‹ Pour l'histoire de la science hellèneChapitre 170 sur 209 · CHAPITRE XII. — ANAXAGORE DE CLAZOMÈNE (d · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII. — ANAXAGORE DE CLAZOMÈNE (d

chauds que le soleil, parce qu'ils occupent une région plus froide. La lune est plus basse que le soleil et plus voisine de nous. — (8) Le soleil surpasse le Péloponnèse en grandeur. La lune n'a pas de lumière propre; elle est éclairée par le soleil. Les astres tournent en passant sous la terre. — (9) Les défaillances de, la lune sont dues à l'interposition de la terre et parfois à celle de corps inférieurs à la lune; le soleil s'éclipse aux nouvelles lunes, par suite de l'interposition de la lune. Les retours (aux tropiques) du soleil et de la lune sont occasionnés par la résistance de l'air; ceux de la lune sont plus fréquents parce qu'elle ne peut aussi bien triompher du froid. — (10) Anaxagore a le premier déterminé ce qui concerne les éclipses et les phases; il a dit que la lune est une terre et qu'elle présente des plaines et des précipices. La voie lactée est l'effet de la lumière des astres qui ne sont pas offusqués par le soleil. Les étoiles filantes sont comme des étincelles qui sautent par suite du mouvement du ciel. — (11) Les vents proviennent de l'air dilaté par le soleil et des embrasements qui montent vers le ciel et qui descendent. Le tonnerre et les éclairs sont dus au chaud qui tombe sur les nuages. — (12) Les tremblements de terre sont occasionnés par l'air supérieur tombant sur celui qui est au-dessous de la terre; celui-ci étant mis en mouvement, la terre qu'il supporte est ébranlée. Les êtres vivants sont d'abord nés de l'humide, et après cela, les uns des autres; les mâles se produisent quand la liqueur séminale venant du côté droit, s'attache à la partie droite de la matrice; pour les femelles, c'est le contraire. — (13) Il florissait 01. 88,1, temps où l'on dit que naquit Platon. On attribue des prédictions à Anaxagore.

5. Épiphane, III, 4. — Anaxagore, fils d'Hégésiboule, de Glazomène, a dit que les principes de toutes choses sont les homéoméries.

6. Hermias, 6. — Lorsque Anaxagore me prend, voici ce qu'il m'enseigne : « L'intelligence est principe de toutes choses, cause et maîtresse de l'univers, elle donne l'ordre au désordonné, le mouvement à l'immobile, sépare ce qui est mêlé, fait un monde de ce qui est confus. » Un tel langage me plaît et j'adopte cette opinion.

7. Cicéron (De deor. nat., 1, 11). — Puis Anaxagore, qui reçut les enseignements d'Anaximène, a le premier attribué la distinction et l'ordonnance de toutes choses à l'action raisonnable d'une intelligence infinie. Il n'a pas vu qu'il ne peut y avoir dans l'infini de

mouvement joint et inhérent à un sentiment, ni pas davantage de sentiment que n'éprouverait pas la nature tout entière. D'autre part, s'il a voulu que cette intelligence fût comme un être animé, ce sera quelque chose d'intérieur, d'après quoi cet être animé sera nommé. Car qu'y a-t-il de plus intérieur que l'intelligence? Il faut donc l'entourer d'un corps extérieur. Mais cela ne lui plaît pas, et son intelligence, pure et sans mélange, sans adjonction de rien qui puisse lui procurer un sentiment, paraît dépasser les forces de notre pensée.

8. Aétius, I. — 3. Anaxagore, fils d'Hégésiboule, de Clazomène, a affirmé que les homéoméries sont principes des êtres. 11 lui a paru tout à fait inexplicable que quelque chose devint du non-être ou périt en non-être. Or, nous prenons une nourriture qui a une apparence simple et uniforme, soit le pain, soit l'eau. De cette nourriture s'alimentent les cheveux, les veines, les artères, la chair, les nerfs, les os et toutes les autres parties. Il faut dès lors confesser que dans la nourriture que nous prenons coexistent toutes choses et que toutes choses peuvent, par suite, s'en augmenter. Ainsi cette nourriture contient des parties génératrices de sang, de nerfs, d'os, etc., parties qui ne sont reconnaissables que par la raison; car il ne faut pas tout réduire aux sens, qui nous montrent que le pain et l'eau forment ces substances, mais reconnaître par la raison qu'ils en contiennent des parties. De ce que ces parties contenues dans la nourriture sont semblables aux substances qui en sont formées, il les a appelées homéoméries et a affirmé que c'étaient là les principes des choses,, les homéoméries comme matière, et l'intelligence qui a ordonné l'univers comme cause efficiente. Il débute ainsi : Toutes choses étaient ensemble, l'intelligence les a séparées et ordonnées. Il faut l'approuver en ce qu'à la matière il a ajouté l'artisan.

9. Heraclite (Allêg. homér., 22). — Anaxagore de Clazomène, qui par succession appartient à l'école de Thaïes, ajouta à l'eau comme second élément la terre, pour que l'union du sec et de l'humide produisit par tempérament la concordance des natures opposées. L'origine de cette opinion remonte aussi à Homère, qui a fourni à Anaxagore le germe de son idée, en disant :

Mais puissioz-vous tous devenir tejrre et eàu !

Kii effet, tout ce qui provient de certains éléments s'y résout également par la destruction, comme si la nalure redemandait à

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