‹ Pour l'histoire de la science hellène [microform]Chapitre 50 sur 90 · II · texte numérisé non relu

II

forme une colonne; lumineuse (celle du mythe tl'Er de Platon)^ suivant la([uelle un flux de lumière et de ciialeur s'écoule du feu de lOlympos (Voie lactée) vers la Terre.

Cette conception soulève une difficulté relative au feu central autour (lii([ucl IMiilolaos faisait circuler la Terre et les astres errants. ()iielle liaison avait-il avec le feu solaire? Naturellement invisible pour nous, puis([ue nous sommes constamment suppo^és sur riiémis[)hèr(î (|ui lui est opposé, comment n'éclaire-l-il pas au moins suflisammentla Lunt? pour que nous la voyions constamment

pleine?

J'admets (pie Pliilohios se iej)résentait le feu central comme relativement faible, analogue à la Voie lactée; suffisant à cause de sa faible dislance pour éclairer et échaufVer sans excès la face de l'anticlithone dirigée vers lui, il n'avait plus, à la dislance de la Lune, d'effet sensible en prés«»nce de celui du Soleil où se concentrait, pour ainsi dire, la plus grandtî masse du feu cosmique.

Il faut d'ailleurs sans doute supposer, d'après la représentation du mythe d'Er, (pie la colonne lumineuse rejoignait le feu central et se [)longeait dans l'autre hémisphère du cosmos pour se terminer à la V oie lactée.

L'ensemble de cette explication me |)araît permettre de lever une assez grave difficulté. Tous les textes supposent, dans le système de Philolaos, un dixième mobile en dehors de la Terre, de l'anticlithone et des sept j>lanèles, tandis (|ue l'essence même du système est l'immobilité de la sphère des fixes avec la révolution de la Terre autour du feu central. Or, nous retrouvons ce dixième mobile dans la base de la colonne sur la V oie lacté(? (le premier soleil des textes).

INous rencontrons également là une explication d'une o[)inion pvthagorienne qu'Aristote nous a conservée en la défigurant, sans doute parce qu'il ne la comprenait pas. (^ette opinion est que la Voie lactée serait l'orbite du Soleil; il faut entendre le premier soleil de Philolaos, c'est-à-dire la base de la colonne lumineuse. Avec celte explication, la V oie lactée serait comme un double canal de f\'u rejoignant le somuiet de la colonne à sa base. Sa bifurcation aurait correspondu à un déplaceuient mythique de l'orbite.

[Ct. Mémoires scient ijiqiies, t. \ II, Sur un fragment de PhiloJaos, p. i3i-i39J

Comme cette dernière opinion semble avoir été professée par OEnopide de Chios, il est possible que Philolaos lui ait emprunté en partie sa théorie en même temps (ju'il lui enqiruntait aussi sa grande année. Cette dernière supposition concorderait avec ce fait que le principe général de cette théorie est indépendant de Thypothése du feu central et semble plutôt applicable à la doctrine qui place la Terre au centre du monde. INous aurions également, dans cette origine conjecturale de la théorie de Philolaos, un motif expli(pianl pounpioi elle se rapproche plus en réalité des opinions vulgaires, que ne le faisaient celles de Parménide et d'Empédocle. Mais, quelles que soient les difTèiences de ces trois théories, elles n'en ont pas moins un point commun, elles ne s'accordent pas moins dans une conception toute spéciale de la lumière, dont on ne retrouve pas de traces en lonie. Si l'on pouvait supposer que chez Pai uu'uide elle soit originale, sa présence chez Empédocle s'expliquerait pai" unenq)runt; mais l'adoption de la même conception par Philolaos et, d'autre part, la circonstance que les doctrines physiques exposétîs par l'Eléate doivent, en principe, être considérées comme étrangères à ce dernier, ne nous laissent (pi'une conjecture: c'est qu'il s'agit là d'une opinion qui a eu cours dans l'école pythagorienne dès les premiers temps et (jui, par conséquent, peut remonter à Pylhagore lui-même. Quant à la formule primitive de cette conception, il serait trop aventureux d'en essayer la restitution.

DOXOGRAPHIE DE PARMÉNIDE.

1. TiiKOPiiR., fr. 6 {Alex, in Metaph., p. p/i — \ ors. 1 iO, i-S). — Sur Parménide et son opinion, voici ce que dit Théoplnaste dans le premier Livre « Sur les physiciens » :

Survenant après lui {Aénopliane), Parménide, fils de Pyrès, d'Eléc, entra dans l'une et l'autre voie. D'une part, il allirme que l'univers est éternel, de Taulre il essaie de rendre compte de la genèse des choses. C'est qu'il ne pense pas de la même manière dans les deux cas, mais qu'il admet quen «vérité)) Tunivers est un, inengendré, sphérique, tandis que, pourexpliquerla genèse des phénomènes selon 1' «opinion» commune, il prend deux principes, le feu et la terre, celle-ci comme matière, celui-là comme cause

et comme agent.

± Thkophr., fr. 6 a (Diog L., IX, ai, n - Vers. 138, î-i;).— Parme

-li,

t,'li

Ils.

iiide, fils de Pyrès, d'KIéc, auditeur d<' Xenophane {qui le fut lui-même d' Anaxirnnndre. d'après Théophraste dans i hpitomé), ne suivit cependant pas son maître...

Il fut le premier à afliriner que la Terre est spliL'ri(jue et siluée au centre. Il reconnut deux éléments, le l'eu et la terre, qui jouent le rôle, Pun de l'artisan, l'autre de la matière. Les hommes seraient or ii: inaire ment nés du limon. Les causes qui ont constitué toutes choses sont le chaud et le froid. L'intelligi'tice et l'àme sont une même chose. C'est ce <jui est également mentionné par Théophraste dans les <i Physiciens r>^ où il expose presque toutes les doctrines. Parniénide a dit aussi que la philosophie est double.^ d'un coté selon la vérité, de l'autre selon l'o/>inion ; il s'exprime comme suit à ce sujet : ( vers 128-30).

3. Thkophk., fr. 7 {Simpiic. in physic.^ ?/> rt — V<m>. 1 i3, i-4). — lu rapport d'Alexandre, voici i exposé que lliéophraste en donne

dans le premier livre de l m Histoire physique y :

Ce qui est en dehors de l'être est non-être, le non-être n'est rien, «lone l'être est un.

4. TiiîiopiiR., IV. i; (/>^^^ /.., \III, \% — \ or-. I i.'!. i(i-iS j. — Kavorinus dit que Pythagore fut le piemier à nommer monde le ciel et à dire la Terre ronde; «Taprês Théophraste, ce fut Parménide.

Vt. Pllil.osoPH., 11 (Vors. I i:2, 'î-8). — Parniénide suppose l'univers un, éternel, inengendré, sphéricpie, niais, d'autre part, ne s'écartant pas de Popinion commune, il reconnaît eomnie principes de l'univers le feu et la terre, celle-ci connue malière, celui-là comme cause et comme agent. Il dit que le monde péril, sans toutefois dire de (|uelle manière. — Il a dit aussi que l'univers est éternel, non engendré, sphérique et sans dilléreMce!», qu'il n'a pas de lieu (vide?) en lui-même, qu'il est iinmohile et limité.

6. Ps.-Pllt. (Stromat.,) — Vor^. lil, 38-li-2, -?. ). — Parménide d'Klée, ami de Xenophane, en soutint les opinions, tout en prenant en même temps une position opposée. Il affirme en edet (|ue, selon la vérité des choses, l'univers est éternel et immuable, car il dit : (vers 60). Il n'y a genèse, d'apiès lui, que de choses qui |)araissent exister suivant une fausse supposition; les sensations doivent être rejelées hors de la vérité. S'il y a quelque chose en dehors de l'être, c'est un non-être ; or. le non-être n'existe aucunement; c'est ainsi qu'il considère Têtre connue inengendré. 11 dit qu la Terre a été formée par précipité de Pair dense.

7. lù>iPHANE, m, lo (l)ox. .')ÎK>). — l*arménide. fils de Pyrès. Kléate de naissance, a aussi pris l'infini comme principe de l'univers.

8. Ukh.mias, (> (hox. r>r>^.) — Mais à Anaxagore s'opposent Mélissos et Parménide. Celui-ci, dans les vers de son poème, proclame l'essence unique, éternelle, infinie, immobile, uniforme de toutes parts. Je nesais pascomment ce nou\eau dogme me séduit ; Parménide chasse Anaxagore de mon esprit.

9. Cicéron (JJc deor nat., 1, n — Vors. lii, >5-'\7.). — Parménide invente quelque chose qu'il s'imagine semblable à une couronne (nom qu'il lui donne), un cercle continu d'ardente lumière, ceignant le ciel, et qu'il appelle dieu; personne ne peut soupçonner là soit une fornie divine, soit un sentiment. Avec cela, nombre d'autres monstruosités; il élève aussi au rang des dieux la Guerre, la Discorde, l'Amour et autres choses du même genre, que déiruisent la maladie, le sommeil, l'oubli ou la vieillesse. Quant aux astres, ne parlons plus à son sujet de ce que nous avons déjà relevé

pour un autre. — Phii.odkmk. Parménide semble faire son premier dieu

inanimé et identifier ceux qui sont engendrés, soit avec les passions humaines

10. AÉiius, I. — 3 ( Théodoret — hox. ±U). Parménide, fils de Pyrrhès, d'Klée, ami de Xenophane, dans la première partie de son écrit, discourt d'accord avec son maître: car on lui attribue ce vers (v. 60). Comme cause de l'univers, il reconnaît non seulement la Terre, ainsi que Xenophane, mais encore le feu. — 7 (Vois. 14:i. 3i). Parménide : Dieu est l'immobile, limité et sphérique. — ).\ ( Vors. I i:i. '>.3). Parménide, Mélissos, Zenon suppriment la genèse et la destruction, puisqu'ils considèrent l'univers comme immuable. — >5 (\ors. I i:i, 33). Parménide et Démocrite : Tout arrive par nécessité; ils disent aussi fatalité, justice, providence, auteur du monde.

11. Aktius, II (Vors. lii. 1 >->.:)). — 1. Parménide : Le monde est un. — 4. (Voir Doxog. de Xenophane, 12 ) — 7. Parménide : Il y a des couronnes qui s'enroulent lune sur l'autre; une est formée de l'élément subtil, une autre du dense; les autres, intermédiaires, sont mêlées de lumière et d'obscurité. Toutes sont environnées comme par un mur solide sous lequel est la couronne ignée; solide est également ce qui est au centre de toutes et ce noyau est à son tour environné de feu. Celle qui est au milieu des couronnes mélangées est, pour toutes, l'origine du mouvement et de la genèse; il l'appelle Divinité, Gouvernante, Tenant la clef. Justice et Nécessité (cf. Nacht. WVll. 3o-33). L'air a été excrété de la Terre et s'en est dégagé en vapeurs sous la violente pression qu'elle a subie; le Soleil et la Voie lactée sont des soupiraux de feu; la Lune est un mélange de feu et d'air. C'est l'éther qui est au plus haut et qui enveloppe le tout; audessous vient la partie ignée que nous appelons ciel; puis vient ce qui environne la Terre. — 11 (Doxog. d'Anaximène, 9). — n', i3, 17 (Doxog. dHéraclite, 8).— i5 (Vors. 1 4:>, i-3). Parménide place d'abord dans lether l'étoile du matin, qu'il «lit être aussi l'étoile du soir; au-dessous le S<deil, puis les astres de l'ensemble igné, qu'il appelle ciel.

l!f. AÉTius. II (Vors. lio, (l-i3). — 9.0. Parménide et Métrodore : Le Soleil est igné. — Parniénide : Le Soleil et la Lune se sont détachés du cercle lacté, l'un du mélange plus subtil, qui est le chaud, l'autre du plus épais, qui est le froid. — 26. La Lune est ignée. — 26 et 28. Llle est égale au Soleil et éclairée par lui. — 3o (Vois. JOi. 17 ). L'aspect de la Lune est

dû ail mélanine de Vi'^né cl du ténébreux ; aussi l'appelle-l-il « astre à fausse lumière » .

13. Aktils, III. — I (VOr-. I i3, i4). La nuance de la Voie lactée est produite par le mélange du dense et du subtil. — ii(Naclu. XXVII, 35-40 • l'arniénide a le premier déterminé les lieux habitables de la Terre dans les ileuK /.ones limitées par les tropiques. — i5 (^\ors. I i.'i. i^)->.[). Parménide, [Dëmocritej : La Terre, par suite de Tégalité de distance de tous bs côtés, reste en équilibre, puisqu'il n'y a pas de raison qu'elle aille ici plutôt que là. Aussi elle peut être ébranlée, mais non déplacée.

14. Aktils, l\ (Vor^. \\.\. Ji-î/i). — 3. Parménide et Hippasos : L'âme est de feu (Marrobe : Parménide fait Pâme de feu et de terre). — 5. Parménide et Kpicure mettent le principal dans toute la poitrine. — Parménide, Enipédocle, Démocrite : L'intellect et l'àme sont une même chose; il n'y aurait donc pas, d'ajjrès eux, d'être vivant privé de raison. — 9 (Vers. I ir». •<(>). P. Les sens sont trompeurs. — F*arménide, Kmpédocle, Anaxagore, Démocrite, Épicure, Héraclide : Les sensations particulières se produisent par la proportion des pores, chaque objet senti s'y adaptant pour la sensation correspondante. — ( Vors. lit». >'). Painiénide, Empé<locle : Le manque de nourriture pio<luit le désir.

15. AÉTius, \ ( Vors. \A{'k 4*'-'47- 4)- — 7- Parménide, contrairement à Enipédocle, dit que les contrées du ^'ord ont enjjendré les mâles, qui participent davantage au solide; celles du >!idi auraient au contraire donné naissance aux feniclles, chez lesquelles domine le subtil. — Anaxagore, Parménide : (Pour la naissance des mâles), la semence du côté droit se rend dans le côté droit de la matrice, et celle de gauche dans le côté gauche; s il y a interversion, le sexe est fénnnin. — 1 1 ( Voi^. I iT. 7). Parménide : Lorsque la semence vient du côté droit, il v a ressemblance au père; si elle vient du côté gauche, à la mère. — ( \acbt. WVII. \> ) '}5. (TertitNirn.) Empédocle et Parménide ; f^e sommeil est un refroidissement. — 3o. Parménide : La vieillesse arrive par la perte du chaud.

16. Gknsorinls (l)o\. 1<S!>-M.H ). — I\', 7, La même opinion (sur la naissance primitive des hommes), fut aussi celle de Parménide 'd'Éléo, qui. sauf quelques exceptions de détail, s'accorde là-dessus avec Empédocle. — V, 2. Parménide pense que la liqueur séminale sort soit du côté droit, soit du côté gauche. — V. 4- Les auteurs disputent également sur le point de savoir si l'embryon naît seulement de la semence du père, ce qu'affirment Diogène, Hippon et les stoïciens, ou aussi de celle de la mère, opinion d'Anaxagoie, d'Alcméon, de Parménide. d'Empédocleet d'Epicure. — (Vors. 147, 9-i>. ). VI, 5 (Pour le sexe), Parménide dit qu'il y a lutte entre le mâle et la femelle et que le côté duquel se trouve la victoire décide de l'état de l'embryon. — \l, 8. L'opinion de Parménide est que si la semence vient du côté droit, les fils sont semblables au père; si du côté gauche, à la mère.

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