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VUE D ENSEMBLE

Les vœux de l'Église et l'Union des catholiques.

Les multiples documents que nous citerons plus loin (documents émanés du Saint-Siège, de l'Épiscopat français, italien, américain, espagnol, polonais, etc.) ont attiré l'attention des fidèles sur Turgente nécessité de donner sa pleine valeur religieuse, sociale et civique à l'Action catholique par un grand effort méthodique d'union.

Les adversaires de la religion et de l'ordre social ont partout donné à leur action une base nationale et internationale. Cela est vrai de la franc-maçonnerie, du socialisme, du communisme... C'est sur ce terrain-là qu'il faut nous organiser à notre tour, ou notre défense sera vouée à l'impuissance (1).

(1) Par exemple nous assistons depuis trois ans à une campagne concertée des grandes organisations laïques en France, en Angleterre, en Pologne, aiix États-Unis..., en faveur de l'enseignement public et obligatoire de l'hygiène sexuelle dans les écoles, en faveur de la coéducation. Cette offensive générale ne s'explique complètement que par un mot d'ordre des sociétés secrètes internationales.

Il était tout naturel que l'Épiscopat et les grandes organisa-

L'Église qui, au moyen âge, créa cette grande internationale catholique, la Chrétienté, ne s'est point laissé prendre au dépourvu. Ce n'est point sa faute si à l'intérieur de chaque nation n'existe pas encore la fédération de toutes les forces catholiques, si, au-dessus des frontières dès peuples, n'est pas réalisée cette internationale catholique faite de la fédération (pour des buts précis et dans des limites déterminées) de toutes les grandes organisations nationales.

Dans V ordre international, l'Église a encouragé la création des fédérations internationales (1) des Étudiants, des Jeunesses catholiques, des Ligues féminines catholiques, des Travailleurs chrétiens; elle a béni l'Union internationale d'Études sociales, la Ligue apostolique des Nations, la Ligue internationale catholique dont le congrès s'est déroulé du 10 au 15 août 1923 à Constance (frontière suisse) avec le concours de plusieurs prélats.

Dans Vordre national, le Saint-Siège n'a cessé de prodiguer ses encouragements, non seulement à des fédérations nationales comme celles des Jeunesses catholiques, des Hommes catholiques, des Femmes catholiques, mais il a approuvé par les actes les plus solennels de plus larges fédérations coordonnant toutes les organisations catholiques

lions catholiques des pays menacés par, cette tentative de démoralisation de la jeunesse fussent amenés à se concerter pour unerésistance motivée et générale.

(1) Ou tout au moins des Secrétariats internationaux.

d'un pays : comme le Volksverein allemand, ' le National catholic Welfare Council des États-Unis, rUnion populaire italienne. Ici, non seulement le Saint-Siège a approuvé et béni, mais c'est de l'action personnelle et des directives précises de Pie X, de Benoît XV, de Pie XI qu'est née cette vaste union nationale des catholiques italiens.

En France, des efforts furent tentés à plusieurs reprises pour réaliser cette union des catholiques, plus nécessaire peut-être chez nous que partout ailleurs. Les Congrès catholiques annuels, 3e Comité catholique de défense religieuse travaillèrent pendant trente ans à cette Union. En 1898 et 1899, Léon XIII, en deux lettres adressées au cardinal Richard, demande à tous les catholiques français de « travailler, de concert au bien de la religion et de la patrie », de « coordonner l'action des œuvres et des groupements. » Ceux-ci, tout en conservant l'autonomie dans la sphère d'action qui leur est propre, « doivent se donner la main pour travailler d'un commun accord au bien suprême de la patrie française. »

Des difficultés d'ordre dynastique, des divisions politiques empêchèrent le vœu de Léon XIII de se réaliser.

En 1909, un bref de Pie X encourageait le colonel Keller et le Comité catholique « à réaliser entre tous les gens de bien la concorde qui seule peut faire espérer le salut commun. »

De 1909 à 1914, de nouveaux encouragements vinrent de Rome soutenir l'effort de nos évêques, qui, à peu près dans tous les diocèses de France, organisaient, dans les cadres des Unions catholiques., la coordination des groupements et des œuvres. Une Fédération nationale des Unions catholiques devait être, dans l'esprit de leurs organisateurs, là conclusion de ces travau,x d'approche. La guerre emporta toute cette végétation naissante à laquelle le temps n'avait pas permis de se donner cette solide organisation nationale qui l'eût peut-être sauvée de la ruine, comme elle sauva d'autres œuvres plus fortement construites : la Jeunesse catholique, l'Association catholique des chefs de famille, etc..

La guerre terminée, l'Épiscopat français se remit à l'œuvre en utilisant l'expérience des pays qui nous avaient devancés.

Les Unions catholiques diocésaines sortirent de leurs ruines. A l'heure actuelle elles s'essaient à revivre dans presque tous nos diocèses.

Elles se proposent un double objet : 1° Organiser les Hommes catholiques à l'exemple des Hommes catholiques des États-Unis et des « Uomini caitolici » d'Italie; 2° fédérer sur la base de la paroisse, du canton, du diocèse, et finalement du pays, toutes les œuvres catholiques, — le groupement des Hommes chrétiens demeurant Je centre et la cheville ouvrière de cette fédération.

Pour donner l'impulsion unique et la direction autorisée aux Unions catholiques, la nature des choses et l'exemple des États-Unis suggéraient de se tourner vers l'Assemblée annuelle des cardinaux et archevêques français, sa Commission permanente, son Secrétariat et ses divers Comités.

C'est ce plan que l'Assemblée annuelle tenue à Paris, les 28-29 février 1923, adopta en eiîet.

« L'Assemblée appelle de ses vœux une organisation des catholiques sur le terrain du dogme, de la morale et du droit, pour une action religieuse, scolaire et sociale sous toutes les formes. Cette organisation, sans se mêler directement aux luttes électorales, s'occupera de former la conscience des catholiques groupés en Unions catholiques ou paroissiales. Les Fédérations diocésaines seront reliées elles-mêmes en une Fédération nationale. La Commission Permanente enverra aux évêques son plan d'étude et d'action afin de faciliter le fonctionnement des Unions paroissiales.

« Pour concentrer l'action des catholiques et fournir à la Fédération nationale des Unions diocésaines l'occasion de resserrer ses liens, l'Assemblée accepte, en principe, le projet d'une Semaine catholique.

« L'Assemblée décide d'organiser plus fortement sa Commission permanente et de lui adjoindre un Secrétariat permanent. La Commission Permanente, à l'image de l'Assemblée des archevêques, laissera entière et l'autorité et l'indépendance des évêques. Elle continuera d'être un organe de préparation et d'exécution des décisions de l'Assemblée (1) ».

, (1) Voir le communiqué de Ms^ Latty à la Semaine religieuse d'Avignon (7/1/23) et le communiqué fait à la presse par la

Voilà donc constitués les cadreset le plan de mobilisation de Tarmée catholique. Encore une fois on n'innove pas, on n'improvise pas. L'Assemblée adopte un programme et un plan d'action qui ont déjà fait leurs preuves en des pays aussi' différents que l'Italie et les États-Unis.

Que reste-t-il à faire? Beaucoup. Il reste à recruter, à discipliner les soldats de la future armée. Il reste à éclairer les milieux catholiques sur la nécessité de la discipline; il reste surtout à créer un mouvement d'opinion favorable au groupement des forces catholiques, à iaire tomber peu à peu les défiances par le tableau aussi objectif que possible des résultats obtenus ailleurs; il reste à répondre aux difficultés, à dissiper les appréhensions créées par les insuccès passés, à signaler quelques-uns des écueils contre lesquels vinrent se briser les premiers essais pour qu'on les évite, à noter les réussites pour qu'on s'en inspire.

Cest là tout lobjet de notre travail.]

Il sera donc avant tout (mais point uniquement) documentaire.

Aux catholiques désireux d'entrer dans la voie que leur ouvrent les Souverains Pontifes et l'Épi»copat, nous voudrions faciliter leur devoir qui ne

V« Assemblée des cardinaux et archevêques. Docum. •Gathol., 10/3/23, pp. 605-606. Ce communiqué résume le compte rendu in extenso des Séances adressé aux évêques et aux Directions des principales œuvres intéressées. Faut-il ajouter que M. Félix Hautfort, directeur de La Lanterne^ publia, l'un des premiers, de larges extraits du compte rendu?

consiste pas en une soumission passive et résignée^ mais en^ùne obéissance confiante, industrieuse, en un esprit d'initiative courageuse et réfléchie. « Être discipliné, sl écrit le maréchal Foch, ce n'est point simplement accepter ou subir une consigne; êtrediscipliné, c'est agir dans le sens des ordres reçus,. et, pour cela, trouver dans son esprit, par la réflexion, la possibilité de réaliser ces ordres. » (Principes de la guerre, p. 97). Sans cet esprit d'initiative, sanscette volonté d'aboutir qui n'ignore pas les difïicultés mais sait qu'elles ne sont pas invincibles,, les meilleurs plans de campagne sont voués à l'échec. Or, un nouvel échec, c'est toujours un peu plus de démoralisation, un peu plus de lassitude pesant sur les âmes.

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