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c^M^r 7i/i admettent un seul principe mobile, et quAristote appelle proprement physiciens, les uns le considèrent comme limité: ainsi Thaïes lilsd'Examyas, de Milot, et nippon (qui paraît, d'autre part, avoir été athée), t)nt dit que l'eau était le principe. Les ap]>arone..s sensibles les con<luisaicnt à cette conclusion : car, et ce qui est chaud a besoin d'humidité pour vivre, et ce qui est mort se dessèche, et tous les germes sont humides, et tout aliment est plein de suc; or, il est naturel que chaciuc chose se nourrisse de ce dont elle provient; mais l'eau est le principe de la nature humi.le et ce qui entretient toutes choses; donc ils ont conclu «jue l'eau était le principe de tout et déclaré que la Terre repose sur l'eau. Tlialès était le premier (,ue l'on rapporte avoir publié chez les Grecs ses connaissances sur la nature; quoiqu'il ait eu de nombreux précurseurs {du moins à ce qu'en pense Théop/iraste), il les a tous assez dépassés pour les faire oublier; on dit cependant qu'il n'a pas laissé d'écrit, sauf celui intitulé « Astrologie Nautique >,. {(/. Aristote, Metaph., I, 3, De cœlo, II, I ),)
'2. Pmi.osoPHUMKNA, I, I (Dox. 555). — Thaïes de Milet. l'un des sept sages, est r,'gardé comme le premier <,ui ait abordé la philosophie naturelle. D'après lui, l'eau est le principe et la fm .h- tout; car en se figeant ou au contraire en se vaporisant, elle constitue toutes choses. L'univers est supporté par l'eau; d'où les tremblements de terre, les tourbillons des vents et les mouvements des astres. Toutes les choses sont comme emportées et en écoulement, conformément à la nature du premier principe de leur génération. Ltre dieu, c'est n'avoir ni conimenrement ni fin. — Ce fui lui qui, s'occupant le premier <le l'étude ,les astres, fut chez les Grecs lautcur de cette science; on sait que, reganlaut 1.. Ciel et disant qu'il connaissait très bien les choses d'en haut, il tomba dans un puits et qu'alors une servante thrace se moqua de lui : « Il prétend savoir ce qui est au Ciel et ne sait pas ce qui est a ces pieds. » Il vivait au temps de Crésus.
3. Ps-Plutarque {Stromata, T, Dox. 5-jij). — Le premier de tous. Thaïes dit que l'eau subsiste comme principe de toutes choses; car tout en provient et y retourne.
i. ÉPIPHANE {Adi^ers. hœres., III, i, Dox. 589). — Thaïes de Milet, un des sept sages, déclara que l'eau était le principe générateur de toutes choses; car tout, dit-il, provient de l'eau et se résout en eau.
îi. Hermias {Irris, Gentil, philos., 10, Dox. 653). — D'autre part. Thaïes me fait signe qu'il possède la vérité, lorsqu'il détermine l'eau cqmme principe de tout, car tout est formé par l'humide et tout s'y résout et la Terre est portée sur l'eau. Pourquoi ne croirais-je pas Thaïes, le plus ancien des Ioniens ?
6. AÉTius, I. 2 (Dox. c^75). Thaïes de Milet regarde comme une même chose le principe et les éléments. Il y a une très grande différence, car les cléments sont composés, et nous disons que les principes ne sont ni composés,
ni résultats; ainsi nous appelons éléments la terre, l'eau, l'air, le feu, mais
un principe ne doit rien avoir d'antérieur qui lui donne naissance! sans
quoi ce ne serait pas lui qui serait principe, mais bien ce dont il naît. Or,
la terre et l'eau ont des antérieurs (pii leur donnent naissance, à savoir ij
matière sans forme et sans spécification, la forme, que nous appelons aussi
entéhchie, et la privation. Ainsi Thaïes se trompe en disant que l'eau est
principe et élément (i). — 3. (Dox. ^^:(^-y) Thaïes de Milet déclara que l'eau
est le principe de toutes choses, car tout, dit-il, vient de l'eau et se résout
en eau. Son opinion s'appuie sur ce <(ue : lO Li semence, qui est le principe pour
tout animal, étant humide, il est vraisemblable que tout tire son origine
de rinimide; 90 toutes les plantes se nourrissent et portent des fruits grâce
à l'humidité; si elles en sont privé.'s, elles dépérissent; 30 le feu même du
Soleil el des astres, enfin le monde entier est entretenu par les exhalaisons
des eaux. C'est aussi pourquoi îlomèie émet la même opinion sur l'eau :
« L'Océan qui pour tout se Irouve l'orio-ine. »
7. Probus (sur Virgile), p. 91 (Dox. 91). — On pense que cette opinion do Thaïes provient d'Hésiode, qui. dit :
« Le chaos fut avant toutes choses; ensuite.... »
Car Zenon de Cittion dérive chaos de ysscrOat (couler) et l'interprète dan« le sens d'eau. Mais nous pouvons aussi attribuer la même opinion à Homère, qui dit :
« L'Océan et Téthys, père et mère des dieux. »
8. CicÉRox [De deor. naL, 1, 10, Vors. 12, 28-3o). ^ Thaïes de Milet, qui le premier, a agité ces questions, dit que l'eau est l'origine des choses et que le dieu, c'est l'intelligence qui a tout fait avec l'eau. Mais peut-il y avoir des dieux sans sentiment ou pourquoi a-t-il ajouté l'intelligence à l'eau, s'il peut y avoir une intelligence séparé<' de tout corps ?
9. Saint Augustin {De civ. Dei, VIII, 9, Dox. 173). — Le premier de 1 école ionienne fut Thaïes de Milet, un des sept sages; mais tandis que les SIX autres se faisaient remarquer par leur genre de vie et par certains préceptes concernant la conduite morale, ce Thaïes, pour laisser des successeurs, étudia les secrets de la nature et écrivit ses recherches; il est surfout remarquable pour avoir su pénétrer les mystères des nombres de la science des astres et prédire ainsi les éclipses de Soleil et de Lune. Cependant il a cru que l'eau était le principe des choses, que c'est de là que provenaient les éléments du monde, le monde lui-même et tout ce qui y naît, et il n'a préposé aucune intelligence divine à cet œuvre si admirable du monde.
(^) Toute cette critique est \u\ lieu commun de l'école d'Aristote.
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10. AÉTius, I. — 7 (Vors. i:;, •?(i-.>,8). Tlialès : L'intcUitrcnoc du motidc est le dieu; car tout est à la fois animé et plein de daimoiies ; l'humide élcmcnlaire est pénétré par la puissance <livine qui le met en mouvement. — 8 (Dox. I>i6). Thaïes, Pythagore Platon, les stoïciens : Il existe d<'S daituones, essences psychicjues, et aussi des héros, âmes séparées du corps; ils sont bcms ou méchants, suivant que les âmes sont bonnes ou méchantes.
11. AÉTIUS, I. — q (Dox, 3o7). L'école de Thaïes, de Pythagore, m allant par Heraclite jusqu'aux stoïciens : La matière est sujette aux modilications, aux changements, aux transformations «'t à l'écoulement. — iv>. (Dox. 3lo). Thaïes et ses successeurs ont déclaré qu»' la cause première était immobile. — i6 (Dox. 3i4). L'école de Thaïes et de Pythagore : Les corps peuvent soulTrir la division à l'infmi, comme aussi tous les continus, lignes, surfaces, volumes, corps, lieux, temps. — 17 (Vors. 10, ■j.tî). Thaïes et son école : Les combinaisons se font par mélange des éléments avrc changement de ceux-ci. — i8 (Dox. 3i 3). Tous les physiciens, à partir de Thaïes, ont nié le vide en tant (juc réellement vide. — • 25 (Vors. 4, 3'i). Thaïes : Ce qu'il y a de plus fort, c'est la nécessité, car elle domine l'univers (^).
I':^. Aétius, il — I (Vors. 10, -JtX]. Thaïes : Le monde est un. — ri (Vors. 10, •29-34). Thaïes, Pythagore et son école : La sphère du ciel entier est divisée* par cinq cerch'S [que l'on ap|»ellr zones] ce sont l'arctique et toujours visible, le tropique d'été, l'équateur, le tropiqiie d'hiver, l'antarctique et invisible. Le zodia([Me est oblique sur les trois cercles du milieu et les touche tous trois. Le méridien coupe les cinq à aiigh; droit, allant du Nord à l'opposé. — i3. Thaïes : I^es astres sont d'une nature terreuse, mais enflammés. — - 9io. Le Soleil est de nature terreuse. — 24. Thaïes a, le premier, dit qu'il s'éclipse lorsque la Lime, qui est de nature terreuse, vient en droite ligne au-dessous de lui; alors l'image en apparaît sur h^ disque comme sur un miroir (Vors. 1 1, 20-24). — 25. Il a déclaré que la Lune est de nature terreuse. — 28. 11 a dit, le premier, qu'elle était illuminée j)ar le Soleil. — 28. Thaïes, Anaxagore, Platon, Aristote, les stoïciens, d'accord avec les mathématiciens : La Lune paraît s'obscurcir tous les mois lorsqu'elle se rapproche du Soleil, parce que celui-ci ne s'éclaire que d'un côté, quand elle s'éclipse, c'est qu'elle tombe dans l'ombre de la Terre qui se trouve alors entre les deux astres; le Soleil au contraire est éclipsé par l'interposition <le la Lune (Dox. 357-36o).
contre l'Egypte soulèvent la massi- du Nil, en gonflant la mer et en la chassant devant les embouchures qui sont ainsi obstruées. — 2 (Nacht. xix.). Thaïes a déclaré le premier que râm(^ est une nature toujours en mouvement ou se mouvant d'elle-même.
15. AÉTIUS, V 2G (Dox. 438). — Platon, Thaïes : Les plantes ont des âmes comme les animaux, cela se voit à leurs balancements, à la raideur de leurs branches, à ce fait qu'elles cèdent à la traction pour se redresser ensuite vivement, et peuvent même ainsi entraîner des poids.
16. Varko.n {De re nistic, II, i, 3, Dox. 188). — S'il y a eu un commencement pour la génération des animaux, comme l'ont pensé Thaïes de Miiet el Zenon de Cittion.
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13. Aétius, III (Dox. 376-3-9). — 8. Thaïes et son école : La Terre est unique. — 10. Thaïes, son école et les stoïciens : La Terre est sphérique. — 11. L'école de Thaïes : La Terre est au «entre du monde. Thaïes et Démocritc attribuent à l'eau la cause des tremblements de terre.
14. Aétius, IV (Dox. 384). — 1. Thaïes pense (juc les vents étésiens soufflant
(^) Ceci est une sentence dans le genre de celles attribuées aux Sept Sages.
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CHAPITUK IV.
ANAXIMAxNDKK DK MILET.
Le Savant.
nullement pensé, mais que les doxographes n'en ont pas moins mis à son compte.
En tout cas, l'ouvrage d'Anaximandre, serait, non pas l'aventureux essai d'un jeune homme, mais le couronnement d'une carrière sur laquelle nous ne savons que très peu de chose. Élien (m® siècle de notre ère) nous raconte seulement qu'il conduisit une colonie à Apollonie de Thrace, et Favorinus (ii® siècle) qu'il établit un gnomon à Lacédémone. La première donnée n'est nullement garantie contre la possibilité d'une confusion sur un nom qui se perpétua à Milet et pouvait y être déjà ancien; la seconde est contredite par un écrivain antérieur, Pline, qui attribue formellement à Anaximène la construction du gnomon de Lacédémone.
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1. Sauf Arist(>te, tous les autres auteurs qui nous citent Anaximandre ne connaissent sans doute que de seconde main des fragments de l'écrit qu'il avait composé « sur la nature ». Cependant il se trouvait encore entre les mains du chronographe Ajiollodore d'Athènes, et, comme on l'a vu, ce dernier y lisait probablement que Tau leur en avait 6/\ ans, et il pouvait, par quelque autre renseignement, fixer la date à 01. 58,2 = 547 avant notre ère. A ce moment, Thaïes, (pioicpie d'une génération antérieure, n'était guère mort que depuis une dizaine d'années, llien ne fut donc plus naturel que de supposer entre les deux concitoyens, qui se connurent sans nul doute, les relations de maître à disciple; mais cette invention des âges postérieurs en transportait les mœurs dans un siècle auquel elles étaient étrangères. Si les Ioniens reflètent naturellement les connaissances scientifiques de leur époque, si l'on est, dès lors, autorisé à attribuer à chacun d'eux celles que possédait déjà son précurseur, ils n'en apparaissent ])as moins, en tant que penseurs, comme indépendants et isolés, et s'ils ont eu des disciples ce ne fut que par leurs écrits, après leur mort, sur le sol de la Grèce et au temps des so|)histes. Alors, par exemple, Hippon [IJ reprendra l'idée de Thaïes sur le rôle primordial de l'eau, et, en présence des autres doctrines surgies depuis, il essaiera de la défendre par des arguments auxquels le Milésien n'avait
[1. Voir Mémoires scientifiques, I, 173; II, 248, VII, 47-49i 61, 102, 117, 125, 128, i55-i56, 166, 187-194, 262, 309-314.]
2. Il n'est pas inutile d'entrer à ce propos dans quelques détails sur la gnomonique ancienne. L'instrument qui a donné son nom à cette branche de la science était tout simplement une tige verticale dressée sur un plan horizontal. L'observation de l'ombre minima de cette tige sur ce plan permettait de déterminer les points cardinaux, le midi vrai, et l'époque des solstices, dont celui d'été servait, chez les Grecs, à déterminer le commencement de l'année. Avec des connaissances géométriques élémentaires, le gnomon suffit également pour déterminer les équinoxes, l'obliquité de l'écliptique et la hauteur du pôle pour l'endroit où il est élevé; il servit donc plus tard à prouver la sphéricité de la Terre.
Cet instrument était certainement connu des Grecs d'Ionie, dès avant Anaximandre. Sans parler de Thaïes, une tradition assez constante attribue à Phérécyde de Syros la construction du gnomon de Délos. D'autre part, Hérodote déclare formellement que le gnomon, le polos et la division du jour en douze parties ont été empruntés par les Grecs aux Babyloniens.
Le polos, essentiellement différent du gnomon, était une horloge solaire. Mais ce cadran primitif ne ressemblait en rien aux nôtres. C'était une demi-sphère concave ayant pour centre l'extrémité d'un style; chaque jour, l'ombre de cette extrémité décrivait un arc de cercle parallèle à l'équateur, et il était facile de diviser ces parallèles, supposés complétés, en douze ou vingt-quatre parties égales. La construction de pareils cadrans peut présenter quelques difficultés pratiques; mais elle ne suppose, pas plus que
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leur invention, aiuune théorie ma thématique; il sulHsait, pour les imacriner, d'avoir une idée nette du Tnnnvemont diurne apparent
du Snh^il.
Ou possède de ces cadrans sphériijues (^), ffui furent les seuls connus pendant lonotenips, car le premier cadran plan ne fut inventé ({ue par Aristarque de Samos (ni« siècle av. J.-C). Mais ils olTrent, comme au reste toutes les horlonres solaires des anciens, une i)articularilé (pii los distingue des nôtres, et qui est, semhlet-il, une modification ap])ortée par les Grecs à Tinstrumcnt babylonien. Ce n'est point le parallèle entier, mais l'arc diurne i)arcouru par l'ombre cpii se trcuive divisé en parties égales. Les heures ont donc une durée essentiell<>ment variable: chacune d'elles est la douzième, partie (hi Iciups ([iie le Soleil passe chaque jouiau-dessus de l'horizon, et non pas la vingt-quatrième partie de l'iutervalle entre deux passages successifs au méridien; dans l'Astronomie ancienne, ces heures variables sont connues sous le nom de saisonnières (xr-p'/zr!), par opposition aux heures fixes, dites
cquinoTiales.
La (naduation de send)lablcs appareils ne pouvait, à Torigine. être ciirein]>iiii|iie, et elle réolanmit les observations d une année entière. Kst-ce sous eette forme, ou sous la forme babylonienne, plus simple, mais moins appropriée aux mœurs <rree((iies, qu'il faut nous re])résenter les horlo<i;es que eonnaissait .\naxiniandri' et ilonl il s'occupa, suivant la tradition constante ? Nous n'en savons rien, quoique la première hy|.othèse semble la plus l>Luisible à première vue, tandis que la véritable division babylonienne, eu douze beures seulement pour rensemble du jour et de la nuit, afiparaît au contraire <omine encore suivie jiar Eudoxe de C.nide. lui tout cas, ces cadrans sphcriques, se prêtant mal à l'usage jinblic (car on ne jtouvait les consulter que de très près), ne luttèrent qu'avec désavantage contre l'enqdoi de la clepsydre, pour les petites durées, ou contre l'usage approximatif d'évaluei' le moment de la journée, d'après la longueur en pieds de l'ombre du corps humain. Quel qu'ait pu être d'ailleurs le travail d'Vnaxlmandre. ou i)lus tard celui de Démocrite. autour d'une Polographie, ils durent disparaître devant les perfectioanements apportés
(») Il on existe uolaiiunent deux au Musée du Loxivrc.
;, U, eonstruction .les cadrans à partir de l'essor des connaissances Hiiilhématiques, au iv^ siècle av. ,I.-C.
3 On peut admettre au nmins qu'à ce propos, Anaxi.nandre s-.icc..pa de la construction pratique d'une sphère, ce qui s'accorderait avec une autre forme de la tradition (Dioc. L., 11, -> : Sud. s, Mais chercha-t-il à re,.résenter la voûte etoilee, ce ;„.e Cicéron attribue déjà à Thaïes ? Il n'y a à cela aucune invraisemblance, car c'est bien vers cette é,u,que que les Hellènes commencent à s'occuper des choses célestes et à grouper, plus ou moins méthodiquement, les astres en constellations, .\naximandre, .nii a le pr-miier dressé une mappemonde terrestre, a naturellelent pu chercher à lui donner un pendant pour le ce . Mais ces nremiers essais furent nécessairement très grossiers, les instru- ,„cMls propres à mesurer les distances angulaires des étoiles n'existant pas encore. Dans ces essais, les Hellènes imitaient ,1'ailleurs encore les Babyloniens, et la construction de la sphère céleste se trouvait intimement liée à celle du polos, eu égard au but pratique de déterminer l'heure pendant la nuit, et d éviter ainsi l'en.ploi des horloges à eau, d'une exactitude insuflisante „o„r les observations astronomiques. 11 est certain que les Chaldéens avaient résolu ce problème et il semble qu'on puisse restituer comme suit leur solution très simple.
Imacrinons une s,.hère céleste, c.mcentrique et intérieure a l'hémirphère creux du polos. Supposons que le zodiaque so.t divisé en 36o degrés, suivant l'usage babylonien, et que Ion sache, pour le jour où l'on est, le degré occupé par le Soleil; que l'on observe, au moment pour lequel on veut savoir l'heure, les étoiles du zodiaque à l'horizon du levant, du couchant ou au méridien: on pourra amener dans la même position l'étoile figurée sur la sphère de l'instrument; dès lors le degré où se trouve le Soleil se trouve jouer précisément le même rôle que l'ombre de 1 extrémité du style pendant le jour, et sa position, par rapport aux li<rncs horaires tracées sur le polos, donne l'heure cherchée.
Pour qu'un pareil procédé soit applicable, il faut évidemment que la sphère céleste soit constituée par un réseau solide au travers duquel l'œil puisse voir la position du degré occupe par le Soleil. Un pareil réseau fut appelé araignée par les Grecs, et il
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donna son nom au cadran sj)hérique d'Eudoxe; plus tard, aprè> liipparque, la sphère mobile et l'hémisphère fixe furent rem|)]acés par des pièces planes qui en présentaient la projection stéréograj)liiqiie. On eut ainsi l'astrolabe planisphère, servant toujours an même but, la détermination de l'heure pendant la nuit; mais le nom d ann^^nce restîj tou jouis à la [>ièce mobile et il passa des Grecs aux Arabes.
Il s'agit maintenant d'indiquer comment on pouvait, au temps d'Anaximandre, et sans autres instruments d'observation, déterminer la marche du Soleil sur le zodiaque, et disposer les étoiles fixes sur la sphère. Si l'fui se reporte à la digression astronomique (\\H\ nous avons déjà faite à propos de l'éclipsé de Thaïes (Chai). III, 3), on aura ainsi un tableau assez complet des humbles commencements de l'astronomie hellène, alors qu'elle repassait par les mêmes étapes que la science chaldéenne.
On a vu comment celle-ci avait été amenée à se préoccuper tout d'abord de l'écliptique et dès lors de la zone qui l'entoure, d'ailleurs remarquable en ce qu'elle est le lieu où s'effectuent les mouvements des planètes. Il s'ensuivit que ce fut au cercle moyen de cette zone du zodiaque que les Babyloniens rapportèrent les phénomènes célestes et les positions des étoiles, au lieu de les rap- ])orter à l'équateur comme il nous paraît naturel de le faire. Cette circonstance a eu une importance historique considérable, parce (fue le système des coordonnées en longitude et latitude célestes qui en dépend, permit à Hipparque de reconnaître la loi fondamentale de la précession des équinoxes, qu'il n'aurait certainement pas pu débrouiller, s'il ne s'était trouvé en présence que d'observations par ascensions droites et déclinaisons.
Les étoiles situées dans la bande des éclipses étant reconnues par une longue observation, il s'agissait de les figurer sur une sphère à leurs distances réciproques ou en d'autres termes de déterminer leurs longitudes, sans instruments propres à mesurer la distance angulaire (i). La clepsydre pouvait donner les ascen-
(^) L'emploi du cercle divisé, avec l'alidade ou ligne de visée (dioptre dos Grecs), mobile du centre, si simple que semble cet instrument, paraît avoir été étranger à toute la période hellène; les Clialdéens et plus tard les Grecs semblent n'avoir eu qu'un instrument analogue au bâton de Jacob et ne leur servant que pour les petits angles.
sions droites, c'est-à-dire les temps correspondant à une division de l'équateur en parties égales. Pour passer de là à une division du zodiaque en parties égales, problème qui nécessite pour nous l'emploi de la trigonométrie sphérique, on admit, par une approximation alors suffisante, et suivant un système évidemment chaldéen d'origine, que développe Hypsiclès d'Alexandrie (ii^ siècle av. J.-C), que les différences des ascensions droites, correspon-. liant à des parties égales du zodiaque, croissaient en progression arithmétique; pour déterminer la raison de cette progression, il suffisait d'avoir observé le rapport du plus long jour de l'année à
la plus courte nuit.
L'observation de l'ombre dans le polos fournissait aussi tous les éléments nécessaires pour y disposer la sphère mobile en donnant à son équateur et à ses tropiques l'inclinaison des cercles célestes. L'écliptique étant tracé et divisé en degrés, d'après le parallèle décrit par le Soleil, on peut déterminer chaque jour, par un procédé purement mécanique, le degré occupé par le Soled. Enfin, en observant les levers, couchers ou culminations d'une étoile en dehors du zodiaque, et en remarquant les points de l'écHptique se trouvant alors à l'horizon ou au méridien, il était facile de tracer sur l'appareil deux grands cercles dont l'intersection donnait la position de l'étoile ('), et dès lors son observation pouvait, pour la détermination de l'heure, remplacer celle du point de l'écHptique se levant, se couchant ou culminant en même temps qu'elle.
C'est ainsi que les fondements de l'Astronomie ont pu être étabfis, pour ainsi dire sans autre matériel qu'un appareil élémentaire donnant l'heure et permettant, en thèse générale, de résoudre mécaniquement les problèmes pour lesquels nous» nous servons de la trigonométrie sphérique; cefie-ci ne vint qu'à son heure : Hipparque se trouva pour l'inventer, quand le perfectionnement des moyens d'observation rendit insuffisants les procédés primitifs.
4. Il est temps de revenir à Anaximandre pour achever d'apprécier son rôle comme savant.
(^) Ce procédé n'est pas applicable aux étoiles circumpolaires, ou du moins il ne donne qu'un grand cercle sur lequel elles se trouvent; ces étoiles, dont les anciens au reste se préoccupaient beaucoup moins, ont de être placées approximativement, d'après des alignements.
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J'ai mentionné son travail f]féofirra|)hiqno. flont l'authenticité n'est pas (ionteuse; il ne semble })as <|iie dans cette voie, comme pour l'Astronomie, il ait pu suivre des modèles étraurrers; ce travail mérite d'autant j>lus d'attirer l'attention. Strahon nous atteste qu'il servit de base à la première description écrite de la Terre donnercinquante ans environ plus tard par un ;nilrc Milésien, lïécatée. SI grossière qu'ait dû être la ma|q)emonde d' Anaximandre (^), ct^mnic le confirment les criticpu'S d'IIénKlote, (die n'en constitue jiiis moins, pour son auteur, un titre sérieux auprès de la postérité (^).
J^a représentation d(; la surface de la Terre sup|)ose qu'il avait cherché à en évaluer les dimensions; si, malheureusement, nous n'avons aucune indication sur ce point, on doit admettre que lc> renseitrnements ([u'il avait pu recueillir d'après les journées de marche ou de navij^atiou, l'avaient conduit à exa^^érer sino;ulièn'nient les distances sur la Terre connues à cette époque. Telle esl, en efTet, le caractère des y)remières estimes qui ont été faites de l:i circonférence de notre "lobe et qui ne paraissent pas remonter nu delà du IV® siècle av. J.-C.
Il est singulier que le premier géographe ne nous soit pas représenté comme un voyageur; cela tient, peut-être uniquement à l'absence de doimées sur son conq>te; en tout cas, Anaximandir nous ap])araît comme un homme curieux de la science, possédant des connaissances j)rati({ues sérieuses, capable en lin de concevoii et d'exécuter des y)rojets neufs ou hardis.