‹ Pour la couronne: drame en cinq actes, en versChapitre 24 sur 65 · ACTE II, SCÈNE III 4I · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III 4I

Lui montrant la gattche.

Reste patiemment dans cette galerie,

Et — crois-en mon désir qui touche à la furie —

Je t'amènerai là Brancomir consentant.

Et toi, dont je sens bien le mépris insultant,

Toi pour qui toute femme est une esclave, en somme,

Tu pourras mesurer mon pouvoir sur cet homme.

Car je vais présenter à sa tentation

Le vin de la rancune et de l'ambition ;

Je prétends qu'il s'en grise et soit prêt à tout faire ;

Et, quand il croirait voir la mort au fond du verre,

— J'en jure par mon sexel — il faudrait qu'il le bût!...

Au revoir, Ibrahim!

Elle sort.

BEN KO, un moment seul.

Allons, je touche au but.

SCÈ!:^E III

CONSTANTIN, MILITZA, OUROSCH, LAZARE, BEN KO. Constantin entre par le fond, accompagné des deux soldats et leur parlant, Milit^a les suit. Benko, à Ventrée de Constantin, se retire dans un coin de la scène.

CONSTANTIN

Ainsi, depuis un mois, pas une seule attaque ?

OUROSCH.

Non, maître, dans la plaine où Tennemi bivouaque, Pas un seul mouvement d'attaque ou de recul.

CONSTANTIN

Je ne reconnais plus le terrible Othorgul, Qui nous harcelait tant naguère. C'est bizarre. Enfin, il faut toujours veiller... Ourosch, Lazare, On change les guetteurs, ce soir... N'oubliez rien.

LAZARE

Chaque poste sera pourvu de son gardien, Maître, et pour les placer près des bûchers d'alarmes. J'ai là des hommes sûrs, munis de bonnes armes Et de vivres. Le chef désire-t-il les voir?

CONSTANTIN

Non, car ils seront vus par mon père, ce soir. Et seul il a le droit de donner la consigne.

BEN KO, s^ approchant de Constantin et le saluant avec servilité*

Monseigneur, je salue en vous le chef insigne,

Le fils du grand héros que bénit l'Occident,

Le jeune capitaine intrépide et prudent

Qui, même dans les jours de paix, songe à la guerre.

CONSTANTIN, dédaigneusement.

Le compliment est froid et ne me touche guère; Pour les femmes tu sais en trouver de meilleurs. Benko, va-t'en porter ta flatterie ailleurs.

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