‹ Pour l'histoire de la science hellène [microform]Chapitre 45 sur 90 · Ku/.ÀOT-sà; r.EQ\ yatav ïX'.iaizoï'. àXXoTp-.ov -jo · texte numérisé non relu

Ku/.ÀOT-sà; r.EQ\ yatav ïX'.iaizoï'. àXXoTp-.ov -jo

et qui peut avoir été interpolé dans l'œuvre de r\'îrménide par (inelque néopjthagorien jaloux de faire remonter jusqu'au Maître hi découverte qui constit.ie le plus important titre scientifique d'Anaxagore.

Quant au second des deux vers précités de Parménide, il doit recevoir une autre explication: il indique seulement que la face lununeuse de la Luiie est constamment dirigée du côté du Soleil, remarque évidemment très importante, mais qui diflere essentiellement de la découverte Je k cause et qui peut être antérieure à Pythagore lui-même, en tant du moins qu'elle remonterait aux Ghaldéens. Mes motifs sont les suivants :

L'attribution à Anavagore de la doctrine sur l'emprunt au Soleil (le la lumière delà Lune est faite par Platon dans le Cratyle en termes qu'il serait bien diflicilo d'expliquer si le disciple de Socrate avait pu trouver cette doctrine dans le poème de Parménide. L'accusation de plagiat portée par Dèmocrite contre Anaxagore et que rapporte Lavorinus ( D,(,r;. L., IX, 34) est en réalité favorable au Clazomènien, car il eut suffi à Dèmocrite de montrer la doctrine dans l^irménide; au contraire, en déclarant anciennes les opinions d'Anaxagore sur le Soleil et la Lune, il se réfère évidemment à des poèmes orphiques, à l'authenticité desquels il croit,

alors que ces poèmes pouvaient très bien être po>térieurs à Anaxagore. Mais, lui fussent-ils antérieurs, il s'y agissait probablement le; toute autre chose; les orphicjues, terme sous lequel on peut romprendre au moins une j)artie des pythagoriens, voulaient assigner dans les astres un séjour aux âmes délivrées de la vie et retrouver dans le Soleil et la f^une les «îles des Bienheureux» d'Homère; or à des Ames de feu (Hippasos, Parménide) un séjour de feu convient parfaitement (').

La théorie d'Anaxagore n'a nullement été un dogme constant de l'école pjlhagorienne; si elle fut adoptée par Philolaos et avant ce dernier par Empédocle (sauf pour celui-ci en ce qui concernait la nature de la I^une. qu'il considérait non comme une terre, mais comme de l'air condensé jusqu'à être comparable à de la grêle), il nous est dit, en dehors du témoignage relatif à Alcméon, que des pythagoriens récents supposèrent qu'un feu s'allumait et s'éteignait peu à peu et régulièrement à la surface de la Lune, de façon à la recouvrir pour la })leine lune, puis à la découvrir tout entière à la conjonc'lion (Airni s, 11, 29). Enfin Bérose, qui représente plus tard la tradition chaldèenne, à une époque où elle a déjà subi rinfluence hellène, considère encore la Lune comme une sphère dont la moitié est enflammée et c'est ainsi qu'il explique les phases (Aétius, 11, 26, 26).

Quant à Parménide, divers renseignements doxographiques (12) concordent pour écarter l'opinion qu'il aurait considéré la lumière de la [Aine comme empruntée au Soleil; la Lune serait de feu ou plutôt formée par un mélange d'air (élément dense) et de feu (élément subtil) ; elle est issue de la Voie lactée, de même que le Soleil, mais elle provient d'une partie où l'élément dense et obscur dominait davantage ; les particularités qu'elle ollVe sont la consé- (juence de ce mélange, et Parménide l'aurait, par suite, appelée aslA'e à fausse lumière ('^îjGioavv;). En somme, ces données ne nous conduisent ni à l'hypothèse d'Anaximène ni à la théorie d'Anaxagore, mais bien à l'explication d'AIcméon ou à celle de

(') I*liis tard la llièsc clianf^e el l'on en arrive à la pluralité des inondes de l'ontenollc. Aétius, II, i3 : « lléraclide (du I^ont) et les pythagoriens disent que I liacun des astres est un inonde comprenant une terre enveloppée d'air dans l'élher infini. Ces dof;rnes se relrouvotil diins les orphiques qui, de chaque astre, font un monde ».

Hérose. Nous sommes donc ramenés pour Pylliai^ore à ces mêmes explici.lioiis qui ne ditfcr eiiL qu'en ce que, dans la seconde, la forme s|)hérique est netlemeni alliihuée à la Lune et que, dans la première, la lij;ure de cet astre est plus ou moins laissée indécise. Le choix entre ces deux explications est passablement douteux. Quand lj\. Zeller (I, 405. note 2) dit que les pytha^oriens ont du attribuer au Soleil la même foruir qu'à la Lune, qu'ils se représentaient incontcstablemenl comme une sphère, ce raisonnement n'est valable qu'à partir d'uncM'poque iuconuur. On j)ourrail plutôt le retourner et dire que, s'il était démontré que les pytha-oriens donnaieut au Soleil la foruie d'une sphère, il deviendrait très probable (pi'ils faisaient de même pour la Lune; mais l'indication (pie donne Aétius dans ce sens (II, '2-2) ne peut être accueillie sans contrôle, car elle peut se rapporter à des pytha-oriens même postérieurs à Philolaos; d'autre part, il peut y avoir confusion avec

la sphère du Soleil, suivant les conceptions développées par Eudoxe. Callippe et Aristote.

JNon seuleuient Alcméon croyait le Soleil plat, mais ce qu'en dit Parménide n'est guère concihabh' avec la foruie sphérique, et pour la Lune, Anaxa-ore et Empédocle lui donnaient encore la (ioure d'un disque. Ils n'avaient donc pas tiré, de l'explication des phases et des éclipses, la consécpience de la sphéricité que nous en voyons déduite par Aristote, au moyen d'une démonstration à laquelle se serait d'ailleurs prêtée de uiême l'hypothèse de Hérose; la théorie scientifique des phases ne semble pas avoir été réellement faite avant l'hilippe de Locride, disciple de Platon. A la vérité, du moment où Philolaos faisait mouvoir la Terre .7?//.v7V///.^ autour du feu central, il est assez croyable que par analogie il admettait aussi la forme sphérique pour la Lune, le Soleil et les autres planètes; mais avant Uii, le cas était dillerent et, quant à I^ythagore, en admettant cpi'il se soit posé le problème dans les termes de l'hypothèse d'AIcméon ou de Bérose, la délermin.aion de la forme iVun corps d'après les aspects successifs de sa face éclairée ne dépassait peut-être pas le degré où ses spéculations géométriques pouvaient atteindre; mais ce n'est pas une raison suftisante pour croire qu'un liomme qui a tant fait pour la science, mais qui en même temps s est abandonne à tant de visées étrangères, se soit elFeclivement posé le problème et qu'il l'ait résolu.

Le plus probable semble donc que le dogme de la sphéricité des astres, dogme qui, à compter d'Aristote au moins, a été adopté par tous les mathématiciens, ne remonte pas en fidt au delà de Philolaos; que si la croyance à l'existence pour la Lune d'une face obscure et d'une face lumineuse, et même la connaissance du fait que la face lumineuse se trouve toujours dirigée vers le Soleil, sont bien antérieures à Anaxagore et peuvent être attribuées à Pvthaoore ce dernier ne s'était nullement élevé à la véritable explication du phénomène. Ainsi les opinions que l'on prête à Mcméon sur ces deux (pjestions, ne doivent nullement le faire écarter du cercle pj'thagorien.

8. Nous pouvons revenir maintenant aux sujets scientifiques qu'Alcméon a abordés le premier et comparer ses opinions avec celles de Parménide et aussi d'Empédocle.

Pour la théorie de la sensation, Théophraste (•) donne une courte notice très nette sur l'explication qu'essayait le médecin de Grotone à jnoposde la vue, de l'ouïe, de l'odorat et du goût, ainsi (jue sur la diflerence qu'il établissait entre l'homme et la brute. Mais, d'après celte notice, on n(^ comprendrait guère comment le disciple d'Aristote range Alcméon parmi ceux dont l'opinion est opposée à celle d'Empédocle et de Parménide (qui, d'après lui, attribuent la sensation au semblable), si l'on ne s'apercevait pas qu'il s'attache exclusivement à la distinction établie par Alcméon entre la sensation et l'intelligence. Théophraste conclut de là à une distinction entre le voj; et la 'I/x/yî, ^^i^e matérielle et composée des mêmes éléments que les corps sensibles, l'autre formé par un principe différent.

Que cette conclusion n'ait aucune valeur, c'est ce qu'il est aisé de reconnaître; en fait, la théorie des diverses sensations d'après Empédocle {Apperulice, 7 à \\) dérive immédiatement de celle d'AIcméon; toutes deux attribuent au même titre la sensation au semblable à l'objet senti. Mais, de la première, Théophraste conclut que, j)our l']mpédocle, il n'y a point de différence entre la brute et 1 homme; s'il n'a pas tiré la même conclusion de la seconde, c'est

(') Voir, à l'Appendice, la traduclion du morceau Sur les sensations (25,26).

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uniquement parce ,jne xVIcn.éon avi.il expressérnenl afllnné la didérence en .,nestion. Cependant ni Kiupédoelo ni l'arn.énid,. navaicalà la nier ,:l leur silène.: sur c- point ne doit nullement être interprété .lans le sens que lui ,l,.ane Théopl.raste.

Quant à l'Eléale, il ne sendde point sVtre oeeupé des sensations particulières, et si l'on examine sans prévention le passai^-e où so "pi.Mon d'enseml.le est rapportée {Arpcmlic, ;i, i), il' est elai. <|u d se mouvait <lans un ordre d'idées .■,.mplélemenl difl'érent de celui d'AIcméon traitant des sensations. Mais, bien loin .le lec.nnaitro des prin.ipes .le .loeliine ..pposés .le part et .l'autre, on l)eut constater que l<;s points de iléparl s,>ut les mêmes.

La conlusion que fait l'arméai.le entiv la sensation et la pensée tient uniquement au peu de précisi..n .1,- sa lan:;,..- poéti.pie. et il ■> J a pas à s y arrêter avec Tl.é..pl.rast.., pas plus (p.'aux conclusions que ce derni.r a pu en .lé.luir.. sur ridentilé du nuùs et de la psyclu). A la <lat.' où nous sommes, on ne peut sonf;er à une classilication tant s..it p.Mi pré.'ise des diverses facultés, ni aux distinctions correspon.lantes d.: siil,slanc.-s qui appaiaitront l.isl,.- ■i.iuement après Ai.axai;„re. (^)uant aux s.-nsalions elles-mêmes Vlcméon avait plut.H .-ssaj-é une .l,,.sc.iption qu'une expli.ati.m;' 'ui v.)it néanmoins peicer dans cet essai la len.lanc.' à retrouver l linlérieur des oi-an.^s un,: s,d,slan<M. identi.pi.. à celle .le l'olo..: perçu, le le., .lans r.,.il, lair viluan. .lans l'oreille, cf. I... principe d'explicatu.n ,1e la perception .lu sendjlalde par le seml.lable nest nullement f.,rmnlé; mais il s., tn.uve .omrne sous-cnten.lu. Ce principe, l'armênid,,- le dégage et le .lévcl.q.p.: avec la rigueur logique qu on lui c,u,nait, .„ l'appli.piant à ,e que l'on peut apfieler son hypothèse dualiste.

Mais cette l.jp.,thcse, qu,. nous étudierons dans h- pro.l.ain Chapitre, ressemble singulièrement à cell,. .l'AIcméon, si on l'apl.l.qne à la constitution du corps hun.ain. Le Cr.,t,.niate remarque les nombreux couples ,1e contraires qui semblent lutter ensemble,

prédominer tour à tour ou s'.;.quillb,.er dans celte cons ion; 1.-

premier ,1 ,„uç,ut la santé comme lèsultant .l'un tempérament entre ces contraires, la maladie comm,. suite de l'excès de l'un d eux. 1, IJéale conserve la même idée en réiluisant à un seul tous ces couples de contraires, et, par une exlensi..,, que son précurseur n'aurait sans doute pas calredite, il entend que ce „ lempé-

rament)) des eontraires détermine l'homme tout entier, aussi hien ;ni moral qu'au physique.

Viusi Paruiéuide, pour les sensations, n'a point suivi les exposi lions d'Alcuicon; il l'a singulièrement dépassé par la portée de SCS alFirmalions, mais il ne se tiouve nullement en opposition avec hii. Loin delà, ils semblent bien appartenir à une même école, et si. jK'ut-étre, il 3' avait entre leurs éciits des eonlradictions de «létnil, on doit probablement les imputer au peu de précision des (oncepts et de hi langue de leur temps.

Si |)ar exemple on nous dit (Aktils, IV, 5) que Parménide plaçait le prinripat {-h rr:t\izr.'Ai^) dans la poitrine, Empédocle dans le sang, Alcméon dans le cerveau, comme il est certain (pi'aucun d'eux n'a employé l'expression dont se sert le doxograplie, et que ces prétendues (q^inions ont été déduites de passages (pii avaient un sens beaucoup plus vague, il est impossible de conclure à une contradiction voulue.

\). Mais il est temps d'arriver au suj^t spécial traité, de part et d'autre, avec assez de détails pour qu'il eut été |)Ossible d'en con- ( dure si, de fait, Parménide avait suivi Alcméon au moins dans ceitaines parties de son ouvrage. C.e sujet, c'est celui de la uénération humaine et en particulier de la cause ([ui détermine le sexe dans rembryon.

Censorinu>, f[ui est la source à consulter dans l'objet, constate l'accord de Parménide et d'.Vlcméon sur deux points capitaux : Tun que la femmtî donne une semence qui contribue, comme celle de l'homme, à la formation de l'embryon; l'autie que le sexe dépend des conditions du mélange des deux semences. A ne comparer que les deux données de Censorinus sur ce second point, on pourrait même croire que l'accord était complet; mais il n'en est rien, ([uoiqu'on puisse ramener à un sens très voisin de l'opinion (rAlcméon les vers latins traduits de Parménide que Gadius Aurehanus a conservés (•). En efl'et, Censorinus lui-même, Vétius et

remina virquc siniul Veneris quum germina niiscent l'nius in formam diverse ex sanguine, virlus 'l'empericm servans bene condiia corpora fingit; At si virtules peimixto sanguine pugnent i\ec faciant unam, permixto in corpore dirœ iNascentem geniino vexabunt semine scxum.

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un \eis (v. 150 i (l(; Parincnidr conservr par Galicii, nous altesteiil que J'I.léalc avait émis unv aulie opinion assez (lilIieilenKinl connliahlc ave<' la précédente, et (Taprés lacpiellr le côté (lu corps i\\)ù piovi(înt hi semence dcteiniine le sexe (ju'elic* tend à donne», masculin pour la dioile, l'éminin pour la gauche.

(iCtti' opinion <|ui, plus ou moins modiliée, fui appelée à une assez «;iande vo<;ue parmi les successeurs de l*arn»éni(le, est évidemmcnl une simple livp<>tlicse a /)rfori; mais elle trappe par son caractère [)yllia^()rien. C/est raj)plicaton risquée de la «orrélalioii entre les dvu\ croupies de contraires, droit-<;auclic, màlc-fcmelle. Nous savons aussi que Parménide axait établi dt" même une corrélation entre les deux couples màle-l'em(dl<î, iVoid-cliaud, mais en considérant les lennnes comme plus chaudes (pie les hommes, tandis (prKmpédocle, vu nMouinant la ielali(ui, se conforma plus (•xactemeni au paralhdisme p\lha^orien.

Si ces rapprochements étaient suflisants pour asseoir une opinion, ou pourrail dire que Parménide a ccrlainemc^nt connu rouvra«;<' d'AIcméon et (pi'il Ta utilisé, mais sans s'astreindre aucunemeni à le suivr<', (nril a même néi^lii^é ce nue cet ouvra<'e pouvait contenir d'observalions s<ienli(i(pies, pour en exa<»érer la partie conjeclurale en poussant loi;i(pii'ment à bout les tendances pvtha^oriennes.

10. AvanI de quitter Alcméon, il ne sera pas hors de propos d ajoulcr ([ucUpies remarcpies sur ses opinions pin siolo^icpies.

.Pai déjà remarqué que la (pieslion du princi/Hil de rame esl bien postérieure au v' siècle; de fait, elle aj)partienf aux stoïciens (i>iO(;. f.., \II, i.iî), et le <hapilre cpii concerne ce sujet, dans Velius(lV, 5), n'esi oerlainement pas emprunlé à Théophrasle. I/opinion deux fois allribuée par le compilateur à Alcméon sur le siège de ce princi[)al, ne jieul donc être tirée que d'un manuel stoïcien avant la prétention de traiter la question historicpuîmenl . mais elle j a été insérée simplement sur le vu du témoi«;naj;e de 'Ihéophrasle relatif à la théorie des sensations d'apiés le Crotoniate. Ce document n*a donc aucune valeur.

Nous devons dès lors refuser toute créance à la donnée d'Aéliu- ( \ , i~) d'après laquelle Alcméon aurait regardé le cerveau comnK

— 2-23 ^ I;i première partie (pii se forme dans Tembryon. Ce même chapilre d'Aétius, très écourté, est enta(dié d'une autre eneur patente au sujet d'Aristote ; le passage correspondant de Gensorimis ( \ , T) à Vf, -a) paraît beaucoup mieux représenter' le texte des ridcila pi imilii;. Alcméon aurait bien soulevé la question, mais Cil la laissant indécise; après lui hi priorilé aurait été attribuée au rervcau par Vna\agor(; et par îlippon, au co'ur par Krirpédocle, sans (pn; du reste ils aient eu recours à l'observation, pas pins que ceux (pu émirent des opinions divergentes; tous se laissent guider' par- des motifs a piiorl .

l/opininn attribuée à Vlcnu'on. snr le réginre de la liqueurséminale, j)araît également suspt^cte comme se rattachant toujours ;i I rdée du prinripat du cerveau et comme assez peu en concordiinc(î avec le K^xte de Censorinus ( •). Mieux garanties semblent les données relatives à la nutrition du f(etus et à la stérilité des mules. Sur- le premier point, Alemé(m se riiontie d'une ignorance assez sriigiiliéiv chez un médecin; sur* le second, il paraît au moins avoir cherché à observer- la nature.

Lnfin, la cause (ju'il aurait assignée au sommeil et à la mort indique assez bien (hez le Ciotoniale, en même temps qu'une élude réelle des faits, la tendance aux anticipations hâtives et aux iJipprochements mal approfondis qui semble la condition inévitable du progivs scienti(i(pie au début de toute théorie. Alcméon avait remarqué, autant qir'on peut en juger à travers l'obscurité du rexle, que les artér'es sont remplies de sang pendant la vie, vides pendant la mort. Dans ce qui pour nous n'est qu'une conséquence, il avart cru rencontrer la cause; comnre maintenant le sommeil lui paraissait frère d(; la mort, il avait cru pouvoir conclure immédiatement qu'il était amené par cette même cause, agissant toutefois d'une fa(;on moins complète.

En somme, les débuts de la physiologie, malgré l'ancienneté

P) V, 2, 3 (Vors. 2îH), lo-i... et I3'i, (i et suiv.). « Hippon, de Métapoiile ou '!«' Samos, suivant Ai-istoxène, croit que la semence provient (h; la moelle, et •cla lui parait prouvé, parce que si on tue les mâles après la saillie des troupeaux, on trouverait la moelte épuisée. Mais cette opinion est réfutée par d'autres, <omme Anaxagore, Démocrite. Alcméon de Crotone. qui répondent qu'après la -aillie les mâles ont perdu non seulement de la moelle, mais aussi de la graisse <'t de la chair. »

des j)raliqiie> médiralo. iion^ apparaissent aussi infornio, aus^ entachés d'erreurs j^iossirro, aussi embarrassés do que«^ti()ns mal posées que ceux des aulres sciences nalurelles. Tout était à faiic pour l(;s Grecs du v'= siècle, sauf le> fondements de raslronomie, établis oràce aux biiigues observations des Chaldéens.

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