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SPÉCULATIONS SYSTÉMATIQUES

Deux théories définies et systémalisées me paraissent devoir être rattachées à la doctrine de l'amour anti-naturel et annihilateur. L'une a rapport à ,l'ordre de la charité“; l’autre, à l'acte de charité parfaite.

La question, classique au Moyen Age, utrum debeamus magis À

ic : : : : : Théorie de 3 [ # rpQ mo » A0 / 207 1 & diligere meliores quam nobis coniunctiores 1), est susceptible de deux pre de tu

Charité.

1) L'origine de la question est dans un chapitre de $S. Augustin, De Doctrina christiana I. 28 (n. 29) — PL. 34. 30. — Lorsqu'on connut /’Ethique à Nicomaque, on put citer sur un problème tout semblable l'opinion d’Aristote (Eth. IX. 2. 1164b): et S. Thomas se réfère expressément à la solution indiquée par lui (24 2nc q. 26 a. 8, et passages parallèles), On trouve dans les Scolastiques quelques lambeaux de textes scripturaires ct patristiques qu'ils

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solutions qui mettent nettement en relief les deux conceptions de l'amour que nous essayons de définir. La solution de S. Thomas est, si l'on peut user de ce mot, relativiste 1). Il reconnait sans doute qu'à celui qui est meilleur et plus proche de Dieu nous devons vouloir un plus grand bien, car la charité ne peut désirer autre chose, que de voir s’accomplir la justice. Mais il ajoute que l'intensité du sentiment d'amour doit dépendre des rapports plus ou moins étroits qui nous lient aux autres hommes. Cette réponse s'accorde parfaitement avec la théorie du tout et de la partie, que nous avons exposée plus haut: pour que l'harmonie totale, pour que la vie ordonnée soit maintenue partout, il faut que chaque atome désire le bien du tout à sa manière, et s'efforce constamment de le procurer dans le cercle de son action. La partie gardant son individualité de partie, S. Thomas peut dire: ,Garitas facit hominem conformari Deo secundum preportionem, ut scilicet ita se habeat homo ad id quod suum est, sicut Deus ad id quod suum est“ (22 22e q. 26 a. 7 ad 2). (Dans le même sens il dit encore: Bonum totius diligit quidem pars secundum quod est sibi conveniens; non autem ita quod bonum totius ad se referat, sed potius ita qüod se ipsum refert in bonum totius (21 22e q. 26 a. 3 ad 92). C'est ce qui n’a plus de sens dans la conception extatique: il n’y a plus de suwm, l'être s’est vidé de lui-même; l’homme qui aime Dieu s’est transporté au centre de tout, il n’a plus d’autres inclinations que celles de l'Esprit absolu; il doit aimer, de toutes façons, ce qui est meilleur, il est comme identifié à la Raison pure. Cette manière de voir force de répondre au problème de l'ordre de l'amour par une solution centraliste. — On avouera que chaque homme doit s'occuper davantage de ce qui le regarde, et ne pas laisser là ses proches pour courir au service des étrangers qui sont plus saints; mais cest là l'exhibitio operis, entièrement distincte de la caritas ou de citaient à propos de la même question, p. ex. Proverbes 18. 24; Ambroise, De Officiis L. 80 etc. — Julianus Pomerius (au ch. XV. n. 2 du de Vita Contemplativa, jadis attribué à $. Prosper — PL. 59. 497) favorise nettement la solution de S. Bernard.

) Voir la solution de S, Thomas 2a 2e: q. 26, et spécialement l’article 13 (Utrum ordo caritatis remaneat in patria), qui représente un grand progrès sur la solution des Sentences (3.4. 81 q. 2 a. 3). Fran

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la dilectio; ee n'est que dans l'action sèche qu'on pourra se rappeler qu'on est soi-même: le fond du cœur ne doit adhcrer aux créatures que dans la mesure où elles-mêmes adhèrent à Dieu. Cette solution semble avoir été générale au XIL° siècle !); l’école d'Abélard est ici d'accord avec l'école de Clairvaux.

Utinam et in me Dominus Jesus tantillum ordinet caritatis quod dedit; ut sie mihi sint universa quae sunt ipsius, ut tamen quod mei polissimum propositi seu officii esse consliterit, ante omnia curem: sed sane ila id prius, ut lamen ad multa, quae mihi specialiter non attinent, afficiar amplius ... Nonne, verbi gratia, ex iniuncto incumbit mihi cura Omnium vestrum?... Quod si ante omnia quidem, ut debeo, huic intendo curae, non autem magis ad maiora gaudeo Dei lucra, quae per alterum fieri forte comperero, patet me ordinem caritatis ex parte tenere, ex parte nequaquam. Si vero me et ad id amplius, quod specialius incumbit, sollicitum, et nihilo minus ad illud quod maius est, magis affectum exhibeam, utrobique profecto invenior caritatis ordinem assecutus etc. (S. Bernard, Serm. in Cantic, 49. 6 — PL. 183. 1019).

Hic ... est ordo carilalis, et languentis legitimus terminus amoris ...cum omni homine secundum Deum foedus habendum naturae et bonae voluntatis, ad semel ipsum vero, et ad proximum sicut ad se ipsum affectus religiosi amoris, ut proximus sit quicunque domesticus est fidei et in proximis plus ille diligatur, ut propinquior, qui Deo, in quo proximus est et diligitur, vitae merito et pielatis affectu comiunctior invenitur ... Sie qui ordinatae caritatis est, diligit Dominum Deum suum, et in ipso se ipsum, et proximum suum sicut se ipsum, ipsa qualitate, ipsa quantitate. Nam etsi maior forsitan est perfectio caritatis in ipso quam in proximo, tantam utique in eo fore desiderat, quantam amplectitur in semet ipso. Si vero maiorem eam deprehendit vel aestimat apud proximum, dulcius eo in Deo fruitur, et plus eum, ut dictum est, observat, quam semet ipsum ... Hic est ordo caritatis a lege spiritus vitae ordinatus . .. et in ipsa hominis ratione naturali quodam schemate a Deo deformatus (Guillaume de $S. Thierry, Expos. in Cantic. c. II — PL. 180. 518, 519).

Sic siquidem ordo in caritate servalur, ut pro merilis et pro convenientia cuiusque magis vel minus in diversis gradibus eos diligamus.

1) Il] y a des exceptions. Aelred de Rye, par exemple, propose une solution plus nuancée, assez originale, et qui touche, en un point, la solution thomiste (Speculum Caritatis 1. 3 c. 38: aut carne propinquior : .. aut anicitia gratior ... — PL, 195. 617 — Cp. De Spirituali Amicitiu lib. IIT — PL. ib. 697 D). Il a soin aussi de distinguer, à propos de l'ordre de l'amour, entre la charité volontaire et les sentiments qui ne sont pas en notre pouvoir (ib. €, 19 — 1. c. 594). Guillaume d'Auvergne (De Virtut. c. 9 t. 1 125 b. B) résout la question dans le même sens que $. Thomas.

Théorie de la Mharité parfaite.

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Notandum tamen quod cum talem ordinem in dilectione retinere debeamus, quod magis debeam diligere aliquem religiosum, quam patrem meum qui non est adeo religiosus, in exhibitione profecto caritatis aliter est faciendum, quia, si non possum utrique sufficere, illi sane subtraham et patri meo tribuam. Magis enim in exhibitione me ad eos, quorum curam gero, extendere debeo, nec lamen propter hoc tantum patrem meum quantum illum diligo (Epitome theologiae christianae [jadis attribué à Abélard] C. 32 — PL. 178. 1749).

Quod ... dicitur: his potissimum esse suboeniendum, qui sunt nobis contuncti, etc., in eo casu loquitur, quando sunt fideles et iusti (Alexandre IT Sententiae. ed. Gietl. Fribourg en Brisgau 1891, p. 320. — Il s’agit du texte d'Augustin De Doctrina Christiana. EL 28) !).

On a le droit de reconnaître à l'accord de ces écrivains une valeur significative, et d'y voir autre chose qu'une rencontre accidentelle où qu'une preuve qu'ils se copiaient. La conception de la valeur absolue des amours bien ordonnés se rencontre ailleurs. C'est elle, par exemple, qui inspire l'auteur de ?’Æpitre aux Frères du Mont-Dieu, quand il écrit:

Tuum parentem ...quem tu veraci et ardenti amore diligis, affectas ut omnes diligant, et non minore amore quam tu eum diligis. Idem ego de meo amico sentio, volo atque desidero; idem omnes alii de amicis suis (3. 3. 12 — PL. 184. 360).

Cette naïve sentence, si fausse psychologiquement, suppose à l'évidence que l’amabilité est, pour lauteur, une qualité absolue: la distinction aristotélicienne du quinrdr roûde et du äxli®s qunrér (que le XIIIe siècle entendra même des ,amours ordonnés“) ne fait partie ni de son acquis scolaire, ni de sa pensée implicite. |

La question de l'amour parfait et de son rapport à l’amourpropre, qui devait être agitée plus d'une fois dans l'Eglise, et qui évoque tout naturellement, dans la mémoire du lecteur francais, les noms de Bossuet et de Fénelon, divisait déjà les esprits au XIIe siècle. L'amour de Dieu et l’amour de soi sont-ils irréductibles? Ne faut-il pas plutôt dire qu'ils coïncident, et que l'amour de Dicu n'est pas autre chose qu'un amour de soi bien dirigé, sainement entendu? Ce sont les deux conceptions extrémes, qui peuvent servir à un classement grossier et provisoire

) V. encore la Summa Sententiarum attribuée à Hugues de S. Victor Lac PL IT 6100;

Second caractère, Violence de l'amour. 78

des théories sur la matière, Deux hommes, au XII siècle, annoncent..les deux groupements différents, un dialecticien et un mystique, Abélard et Hugues de Saint-Victor. C’est le dialecticien qui exige un amour entièrement désintéressé, et faisant abstraction de tout élément de nature; le mystique, au contraire, déclare impensable un amour de Dieu séparé de l'amour de soi; il réduit à l'unité les deux tendances qu’oppose constamment la littérature ascétique.

Si l'amour est essentiellement dualiste, extatique, annihilateur, il est clair que son idéal est l’absolue gratuité. Partisan décidé de la conception dualiste (v. p. 59), Abélard est ici d’accord avec lui-même. H est court sur la question qui nous occupe, mais suffisamment clair.

Sans doute, dans l’/ntroductio ad theologiam (1... €. 1 — PI. 178. 982— 983), ses affirmations sur ce sujet n'ont rien de choquant.

Mais il pousse beaucoup plus loin, dans une page du Commentaire sur l’Epître aux Romains, les exigences du désintéressement. Il commence par décrire celui du Christ.

Tam sincera enim cirea nos Chrisüi dilectio exstitit, ut non solum pro nobis morerelur, verum etiam in ommnibus, quae pro nobis egerit, nullum suum commodum, vel temporale vel aeternum, sed nostrum quaereret; nec ulla propriae remunerationis intentione sed totum nostrae salutis desiderio egit (Expos. in Ep. Pauli ad Rom, IL. 3. in cap. 7? — PL. 178. 891).

C'est ainsi, dit l'auteur, qu’il faut faire; agir autrement, c’est être ,quasi mercennarius, licet in spiritualibus“*, ce n’est plus avoir de la charité, c’est être soumis à Dieu ,par avarice, et non par grâce“. Il cite plusieurs textes d'Augustin, exaltant l'amour gratuit“ et présente ainsi l'objection que ces textes mêmes suggèrent contre sa doctrine:

= At fortasse dicis quoniam Deus se ipso, non alia re, est remuneraturus, et se ipsum, quo nihil maius est, ut beatus quoque meminit Augustinus, nobis est daturus. Unde cum ei deservis pro eo quod exspectas ab eo, id est pro aeterna beatitudine bi promissa, utique propter ipsum id pure ac sincere agis (1. c. 892).

Mais il écarte cette explication, et répond en affirmant de nouveau la nécessité d’un désintéressement radical. Il refuse aussi (L c. 893) de se rendre aux textes scripturaires qu'on peut lui opposer. Il ne veut pas admettre que, puisque Dieu lui-même

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est Ja récompense, on l'aime pour lui-même en aimant la récompense. Il prétend, en somme, que, si l’homme veut aimer purement, il faut que sa volonté vise en Dieu un certain #n se mystérieux et intime, où la nature divine soit considérée abstraction faite de loute communication réelle ou possible aux esprits finis. Dieu doit être aimé ,quia, quicquid mihi faciat, talis ipse est qui super omnia diligendus est“. Il est ,cause entière de dilection“ parce que ,integre semper et eodem modo bonus in se et amore dignus perseverat“ (l. c. 892). L'’aimer parce qu'il aime, c’est mériter la sentence portée dans l'Evangile contre ceux qui aiment par intérêt propre (ibid). L'aimer pour ses bienfaits, c’est lui donner un amour moins noble que ne sont, même dans l’ordre naturel, certaines de nos affections (1. c. 893). —- Abélard donc retranche et coupe, autant qu'il le peut, toutes les raisons d'aimer Dieu qui ont leurs racines dans notre nature et dans notre étre. Il me semble voir dans sa doctrine la contradiction rigoureuse de celle que nous avons entendu proclamer par S. Thomas: ,Si Dieu n'était aucunement le bien de l’homme, l’homme n'aurait aucune raison d'aimer Dieu.“

On a vu avec vraisemblance un compte-rendu de l'opinion d'Abélard dans l'exposé qu’ Hugues de S. Victor met dans la bouche de certains adversaires. (stulti quidam) au livre de Sacramentis :

Diligimus Deum et servimus illi: sed non -quaerimus praemium,

ne mercennarii simus; eliam ipsum non quaerimus .... Pura enim et gratuita et filiali dilectione diligimus, nihil quaerimus . .. Diligimus

ipsum, sed non quaerimus aliquid, etiam ipsum non quaerimus quem diligimus (De Sacramentis. 1. IL p. XI €. 8 — PL. 176. 534).

Mais Hugues de Saint Victor n'arriva pas à détruire la conception qu'il combattait. Nous la retrouvons au XIII siècle, chez des auteurs qui jouissent d’un parfait renom d’orthodoxie, Guillaume d'Auvergne, Alexandre de Halès, S. Bonaventure.

Guillaume d'Auvergne, après avoir établi l'existence, chez les êtres raisonnables, d'un amour de reconnaissance qui les porte à aimer leur créateur plus qu'eux-mêmes, et qui est ainsi parfaitement distinct du simple amour de convoitise, affirme la possibilité, et, chez les natures non déchues, la présence d’un certain amour ,gratuit*, qui fait abstraction de tous les bienfaits

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de Dieu, et l'aime uniquement pour la bonté qu'il a en lui-même. (, Absolute: in Deumn, in eo quod Deus, vel in eo quod bonus“, et non pas ,in eo quod Deus eorum, vel in eo quod bonus in cist. — De Virtutibus c. 9, 198 b. C et A).

Cireumscriptis enim beneficiis non amarelur ut bencfactor vel in eo quod benefactor . . .ista dilectio esset gratuïta, quoniam absque venalitate ulla, et nihil prorsus habens negotialionis . . . esset etiam recta, id est nec habens curvitatem, nec deflexionem . . . etiam esset gratia ab eo quod est gratis ‘) et esset donum veri nominis, et amor datus purissima ac sincerissima datione ... In spoliatis substantiis . .. non dubilamus amorem huius modi et esse, et abundare (128 b. 129 a).

Voici comment il oppose les trois espèces d'amour:

Iste amor est in creatorem, ut creatorem, et ut patrem, et ut datorem omnium bonorum ...et istum amorem vocamus, qui est prima species amoris, amorem débitum: iste igitur amor est sicut amor gralitudinis, et debitus,. et redditus. Secundus amor, sive secunda species. ,. est amor venditus pretio ipsius amati, qualis est amor voluptalis, divitiarum, et honorum, et-aliorum omnium, quae propter se solum quaeruntur. Tertius amor est deditus, seu donatus etc. ... qui est non vendens, sed donans, nec venditus, per quem non intenditur bonum amanli, sed amato (128 a BC).

Alexandre de Halès adopte lui aussi cette triple division; il dit exactement la même chose en moins de mots:

1) Guillaume tient beaucoup à inculquer qu'un pareil amour ,gratuit* peut se trouver en dehors de l’ordre surnaturel: ,Esset gratia ab eo quod est

gratis . .. Verum tamen non esset gratia ullo [illo?] modo, quae media est inter naturam et gloriam, et arra ipsius gloriac , . . neque consequens est, si

isto modo diligatur Deus super omnia et gralis, quod iste amor caritas sit, et gratuita illa dilectio, quae gratos Deo, atque acceptabiles, atque regno caelorum dignos facit* (1. c. 128—129) (Cp. De Meritis. même tome, 811 a. C. De Virtutibus. ec. 15. 169. A). Les hommes, depuis le péché originel, ne peuvent plus avoir pour. Dieu cet amour naturel et gratuit (129 a. A), mais ils peuvent l'éprouver pour certains objets aimables du monde terrestre: ,Quod autem dilectio grativa seu gratuita quaedam etiam naturalis sit, manifestum est a sensu: nullus enim hominum tanta est maligna perversus corruptione, ut bonum non diligat, bonum dico hominem eum ei innotuerit . . . et generaliter verum est, quod ait sanctus et sapiens Augustinus, quia amor boni et notio eiusdem naturaliter nobis indita sunt“ (129 b. B. C). — Il n’est pas nécessaire de faire remarquer combien naïvement ces derniers mots décèlent la contradiction interne de la pensée de Guillaume (Cp. encore 128 b. C: ,si apprehenderet divi- nitatem, aut bonitatem ipsius. “ — Le fait même qu'un bien peut être perçu par nous montre qu'il ne peut nous être ,étranger*).

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*Dilectio gratuita diligit sammum bonum ponendo finem in illo; libidinosa diligit creaturam, sive mutabile bonum, ponendo finem in ea: unde diligit mutabile bonum propter se; dilectio vero naturalis diligit summum bonum, sed propter se, id est propter diligentem: unde ratio dilectionis constituilur in creatura ipsa intellectuali vel rationali (2 p. Ho e11 2702). 3

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