‹ Pour l'histoire de la science hellène [microform]Chapitre 51 sur 90 · FRAGMENTS DE PARMÉNIDE · texte numérisé non relu

FRAGMENTS DE PARMÉNIDE

Préambule. - Les cavales qui m'emportent au gré de mes désirs, | se sont élancées sur la route fameuse . de la Divinité, qui conduit partout l'homme instruit; ; c'est la route que je suis, c'est là que les cava es exercées |5l entraînent le char qui me porte. Guides de mon n oyage j.); les vierges lilles du Soleil, ont laissé les demeures de la nuit , et, dans la lumière, écartent les voiles qui couvraient leurs fronts. ,«, Dans les moyeux, l'essieu cbaulle et jette son cri strident sous le double eflort des roues qui tournoient | 10 I de chaque côté, cédant à Télau de la course impétueuse. Voici la porte des chemins du jour et de la nuit. : avec son linteau, son seuil de pierre, , et fermés sur l'éther. ses larges battants, ! dont la Justice vengeresse tient les clefs pour ouvrir et fermer. 15 Les nymphes la supplient avec de douces paroles : et savent obtenir que la barre ferrée soit enlevée sans retard; alors des battants elles déploient la vaste ouverture , et font tourner en arrière les gonds garnis d'airain :20 ajustés a clous et a agrafes; enfin par la porte , elles font entrer tout droit les cavales et le char. I La Déesse me reçoit avec bienveillance, prend de sa main ma main droite et m'adresse ces paroles: i « Enfant, qu'accompagnent d'immortelles conductrices. -25 que tes cavales ont amené dans ma demeure, sois le bienvenu; ce n'est pas une mauvaise destinée qui t'a conduit sur cette route éloignée du sentier des hommes; \ c'est la loi et la justice. 11 laut que tu apprennes toutes choses, et /. cœur fidèle de la vente qui s'impose, 'AO et les opinions humaines qui sont en dehors de la vraie certitude. \ Quelles qu'elles soient, tu dois les connaître également, et tout ce dont on juge. , il faut que tu puisses en juger, passant toutes choses en revue. '1

Sur la vérité. - 33 , Allons, je vais te dire et tu vas entendre quelles sont les seules voies de recherche ouvertes à l'intelligence; 1 35 1 lune, que lètre est. que le non-être nest pas. chemin de la certitude, qui accompagne la vérité; i Fautre. que Tètre nest pas. et que le non- être est force-

1,. Ces fragments sont traduits dans Tonlre établi par Kahsten {IhUosopLuni graecorum rellquiae, i835) et reproduit par Mullach. Abandonne par Du-LS dans les trois premières éditions de ses Vorsokratiker, d a ete réhabilite par la publication <le W . Kuantz {Ueber Aufbau und Bedeutung des T armenideiscken Gedichies, Sitz. d. Berl. Akad., 1,16, p. x 158-1.76). Krant. abouti ,„ eiret, par des raisons nouvelles, au même classement que Karsten, sauf qu il • ntercale les vers ^o-gS entre les vers 4o et 4^. Or, dans ses A-;^ -f^ (I p XXVIII, 5), Diels a déclaré tenir pour justifié ce classement de Krantz. Moisson propre classement subsiste en fait dans les éditions des Vorsokvatiker. Xussi a-t-on jugé utile, pour faciliter les recours au texte d'indiquer d une façon continue, au bas des pages, les correspondances entre la traduction de 1 annery ( 1 ) et les « fragments » des éditions Diels (D).]

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ment, [ roule où. jV te le dis, tu ne dois aucunement te laisser séduire, i Tune peux avoir connaissance de ce (jui n'est pas. tu ne peux le saisir | iOj ni l'exprimer; car le pensé et IVtre sont une même cliose. \

I il I II m'est indiiïércnl de commenci-r d'un côté ou «le l'autre; car en tout cas, je reviendrai sur mes pas. ^

I \'.\ I 11 faut penser etdire que ce qui «'st ; <ar il y a rire, il n'y a pas de uon-étrc; voilà ce que je t'ordonne de proclamer, lo Je le détourne de cette voie de recherche, où les mortels (|ui ne savent lien s'égarent incertains; l'impuissance de leur pensée] y conduit leur esprit «:rrant: ils vont sourds et aveu«;les, stupides et sans jugement ; 50 | ils croient qu'être et ne pas être est la même chose et n'est pas la même chose; et toujours leur chemin les ramène au même point

I r>4 1 Jamais tu ne feras que ce (pii n'est pas soit ; détourne donc ta pensée de cette voie de reclierche ; 'ii| que Ihabit ude n'entraîne pas sur ce chemin hattu !55i ton u'il sans hut, ton oreille assourdie, ta langue; juge par la raison de l'irréfutahlc condamnation [ TiT | que je prononce. Il n'est plii^ qu'une voie pour le discours, \ c'est que 1 être soit : par là sont des preuves ; nombreuses qu'il est inengendré et impérissable. , (iO universel, uni(|ue, immobile et sans fin. Il n'a pas été et ne sera pas; il est maintenant tout entier, \ un, continu. Car quelle origine lui chercheras-tu? | D'où et dans (|uel sens aurait-il grandi ? De ce qui n'est pas? Je ne te permets | ni de le dire ni de le penser; car c'est inexprimable et inintelligible | 65 | que ce qui est ne soit pas. Quelle nécessité l'eût obligé plus lût ou plus lard à naître en commençant de rien?' Il faul(ju'il soit tout à fait ou ne soit pas. Ml la force de la raison ne te laissera pas non plus, de ce qui est, | faire naître quelque autre chose. Ainsi ni la genèse | 70 /// ht destruction ne lui sont permises par la Justice; elle ne relâchera pas les liens | où elle le tient. [ Là-dessus le jugement réside en ceci ] : i 11 est ou n'est pas; mais il a été décidé qu'il fallait abandonner l'une des roules, incompréhensible et sans nom, comme sans vérité, \ prendre Tautre. que l'être est véritablement. [ 75 I Mais comment ce qui est pourrait-il être plus tard? Gomment aurait-il pu devenir? S'il est devenu, il n'est pas, pas plus que s'il doit être un jour. I Ainsi disparaissent la genèse et ht mort inexplicables. | Il n'est pas non plus di\isé, car \\ est partout semblable ; nulle part rien ne fait obstacle à sa continuité, soit plus, i 80 ] soit moins; tout est plein de Vètre,

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: fr. I, i-j>, l> (mais O-7 après 8—10 dans D).

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