‹ Pour l'histoire de la science hellène [microform]Chapitre 48 sur 90 · A', vip aTc'.voTcpa'. ;:X^vto ttuoÔ; àxprjTOio · texte numérisé non relu

A', vip aTc'.voTcpa'. ;:X^vto ttuoÔ; àxprjTOio

il correspond exactement à la conception d'Anaximandre, le feu à l'intérieur d'une couronne creuse.

De même, la dernière couronne qui enveloppe le noyau central

et qu'Aélius dit également ignée, n'est certainement pas non plus de feu pur; cette couronne ne peut être que notre atmosphère, ou du moins sa partie lumineuse (éclairée), puisque Pariuénide com[)te Tair obscur comme faisant partie de l'élément dense.

Les couronnes intermédiaires, mixtes des deux éléments, comme les autres, mais où la lumière a moins de prédominance, et entre lesquelles, d'après le vers lî27, on pourrait même supposer des couronnes entièiemcnt obscures, doivent correspondre, à partir de la Terre, aux orbites de la Lune, du Soleil et des cinq planètes ; car, quoique Parménide semble n'avoir parlé expressément que do Vénus, les autres planètes (ju' Vnaximandre n'avait pas distinguées des étoiles devaient sans doute être également connues des premiers pjtliagoriens.''

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1 î Si l'on fait abstraction de la conception spéciale de l'air lumineux comme igné, on peut dire, en somme, que la représentation que Parménide se fait du monde dérive de celle d'Anaximandre, modifiée surtout en raison du progrès scientifique.

Vinsi ce progrès a fait multiplier les trois anneaux du Milésien; d a dii également amener une interversion dans leur ordre, puisque Anaximandre regardait la Voie lactée comme étant plus voisine de la Terre que la Lune et le Soleil. A la vérité, d'après Aétius(il), Parménide aurait conservé le même ordre; il aurait placé, au plus loin de la Terre, Vénus dans l'éther, au-dessous le Soleil, puis les astres dans la région ignée qu'il appelait Ouranos; mais cet ordre a. été conclu faussement d'une inter[)rétalion rigoureuse donnée à tort aux termes d'Éther et d'Ouranos.

Le progrès de la science a consisté ici dans une réflexion plus approfondie sur les mouvements des corps célestes, qu'en fait Anaximandre n'avait nullement expliqués. Nous avons vu (Cbaj). VMI, 5) Alcméon poser la révolution des planètes comme s'effectuant d'Occident en Orient à l'opposite du mouvement des iixes, et nous avons fait honneur à Pjthagore de ce progrès qu'on ne saurait trop rehausser. Désormais le mouvement apparent des astres errants est résolu en ses deux composantes, la révolution diurne commune à tout le ciel, et le mouvement j)ropre, beaucoup plus Nunple que l'apparent; c'était là le premier pas à faire;

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(') Si l^annénide a dit (12) que ta I.une est égale au Soleil, cela doit s'en tendre seulement de l'apparence; je ne puis comprendre l'opinion de Karslen que le mot «égal» ne se rapporte pas à la grandeur, mais à l'orbite. La supposition de l'égalilé des orbites eût entraîné celle des dimensions, puisque les diamètres apparents étaient égaux pour les anciens.

TANNEHY

maintenant la route est frayée, les autres progrès s'accompliront en leur temps.

Cette conception devait avoir une conséquence immédiate pour Tordre des astres (i'oir p. i i'yj. ) ; il convenait évidemment de ranger les planètes suivant l'ordre de vitesse de leurs mouvements propres et de placer la plus lente an plus près du ciel des fixes, du moment oii la Lune était supposée plus près de la Terre que le Soleil (*); on arrive ainsi naturellement à l'ordre que suit Platon dans le injthe d'Er et qtu devait être celui de Parménide, comme il avait été celui d'Anaximène.

Il faudrait maintenant pouvoir décider si le système d'Anaximandre, ainsi mis à hauteur des découvertes les plus récentes au temps de Parménide, lui a été ou non transmis par les pjthagoriens; j'écarte Pjthagore, dont Alcméon, je crois, représente plus fidèlement l'opinion véritable, quand il considère les astres comme animés, (|uand il voit, dans leur mouvement circulaire et uniforme. quo l'homnuî ne peut imiter en joignant les deux bouts de sa vie, la j)reuve de leur divinité.

Le système de Parménide a incontestablement une apparence trop mécanique, surlotit si l'on fait abstraction du complément dynamique de la Nécessité, sur lequel nous allons revenir à l'instant, et si l'on s'attache de trop près à la représentation de Platon ; mais les pythagoriens ont constamment oscillé du dynamisme au mécanisme, suivant la double direction imprimée par le théosophe et par le mathémati<Men qui se sont trpuvés réunis en leur maître; d'ailleurs, jusqu'au trait de génie de Philolaos, la révolution diurne, surtout reconnue dans le mouvement des planètes, ainsi que nous l'avons dit, ne pouvait se comprendre sans une liaison mécanique qu'on devait même être tenté de se représenter comme établie par une matière solide. Dans le langage dualistique de Parménide, il devait y avoir and)iguïté, nous l'avons vu, sur le caractère de cette liaison ; [)eut-être cette ambiguïté existait aussi dans sa pensée.

Il est certain (pie, si la physique de Parménide se présentait

avec les seuls traits que nous avons marqués jusqu'à présent, surtout si nous la dégagions de ([uelques éléments conjecturaux que nous y avons introduits, l'I^léate nous apparaîtrait comme un disciple d'Anaximandre passablement (idéle à la tradition de son maître. Mais nous allons le voir mêler à celle tradition, en dehors du dualisme fondamental, deux autres éléments incontestablement pjthagoriques ; d'autre part, ses relations, le milieu où il vivait, le langage qu'il tient, tout indicpie que les opinions qu'il expose appartiennent au pj tliagorisme exotérique. Il faut donc admettre ou bien que cette Ecole n'avait pas, en réalité, de système physique et que l*arménide s'est trouvé obligé par son plan de recourir à une doctrine ionienne, ou bien que cette doctrine formait encore de son temps le fonds essentiel de la physique des pythagoriens dn dehors, et que c'est par eux qu'il Va connue, en même temps que les découvertes scientifiques (|ui avaient lians[)iré hors du cercle des mathématiciens. Cette dernière supposition paraîtra sans doute la [)lus vraisemblable.

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