II. — La Cosmologie
8. Résumons rapidement les principaux traits de sa conception
du monde et rappelons en même temps à qui il les a empruntés.
L'air qui s'est dégagé le premier du chaos et qu'il appelle éther,
se trouvant arrêté et comprimé aux limites de l'univers, y forme une voûte de « crvstal solide »; c'est l'idée d'Anaximène.
La partie de l'éther non ainsi solidifiée, mélangée d'un peu de feu, remplit la moitié soudure de la sphère cosmique; la moitié lumineuse est, au contraire, essentiellement constituée j^ar du feu; cette conception ai)parlicnt à la doctrine de Parmémde et est probablement d'origine pythagoriennc. Toutefois, Empédocle rejette le système des couronnes de l'Éléate, et il conçoit, avec Anaximcne, la dcuible atmosphère comme s'étendant jusqu'à la voûte solide de crvstal.
Au centre du tourbillon et dès lors en équihbie [Un mécanitpie entrevue) ('), maintenue d'ailleurs immobile par la Philotès, la Terre voit passer successivenu'ut sur chacun de ses points les moitiés luuiineuse et sombre de l'atmosphère; elle est donc soumise à l'alternative du jour et de la nuit. La pression du tourbillon a amené la séparation de la terre et de l'eau; l'eau à son tour a donné naissance à des vapeurs, qui se sont ré])andues dans la ré^'ion voisine de la terre et ont ainsi constitué ratmos])hère propre de celle-ci, qui échaiq)e également au mouvement de la
révolution diurne (11).
Nous n'avons aucune dounée précise sur la f(U'me qu'Empédocle assignait à la Terre; on pourrait croire qu'avec Parménide et l'école pythagoriennc il la considérait comme sphéri([ue. Cependant on ne conq)rend guère alors comment il aurait adopté (12) ro]»inion d'Anaxagore, qu'autrefois l'axe du monde était peri)endiculaire à h\ surface plane de la Terre, et que celle-ci se serait inclinée depuis. Cette singulière opinion du Clazoménien était unicpiement motivée par le désir de mettre de la symétrie dans l'organisation primitive du monde; mais il n'avait pas su se tirer de la diiîiculté qu'il avait soulevée, sans avoir recours à la providence du Xoûs, qui aurait de la sorte rendu la Terre habitable. 11 est trop clair qu'Empédocle n'a nullement modifié l'hypothèse d'Anaxagore, (pi'il a simplement prétendu donner une explication mécanique de l'inclinaison supposée.
(1) Aristole [Du ciel, II, i3, oyia) expose cl critique assez mal l'explication d' Empédocle, fondée sur un fait d'expérience: mais elle est insuflisante pour rendre compte de l'équilibre dans le sens de l'axe.
On nous dit d'autre part (15) qu'Empédocle n'admettait même pas pour sa voûte éthérienne une forme rigoureusement sphérique, qu'il la comparait à un œuf. La raison que met en avant Ed. Zeller pour rej)ousser cette indication est sans valeur; Empédocle pouvait, sans la moindre difficulté relative au mouvement du ciel, l'imaginer comme un sphéroïde soit aplati, soit allongé aux pôles. La comparaison avec l'œuf, le terme technique de ::AaT5ç (latitude) employé dans le texte, d'ailleurs assez obscur, du doxographe pour désio-ner la dimension la plus étendue, enfin la convenance, dans les idées d'Empédocle, de ménager un espace vide à l'équateur |dutôt qu'aux pôles pour y loger le Neîkos rejeté hors du cosmos, paraissent indi(iuer qu'il avait plutôt choisi la seconde alternative.
Quoi (pi'il en soit à cet égard, le nom du Sphéros peut être aussi invoqué comme motif de penser qu'Empédocle croyait devoir attribuer au cosmos une forme différente, peut-être sous l'inlluence des traditions ori)hiques, qu'indique la comparaison avec l'œuf. D'autre part, il attribuait toujours à la lune, de même (pi'Anaxagore, la forme d'un disque. Il y a donc des raisons sérieuses pour douter au moins de son opinion relativement à la Terre. Peut-être, au reste, ne l'avait-il pas énoncée dans ses vers.
Pour les étoiles, feux isolés au milieu de l'éther, dont il attache les uns à hi voûte de « crystal » (fixes), dont il fait flotter les autres au-dessous (planètes), il s'en tient à la conception d'Anaximène. Pour la lune, au contraire, comme je l'ai dit, Empédocle adopte la doctrine d'Anaxagore; c'est un corps obscur par lui-même, qui reçoit sa lumière du soleil, qui est d'ailleurs opaque et peut dès lors éclipser l'astre du jour. Toutefois, l'Agrigentin ne reconnaît point ce corps comme de nature terreuse; c'est une concrétion formée par de l'air nuageux.
Quant au Soleil, j'ai déjà indiqué (p. 244) la conception toute particulière que s'en faisait Empédocle et j'ai montré comment elle se reliait à celle de Parménide.
Tout en ne voyant, dans cet astre, qu'une image lumineuse de la Terre éclairée par le feu du jour et reflétée sur la voûte céleste de crystal, qu'un phénomène qui n'existe que pour les yeux qui peuvent le contempler en face {cf. v. 242), Empédocle revenait de fait accidentellement à une opinion du vieil Anaximandre, en ce
ff-'
— 3-28 — sens qiril rejetait le Soleil aux confins du iTK.nde (10). C^est d'ailleurs, ])robablenient, grâce à loi (jue cetle idée d'identifier le rayon de l'orbite solaire avec celui de la sphère céleste s'est perpétuée en Sicile, et qu'Archiniéde, dans son Arénaire, la présentait encore comme courante.
Celle de supposer le dis(pie du S(dril éo;;,! à la Terre (comme l'image est égale à l'objet dans les miroirs plans) est propre à Empédocle, mais la place qu'il assigne à la i.une (deux fois plus l(.in du Soleil «pie de la Terre) })araît correspondre à une condunaison iHimériqueoùilaura pcut-«Mrc V(uilii iniiler Anaximandrc. ])o\ir préciser à l'imagination la réparllliiui dans le cosmos des orandes masses distinctes, comme il avait prétendu aussi préciser, par exemj>l<', la composition des os. 11 es! clair, en eiïel, ([ue. pour lui, d'après la nature qu'il attribue à la Lum», celle-ci se trouve à très peu près à la limite su|)érieure de rahiiosphère terrestre.
Anaximandre avait placé les étoiles yu tiers, la Lune aux deux tiers de la distance de la Lune au Soleil: l'.irq.édocle devait natundlement intervertir la position assignée à la Lune en la plaçant au tiers de la distance (i), le reste de rinlervalle n'étant réservé que ])our les planètes. Si les mathématiciens de l'école de Pythagore avaient déjà spéculé, eux aussi, sur les intervalles de ces dernières, Knq)édocle aurait eu beau jeu pour les imiter; mais il ne semble aucunement l'avoir fait.
9. L'aperçu qui précède suIRt, en somme, pour prouver (pie la cosmologie d'Empédocle ne présente pas une véritable «uiginalité et que sa doctrine neuve sur les éléments ne lui a nullement donné l'occasion d'apporter ([uebpu^ modification sérieuse et valable aux conceptions antérieures. On en peu! dire autant de ses ojunions sur les ])hénomènes de la nature inorgani<pu' ; mais ce ne
(1) En supposant la Tonv spliérique, m a.liiicl tant qu'Enipédoclc prît, comme Thaïes, le diamètre du St.lcil pour la sept omt viiiji;tiè.me partie do son orbite, eniin en prenant approxinialivcmcnt, coiumo les anciens Grecs, 3 pour le rapport de la circonférence au diam.Mrr, il s'ensuivrait, d'après les indications mentionnées, que le rayon de l'orbite solaire serait d'environ A\o rayons terrestres, et le rayon de l'orbile lunaire de 8o rayons terrestres. Si ce dernier chiffre n'est guère supérieur (|ue d'un «piarl a la réalité, U n y a évidemment là qu'un simple hasard.
sont pas les sujets qui le captivent davantage. 11 s'attache surtout à la vie organique, aux problèmes de toutes sortes qu'elle soulève depuis la génération jus(pi'à la sensation. C'est un terrain qu'avant Anaxagore, les Ioniens n'avaient guère abordé, mais qu'en Italie Alcméon, puis Parménide, avaient déjà déblayé. Empédocle se rattache en fait à leur école, mais il développe avec amour les mômes cpiestions, y introduit des explications conformes à sa doctrine des éléments, qui se trouve ainsi amplement illustrée; enfin, sur nond^re de points, il donne libre carrière à son originalité.
Je ne me propose nullement d'étudier quelle a pu être, au point de vue scient iii(pie, la valeur de ses travaux dans ce domaine. Ils ap]>arliennenl en fait à rhistoirc des origines de la médecine grecque. Je voudrais seulement insister sur ce point que, si la docirine des quatre éléments a triomphé dans l'antiquité, c'est surtout grâce à l'accueil favoral)le qu'elle a reçu dans les écoles médicales; elle se prétait beaucoup mieux, soit que les doctrines monistes ioniennes, soit que les hypothèses vraiment scientifiques au fond, mais trop vagues comme forme, d' Anaxagore ou de Leuci|)pe, aux tentatives de coordinations théoriques dont l'art d'Asclépios commençait à sentir le besoin. Elle s'y combina dans la doctrine des tempéraments avec les oppositions du froid et du chaud, du sec et de l'humide, et c'est sous cette nouvelle forme (pi'elle nous ai)paraît dans Aristote, lui-même fils de médecin, tandis cpi^dle s'était proj^agée dans l'école italique et avait donné lieu, de la ]>art des mathématiciens pythagoriens, aux spéculalions géométriques que nous retrouvons dans le Timée de Platon.
Un pareil succès ju'ouve clairement que la conception d'Empédocle répondait à une nécessité scientifique de l'époque; il suppose aussi que son auteur avait su la développer de façon à séduire le juiblic auquel il s'adressait, non seulement par le charme de ses vers, mais aussi ])ar la valeur réelle de ses idées.
La pluralité des éléments, suivant un nombre plus ou moins restreint, peut avoir été soutenue avant lui; avoir fait triompher cette doctrine, (pii devait régner près de vingt siècles, est un titre de gloire inattaquable.
Comment Ein])édocle fut-il conduit à cette conception, nous n'en savons rien; en tout cas, historiquement, la valeur en est simj»lemen1 empirique, quelles que soient les raisons a priori sur
lesquelles Aristote a essayé de ra|)i)uyer. A Tidée ].iiniit ive du inonisiiie, id6e iueapable de se prêter an pn.jrrès de la seienee et déjà aeenlée dans l'inifKisse de l'idéalisine, elle opposait, eoinnic fait, la distiuetion familière à t(ms des trois états des corps : solide, lifpiido, îiérifonne, sauf à dédonl)l(M- la notion pins vaj^ne de ee dernier étal, de façon à pc.nvoir rendre coiniite des phénomènes de chaleur et de lumière. Kvidenunent, il y avait une anticipation illé<,nlime à allirmer cpie les coinhinaisons en proportions variées de ces (piaire éléments sullisaient ])our ex|)li<pier les iniKunhiables })ro|)riétés des corps naturels; mais, tant (pie rélude n'alla i)as plus avant, cette afTirmation satisfaisait.
Obscurément haltnc en l>rèche ])endanl le moyen àn;e par les conceptions alchimistes, ((ui n'allaient «ruère pcmrtant ({u'à au<rmenter de très pen le nombre des substances primordiales, l'anlKine thémie d'Empédocle devait subsister de fait jnsqu'à la création de la chimie moderru'. L'empirisme orossier l'avait suscitée, rex{)érience scientili<iue la dissipa sans retour [)onr lui substituer un pluralisme indélini, en face duipiel l'idée monisticpie peut se relever avec avantaoe. Si voisine, d'ailleurs, (pie soit de nous l'épo([ue où dominait enc(ue le (piaternaire d'lMi»péd(Mle, la conception en est désormais tellement éloijiiiée de nos habitudes d'esprit, (]ue nous avons ])eine à concevoir comment son règne a pu être si prolongé et si généralement reconnu, et ce n'est pas là un des moindres ])roblèmes (pi'ait encore à résoudre l'bistoire des sciences de la nature.
DOXOGRAPHIÈ D EMPÉDOCLE ['].
i. Tin'oi'Hu., fr. 3 {Simplic in physic, ^25, i i- Vois. ^201, i3-.>i). — De ceii.r qui (uiàtettent la pluralité des principes, les uns les re 'gardent conmte étant en nonthre fini, les autres comme en nombre infini. Parmi les premiers, les uns en supposont deux, comme Parméiiide sui^'ant V opinion, à sa^'oir le feu d la terre {ou. plutôt la lunhière et V obscurité), ou commue les stoïciens, à sas'oir dieu et la matière {le dieu n'étant d'ailleurs pas pris par eiur comme élément, nuiis
[l. Les renvois à B. (Bignone), soit pour la tloxographie, soit pour les fragments d'Empédocle, désignent Ettore Bignone, Empedocle, Studio Critiro, Traduzione e Commento délie Testimonianze e dei Frammenti, Torino, lOïC).]
coninio agent et la matière étant prise comme passive) ; d'autres en admettent trois, comme Aristote la matière et les contraires ; d'autres quatre, comme Empedocle d'Agrigcnte, qui survint peu de temps après Anaxagore et rivalisa avec Parménide, en se rapprocliant de lui, mais encore plus des pythaj^oriens. Il pose 1rs quatre ék'nicnls lorporels, le feu, lair, l'eau et la terre, commo éternels, tout en adint'tlani que la combinaison et la séparation en fassent varier la quantité eu plus <t m moins: mais il a on outre, pour les mouvoir, doux principes j)ro])iement dits, l'Amour ef la Haine; car les éléments doivent subir un mouvement allcriuilil", d<' coinbinaison ])ar lAmour, de séparation par la Haine. Ainsi, daj>rès lui, il y aurait six principes, car, dans tel passage, il attribue à l'Amour et à la Haine le pouvoir efTicient (vers G8-69), dans tel autre, il les ]>lace sur le même rang que les <piatre (vers 78-8J).
"1. Pini.osopin M., 3 (Vors. 205, i'?.-2i). — (i) Empedocle, venu après les j)ylbagoriens, a aussi longuement parlé de la nature des daimones, qu'il croit en très grand noml>re et occupés à administrer ce qui se passe sur la terre. II regarde comme principe de l'univers la Haine et l'Amour et h; feu intelligent d(; l'unité, le di<'u; d'après lui, tout est formé de feu, tout se résoudra en feu, dogme adopté j)ar les stoïciens, ([ui s'attendent donc à un embrasement. — {'?.) (''est, de tous, lui ([ui avoue le plus complètement la métempsycose (vers 11-1'2). — (3) Ainsi il affu-m'^ que les âmes passent dans les corps de tous les animaux. Son maître Pytliagore avait dit qu'au siège de Troie il avait été Eupliorlie; il avait prétendu reconnaître son bouclier. Voilà pour Empedocle (ï).
S. Ps.-Pm T. iStronuit., lo. Vois. 204, 3")-20.3, ii). — Empedocle d'Agrigent»' admet quytre éléments, le feu, l'eau, l'éther et la terre, avec leur cause, l'Amour et la Haine. De la cond)inaison primordiale des éléments s'est d'abord séparé l'air, qui s'est répandu tout autour en cercle; après l'air, le feu s'est dégagé, mais, ne trouvant plus d'autre place est monté au-dessous de la concrétion formée par l'air, Il y a, autour de la Terre, deux liémispbères qui tournent circulairement, l'un dont l'ensemble est de feu, l'autre qui est mêlé d'air et d'un ])eu de feu; c'est ce dernier qui fait la nuit. Le commencement du mouvement a résulté de la rupture d'équilibre entraînée par la réunion du feu. Le Soleil n'a nullement une nature ignée; c'est un reflet du feu, semblable à celui qui se produit sur l'eau. La Lune a été constituée par de l'air entraîné par le feu; cet air s'est concrétionnc comme de la grêle; la lumière de cet aslrc vient du Soleil. Le principat n'appartient ni à la tête, ni à la poitrine, mais au sang; aussi les Iiommes ont des supériorités différentes suivant les parties du corps où le sang afflue en plus grande quantité.
4'. Epiphane, 111, T9 (Dox. 591, B. 52 a). — • Empedocle, fds de Méton, d'Agrigente, introduisit les quatre éléments primitifs, feu, terre, eau, air. Il dit
(^) Ce passage des Philo sophumena vient de la même source suspecte que celui relatif à Heraclite.
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— f)3-2 qu'il V a .l'abord eu haine des élém.-nts; rar ils anraieul, suivaul lui, été s'.parcs i loriRino, mais maintcnani ils sont unis par un an.onr rec,,,ro,,ue.
Ainsi il reconnaît aussi comme ,.rinei,.es d.uN lo, s, la lla.ue et 1 Amour,
l'une attractive, l'autre répulsive.
5 Hi KMiAS, 8 (Dox. 653). — l^n face se Presse l-nipcMloci.- frémissant; du haut de l'Etna, il pousse de gran<ls cris : « L.'s principes <le lunivers sont la Haine et l'Amour, l'un réunit, l'autre sépar.; c'est leur luMc qui ia.t toutes .hoses. .Je déiinis celles-ci comme scn.hlahlcs et disseml,lai>lcs, mlnues et Ji.uitées. éternelles et en devenir. Ilravo, Kn^péducle ! je te suivra, jusqu au cratère en feu.
0 C.cKRON [De deor. naL, I, i >, Dox. l^). - - Kmpédocie a commis bien des erreurs, nuiis c'est sur les dieux cpi'il s'est le plus honleusetueul trompe. Car les quatre éléments, dont il compose toutes clios<'s, sont <l.vins a >e. yeux, alors qu'ils sont évidemment soumis à la cçénération comme a la destruction et (pi'ils sont absolument insensibles.
7 AÉTius, I, i (Vors. :m, •..H-3i). l-nM^édoele, (ils de Méton, d'Agri-
..nte, admet quatre éléments, feu. air, .au, terre, et deux forces V^l^^:;-^- ['Amour et la Haine, l'une qui unit, l'autre qui sépare. Il dit : (vers 1.9-161) Il appelle Zeus l'ébullition et l'éther, lléré viviliante lair, Ai^lo^eusk terre () Nestis et fontaine humaine désignent la semence et l'eau. - J (-UÏS, ;)• Kmpédocie : T.e monde est un, nmis ce n'est pas lunivers: il n'en est qu une ,,;.titc. partie, le reste est de la matière inerte. ; (^05, .V.;). Kmpédocie (?) adniet comme étant l'un la nécessité, comme sa matière les quatre éléments, comme formes la Haine et l'Amour: il considère conmie dieux les éléments et le monde que constitue leur mélange, ainsi que leur réunion primitive et fiuale sous une seule forme; il regarde comme divines les âmes et comme «livins les purs qui participent purement aux Ames.
8 AÉTirs I (^207, '25-39.). — l3. l.mpédoch' reconnaît avant les quatre éléments des' particules mininxa cp.i sont comme des éléments homéomères antérieurs aux éléments. - l'). La couleur est ce qui s'a<lapte aux pores de H vue [11 V en a quatre, comme il y a quatre éléments : blanc, noir, rouge, vert (?)]. — 17. 1: mpédocle et Xénocrate composent les éléments de molécules plus petites, (lui sont des minima et comme ,les éléments d'éléments.
9 Aftius I - 18. Kmpédocie : Il n'est «lans l'univers vide ni superflu - M. (Voir Dorogr. d\Anaa'anore, 10). - .6 (^207, 3q|. T.a nécessité est la cause <,ui met en œuvre les principes et les éléments. -- 3o. Il n'y a naissance de rien, mais combinaison et séparation <b-s éléments; il écrit dans le premier livre des Physiques (vers 98-104).
(1) Les Allégories homériques, Stobée, etc., intervertissent les noms mythiques de l'air et de la terre.
iO. AÉTius II, — I (Dox. 327). Le monde est un. — (Vors. 208, 38). La route circulaire du soleil décrit la limite du monde. — 4 (209, 11). Le monde naît et se détruit suivant la prédominance de la Haine ou de l'Amour.
11. Aktius, il — 6 (Vers. 208, 3o). L'éther s'est dégagé le premier, le f<'u a suivi, puis la terre, de laquelle l'eau a jailli sous la pression énorme du tourbillon; par vaporisation l'eau a fourni l'air. Le ciel est formé par l'éther. le Soleil vient du feu, les environs de la Terre sont feutrés des autres éléments, -- 7 (206, I 7). Kmpédocie a dit que les lieux des éléments ne sont pas toujours constants et déterminés, mais qu'ils s'échangent réciproquement [Achille : en sorte que la terre soit emportée en haut et le feu en bas).
12. Aktius, IL — 8 (Vors. 210, 10). L'air cédant à l'elfort du soleil, le pôle arctique s'est déplacé, le côté du Nord a été élevé, celui du Sud abaissé, et par suite le monde entier s'est trouvé incliné. — 10 (209, i). La droite du monde est au tropique d'été, la gauche au tropique d'hiver.
13. AÉTius, II (Vors. 209, 3-5, 24-9.7). — 11. Le ciel est solide, formé par une concrétion de l'air semblable à la glace et au-dessus du feu ; il renferme l'igné et l'aérien séparés en deux liémisphères. — i3. Les astres sont du feu et proviennent de l'igné enveloppé par l'air et qui en a été exprimé lors de la séparation primitive. — Les étoiles fixes sont attachées au crystal, les planètes sont libres.
14. AÉTius, II (Vors. 209, 39-39). — 90 II y a deux soleils : l'un archétype, feu qui remplit constamment l'un des deux hémisphères du monde et se reflète au sommet de cet hémisphère; l'autre, le soleil apparent, est ce reflet même < invisible > dans l'autre hémisphère rempli d'air mêlé de feu, et qui, produit par réflexion de la terre circulaire! à la voûte crystalline, est entraîné par le mouvement de l'igné. Pour parler plus brièvement, le Soleil est un reflet du feu, entourant la Terre. — 9i. Kn tant que reflet, le soleil est égal à la terre. — (210, i2-l5) 93. Le retour du soleil aux cercles tropiques a lieu parce que la sphère qui le renferme l'empêche d'aUcr toujours en ligne droite. — 24. L'éclipsé se produit lorsque la Lune passe au-dessous.
15. AÉTIUS, II (Vors. 210, i6-95). — 95. La Lune est de l'air épaissi, analogue à un nuage et concrétionné par le feu, en sort,e qu'elle est mélangée [i].— 27. Sa forme est celle d'un disque. — 98. Klle est éclairée par le Soleil. — '31. Elle est deux fois plus éloignée du Soleil que de la Terre. — (208, 35). La hauteur de la Terre au ciel, ou l'élévation à partir d(; nous, est inférieure à la dimension suivant la largeur, le ciel étant plus développé dans ce sens, et le monde ayant une forme analogue à celle d'un œuf.
16. AÉTIUS, III. — 3 (Vors. 210, 33). Le tonnerre provient de la lumière qui tombe sur une nuée et en chasse l'air malgré sa résistance, le bruit est dû à l'extinction et à l'écrasement de cet air, l'éclair à l'illumination, la
[i. Sur ce passage, cf. Bignone, 348, n. L]
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