents suffisamment anciens. 11 semble pourtant qu'on aurait pu se contenter de ce fait que c'est à Thaïes que remonte, d'après Hérodote, la recherche de la cause des débordements périodiques du NU; ce problème, qui préoccupa successivement les Ioniens, a dû, dans l'origine, être soulevé par un témoin oculaire.
Revenu à Milet. Thaïes y consacra aux travaux de l'intelligence les loisirs de son âge mur et de sa vieillesse. L'historiette d'Aristote sur le monopole des pressoirs d'huile paraît indiquer que tout d'abord la nature de ses occupations, absolument étrangère aux habitudes de ses compatriotes, fut loin de lui attribuer leur considération. Mais, à la longue, les appréciations changèrent, car Hérodote nous le montre jouant un rôle politique notable, soit en lonie, soit même auprès du roi Crésus.
La circonstance qui attira surtout sur lui l'attention de ses compatriotes fut, sans aucun doute, non pas une heureuse spéculation sur la récolte des olives, mais la prédiction de l'éclipsé solaire totale du 3o septembre (iio, qu'il doit avoir faite encore assez jeune. On a \u, au chapitre précédent, comment on rattacha plus tard à la date qu'on croyait devoir attribuer à cette éclipse, la légende du vase à donner au plus sage, et qui lui revient à nouveau, après avoir passé par sept mains difTérentes.
La réalité de cette prédiction a été souvent révoquée en doute l)ar les modernes, tandis que toute l'antiquité semble s'accorder pour reconnaître dans son succès révénement qui, grâce à la renommée acquise par Thaïes, éveilla dans la race hellène l'amour tle la science et l'émulation vers ce noble but de la vie.
Les arguments des incrédules ont un incontestable fonde-
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ment ( ' ) ; pour essayer d'annoncer comme visible en un point donné de la terre une éclipse solaire avec quelque cliance de succès, il faut posséder certains éléments astronomiques qui n'ont été connus et encore très approximati\ement qu'au m' siècle (Aristarque de Samos) (2) et mis en u'uvre dans ce but qu'au ii"(Hipparque). La prédiction faite par Tlialès ne serait donc qu'une légende; l'origine en serait ([ue le sage Milésien aurait connu l'explication des écbpses et qu'il aurait peut-être tout au plus, d'après cette connaissance, annoncé la nécessité du retour do ce phénomène.
Si ingénieuse que soit cette explication, si séduisants que soient les motifs invoqués à l'appui par Tb.-H. Martin, elle ne peut nous satisfaire. Tout d'abord, les textes anciens (Hérodote, I, 7I; Eudème dans Clément d'Alex., Scrom., 1, 14) parlent uniquement d'une |)rédiction, non d'une explication. Le récit, d'après Diogène Laërce, remonte jusqu'à Xénophane, presque contemporain de Tlialès; comme preuve historique, il est diflicile de demander plus, pour cette époque.
A la vérité, il est possible, probable même, que Thaïes a donné une explication du phénomène; mais il n'a certainement pas connu la véritable. Autrement, il serait inexplicable que, pendant un siècle après lui, tous les Ioniens aient épuisé leur imagination pour les solutions fantaisistes que nous aurons à rappeler. C'est Anaxagore de Clazomène qui, le premier, enseignera la doctrinr scientifique, qui ne verra dans la lune qu'un corps obscur par luimême, reflétant la lumière du soleil, qui permettra ainsi d'expliquer, du même coup, les phases, les éclipses de lune et celles du soleil : c'est lui qui. le premier, rendra dans les fers témoigna pour la vérité.
Et encore Anaxagore lui-même n'était nullement en mesure d'analyser suffisamment les conditions des phénomènes; ainsi pour expliquer comment les éclipses de soleil sont, en un mêm( lieu, plus rares que celles delà lune, iladmettait que ces dernière-
(') Voir notamment l'étude de Tli.-JI. Martin, /ienœ archéologique 1K64 0! les chapitres de son Histoire de rastrononiie publiés depuis <lans les Mémoire de VInstitut.
(-) Il y aurait quelques réserves k faire sur ce point; Eudoxe de Cnide avai' deja <tù arriver à des résultats comparables 9 ceux d'Aristarque pour la distan.v de la une à la terre; mais la valeur générale <le l'argument n'en serait point ébranlée.
pouvaient être produites par l'interposition, entre le soleil et la lune, d'autres astres obscurs (*). La théorie des éclipses ne commença à être vraiment débrouillée que deux siècles après Thaïes, au temps d'Euxode de Cnide. Tant furent lents et pénibles les premiers progrès positifs dans la nouvelle voie suivie parles Grecs! Pour en revenir à Thaïes, la question est beaucoup moins de savoir s'il a pu prédire une éclipse avec quelques chances de succès, que si, l'ayant annoncée, fût-ce comme nos almanachs populaires prédisent le temps, il a vu l'événement s'accomplir suivant sa parole.
Or, on sait, à n'en pas douter, que les astrologues orientaux, dès le viii" siècle av. .l.-C, j)révojaient les éclipses de soleil et les annonçaient comme devant arriver; voici notamment à ce sujet un curieux texte cunéiforme déchiffré par M. Smith (2) :
« Au roi mon seigneur, son serviteur Abil-lstar. Que la paix protège mon seigneur; que Nébo et Mérodak lui soient favorables; que les dieux lui accordent longue vie, santé et joie! En ce qui regarde l'éclipsé de lune, pour laquelle le roi mon seigneur a envoyé dans les villes d'Akkad, de Borsippa et de Nipour, j'ai fait l'observation dans la ville d'Akkad; l'éclipsé a eu lieu et je l'annonce à mon seigneur. Pour l'éclipsé de soleil, j'ai fait aussi l'observation; V éclipse na pas eu lieu, et fen rends de même compte à mon seigneur. L'éclipsé de lune, qui se vérifie, regarde les Hittites et signifie destruction pour la Phénicie et les Clialdéens. Notre seigneur aura paix et, pour lui, l'observation n'indique aucune disgrâce. Que la gloire accompagne le roi mon >eigneur! »
Ces habiles gens tiraient, comme on voit, hardiment parti de leur ignorance aussi bien que de leur savoir. Pour eux, l'important était moins de faire des prédictions exactes que de ne pas
Vj Voir ScHiAPARELLi, / precursorl di Copernico nelV antichità, Ilœpli, Milan, 1^-3, page (3. — C'est dans une hypotbèse de ce genre que se trouve l'origine 'le 1 invention de V anticktlwne dans le système de Philolaos. Au reste, la première conception d'astres obscurs parait remonter à Anaximène. {■) Voir SCHIAPARELLI, Lc sfere omocentriche di Eudosso, di Callippo e di Instotele, Ilœpli, Milan, p. 12.
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laisser passer une éclipse sans l'avoir annoncée (*). Quant à la cause réelle des éclipses, ils lionoraient très prohahlcmenl, quoi que leurs successeurs aienl pu, dans la suite, faire croire aux Grecs devenus leurs maîtres.
3. Comment a-l-on pu arriver à [)ré(iirc les éclipses sans en connaître la cause? Ce point mérite sans doute explication.
L'observation a[)pr('n(l d'abord qu'une éclipse de lune arrive toujours (juand cet astre est dans son [)l('in. qu'une éclipse solaire arrive au contraire vers la nouvelle lune; enlin que, dans la presque totalité des cas, l'éclipsé solaire est précédée ou suivie d'une éclipse lunaire, exactement à une demi-lunaison de distance, si du moins, au moment correspondant, la lune est au-dessus de 1 horizon. Les deux phénomènes apparaissent donc comme liés entre eux et l'on aperçoit déjà qu'il suClil que l'un d'eux puisseêtre prévu pour (jue l'autre le soit éj;alemenl, au moins en tant ([ue possible. Pour ces constalalious, il sullisinl, au reste, de donnera la lunaison la valeur approximative de vin«^t-neuf jours et demi, c'est-à-dire d'avoir établi le calendrier lunaire.
Si maintenant on nq)porte aux éloih;s voisines la position de la lune au nu)ment de l'une de ses éclij)ses, on peut reconnaître que le phénomène n'a jauiais lieu que dans une bande circulaire très étroite (d'un demi-degré). Une fois cette bande délimitée, on constate, d'autre part, (pie l'éclipsea toujours lieu, lorsque la lune traverse au moment précis de la pleine lune.
La ré{^ularité périodique des mouvements astronomiques étant supposée admise, il sid'lil, dés lors, |)Our pouvoir prédire les échpses de lune, d'observer au bout de combien de lenq)s le phénomène se reproduit exactement au même point du ciel; il est clair qu'on aura ainsi obtenu une période aux mêmes dates de laquelle reviendront réj;ulièrement les éclipses a\ec la même «;randeur et ht même durée.
C'est sans doute j)ar une marche analogue que les Ghaldéens sont arrivés à connaître la période de 22.H lunaisons dont l'exac-
(') En Cliiiu'. l'an aiSr» avant notrr tip, les jistio]o<,'ues Hi et Ho auraient vU mis ;\ mort, conformément aux lois, à la snilr d'uni- iVlipsc do Soleil non prédit r.
titude est très satisfaisante et qui peut servir pour les éclipses de soleil aussi bien que pour celles de lune ( ' ).
J'ai supposé toutefois des observations faites sans aucun matériel; avec des moyens très simples, il était facile d'aller un peu plus loin, mais ces movens étaient à peine nécessaires pour idenlifier avec la route du soleil cette zone des éclipses dont nous avons parlé. Il suffisait en effet de constater qu'au moment des éclipses de soleil, cet astre s'y trouve également et que, d'autres part, tandis que la lune change continuellement sa route de chaque mois dans le ciel, le soleil parcourt annuellement toujours les mêmes signes.
En somme, les éclipses de soleil et de lune ont lieu lors de la rencontre de l'un de ces astres, à la nouvelle lune pour le premier, à la pleine lune pour le second, avec l'un ou l'autre de deux poinl> idéaux de la sphère céleste (les nœuds de l'orbite lunaire) diamétralement opposés entre eux et animés d'un mouvement déterminé sur l'écliptique. Dans l'astronomie hindoue, qui dérive de l'astiologie gréco-orientale, les éclipses sont causées par un dragon céleste, auquel on attribue le mou\ement correspondant. Le langage technique de l'astronomie moderne, en désignant comme tête et queue du dragon les nœuds ascendant et descendant de l'orbite lunaire, a longtemps eonservé des traces de cette antique crovance, qui fut probablement l'explication primitiNC du phénomène. Elle «•st encore de nos jours rappelée par les symboles figurés de ces nœuds, empruntés aux manuscrits grecs. Si jusqu'à présent elle u'a pas été retrouvée dans la mythologie chaldéenne, on peut faire lin rappiochement avec le serpent Apap des Égyptiens, qui lutt(^ éternellement contre les dieux célestes.
Gomme au reste c'est avec les Égyptiens que la légende met Thaïes en rapport, il faut se demander s'ils connaissaient également la période de Vexéli^me, On n'en a pas de preuves directes; toutefois, si l'on en croit Diodore de Sicile, les prêtres de Thèbes prédisaient les éclipses tout aussi bien que les Ghaldéens; or, il leur fallait posséder pour cela, soit la période, soit, comme semble
(') D'après le témoif^nage de Suidas, on donne à cette période le nom de snros chaldéen, quoique le mot sare ait un sens tout différent pour les assvnologues; il vaudrait mieux, avec T.eminus, la tripler et l'appeler alors exéligme.
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l'indiquer Adraste dans Tliéon de Smjrne (Astron., 3o), des procédés orapl.iques. Mais, dans cette dernière hypothèse, on serait conduit à admettre pour leurs observations une exactitude improbable et l'emploi d'instruments dont rinxenlion paraît bien due aux Grecs; d'autre part, il n'est guère douteux que la période des 223 lunaisons ne fût connue d'Eudoxe, et il semble bien l'avoir rapportée d'Egypte.
11 est d'ailleurs parfaitement possible que, dés avant Thaïes, les prêtres de ce dernier pays aient emprunté aux Chaldéens les notions nécessaires pour la prédiction des éclipses. L'astrologie orientale a pu n'avoir qu'un seul berceau ; mais, dès sa naissance, elle eut droit de cité dans le monde entier; quand, après les con- ((uétes d'Alexandre, on la voit s'assimiler les travaux du génie hellène et propager ses erreurs plus rapidement que ne progressèrent les vérités astronomiques, on peut croire qu'au commencement du vii^ siècle as. .I.-C, vers l'époque où les légendes classiques placent le roi-astronome Nécepsos, elle trouva un champ fécond dans la vallée du Nil et pénétra jusque dans Thébes, à la suite des légions victorieuses d'Assour-Akhé-Idin ou d'Assour- Ban-llabal.
Nous avons donc le droit de supposer connue en Egypte cette période chaldéenne que nous regardons comme le seul moyen pratique pouvant être, à cette époque, employé pour la prédiction des éclipses; mais admettrons-nous qu'elle fut également connue de Thaïes?
Le lait est très improbable; il devait y avoir là un secret que les adeptes des doctrines astrologiques ne communiquaient guère aux profanes, et rien n'indique que Thaïes ait été initié à ces doctrines. D'un autre côté, la connaissance de la période chaldéenne permet, comme nous l'avons vu, d'annoncer avec assurance les éclipses de lune et non celles de soleil; les témoignages qui portent un caractère historique devraient donc attribuer à Thaïes la j)rédiction des premières et non pas seulement celle d'une des secondes. Enfin il ne paraît nullement avoir transmis le secret de sa méthode.
Reste donc à supposer qu'un astrologue rencontré par Thaïes dans ses voyages lui ait, par exemple, prédit un certain nombre d'éclipses avec une précision plus ou moins grande, et que le
Milésien, après a\ oir partiellement vérifié l'exactitude de ces prédictions, se soit hasardé à en prendre une à son compte. Cette hypothèse me semble parfaitement admissible et elle permet d'accorder au récit d'Hérodote un degré de vraisemblance suffisant. D'après ce récit. Thaïes aurait simplement fixé l'année de léclipse; s'il y en avait plusieurs de possibles cette année-là, il ne s'était guère aventuré. La grande chance, c'est que l'éclipsé ait été totale.
i. Nous clorons ici cette discussion pour aborder désormais l'examen des connaissances mathématiques que Thaïes put emprunter aux Egyptiens.
Pour l'arithmétique, nous n'avons qu'un seul témoignage. Limblicpie (Sur Nicomaque, lo) lui attribue d'avoir défini le nombre un système d'unités (formule qui est restée classique dans l'antiquité) et Tunité numérique, comme s'appliquant aux objets particuliers. S'il ajoute que ces définitions étaient empruntées aux Egyptiens, il y a peut-être là un indice qu'il reproduit un passage d'Eudème, car cette dernière donnée est conforme à l'opinion cl'Aristote sur l'origine des sciences abstraites; elle est au contraire en désaccord avec la tradition qui fait venir l'arithmétique des Phéniciens.
Cette dernière tradition a sa part, bien faible, de vérité, eu égard
iiux (Jrecs, en ce sens qu'ils ont dû recevoir, avec leur alphabet,
le système primitif de numération écrite, fondé sur le principe
additif et analogue à celui des Romains, tel qu'on le retrouve en
un mot, du moins avec quelques modifications d'ordre secondaire,
dans toutes les inscriptions grecques antérieures au iii*^ siècle. Ce
système, le seul que connussent les Grecs au temps de Thaïes, se
retrouve comme principe, avec des variations sans importance,
chez les Phéniciens, dans les inscriptions cunéiformes et dans les
'«iéroglyphes. 11 avait déjà été abandonné par les Égyptiens dans
leurs écritures hiératique et démotique. Les Grecs ne leur ont
jamais rien emprunté sous ce rapport; leur système classique de
numération alphabétique est leur propriété pleine et entière; il ne
semble pas, au reste, antérieur au début de la période alexandrine,
où il aura été forgé par quelque grammairien.
Mais ce point mis à part, il est permis de constater aujourd'hui que les Grecs ont été, en arithmétique, à l'école des Égyptiens;
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