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CHAPITRE XII. — ANAXAGORE DE CLAZOMÈNE (d

Quand enfin celle-ci aura pu s'en débarrasser, après quelques tâtonnements incertains, l'antique doctrine de Leucippe apparaîtra comme le seul port de salut; le trait de génie d' Anaxagore restera oublié, et ses idées seront condamnées à attendre dans l'oubli qu'on tente de les soumettre à leur tour à l'épreuve de nos théories.

DOXOGRAPHIE D'ANAXAGORE

1. Théophr., fr. 4 (Simplic. in physic, 6 b). — De ceux qui admettent des principes en nombre infini, les uns les supposent simples et homogènes, les autres, composés, hétérogènes, contraires et caractérisés par ce qui y prédomine. Anaxagore, fils d'Hégésiboule, de Clazomène, après avoir suivi la philosophie d'Anaximène, fut le premier à réformer les opinions touchant les principes et à les compléter par la cause qui faisait défaut. D'un côté, il multiplia à l'infini les principes corporels; en effet, tous les homéomères, comme Veau, le feu ou l'or, seraient inengendrés et impérissables ; ils paraîtraient naître et se détruire par suite de simples compositions et décompositions, tous étant dans tous, et chacun étant caractérisé par ce qui y prédomine ; ainsi ce qui paraît comme or contiendrait de Vor en plus grande quantité, mais tous les autres principes y coexisteraient également. Anaxagore dit en effet : « Dans tout il y a une part de tout » et « chaque chose est, pour V apparence, ce dont elle contient le plus. » Théophraste dit qu'en cela Anaxagore se rapproche d'Anaximandre; il dit en effet que, dans la décomposition de l'« infini », les similaires se réunissent, que la formation de l'or ou de la terre fut possible, parce qu'il y avait dans l'univers de l'or et de la terre; de même, pour chacune des autres choses, il n'y aurait pas eu naissance, mais préexistence dans le tout. D'autre part, Anaxagore, comme cause du mouvement et de la genèse, posa l'intelligence, grâce à laquelle la séparation engendra les mondes et la nature des divers êtres. A le prendre ainsi, dit Théophraste, il semblerait admettre les principes matériels en nombre infini, comme on l'a dit, mais pour le mouvement et la genèse, une cause unique. Si donc on considère le mélange de toutes choses comme une seule nature indéterminée de forme et

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de grandeur, ce qu'il parait vouloir dire, il n'aurait de fait reconnu que deux principes, la nature de l'« infini » et l'intelligence; en même temps, pour les éléments des corps, il se rapprocherait tout à l'ait d'Ànaiimandre.

i 2. Théopiir., fr. 19 (Aétius II, 29). — Anaxagore, dit Théophraste, attribue aussi la défaillance de la lune à ce que parfois il y aurait interposition de corps situés au-dessous d'elle.

3. Théophr., fr. 23 (Alex, in meteor., 91 a). — Il y a sur la mer une troisième opinion, que l'eau filtrant à travers la terre et la lessivant, devient salée, parce que la terre renferme de pareilles saveurs; on en a donné comme preuves les mines de sel et de nitre, et les saveurs acres (des eaux) que l'on rencontre en différents endroits de la terre. Cette opinion fut soutenue par Anaxagore et Métrodore.

4. Philosophum., & — (1) Après Anaximène vient Anaxagore, fils d'Hégésiboule, de Clazomène. Il dit que le principe de l'univers est l'intelligence et la matière, l'intelligence comme agent, la matière comme passive. Car toutes choses étant confondues, l'intelligence survint et les ordonna en les séparant. Les principes matériels sont en nombre infini et en même temps d'une petitesse infinie. — (2) Tout en général participe au mouvement dû à l'intelligence et les semblables se sont réunis. L'ordonnance du ciel résulte du mouvement circulaire; le dense, l'humide, l'obscur, le froid et en général tout ce qui est lourd, s'est réuni vers le milieu et s'y est figé, ce qui a formé la terre ; les contraires, le chaud, le lumineux, le sec, le léger se sont portés vers le haut de l'éther. — (3) La forme de la terre est plate; elle reste suspendue par suite de sa grande largeur et parce qu'il n'y a pas de vide; Pair est dès lors assez fort pour supporter la terre. — (4) Le liquide de la terre a formé d'une part la mer et de l'autre les eaux intérieures; une partie a donné naissance à des vapeurs qui sortent aussi du cours des fleuves. — (5) Les fleuves sont alimentés tant par les pluies que par les eaux que renferme la terre; car elle est creuse et contient de Peau dans ses cavités. Le Nil grossit en été par les eaux qui. descendent de la fonte des neiges d'Ethiopie. — (6) Le soleil, la lune et tous les astres sont des pierres incandescentes entraînées par la révolution de Péther. Le soleil et la lune sont au-dessous des astres, et il circule aussi au-dessous des corps qui nous sont invisibles. — (7) La chaleur des astres n'est pas sensible à cause do leur grande distance de la terre; ils ne sont pas d'ailleurs an

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