‹ Pour la couronne: drame en cinq actes, en versChapitre 44 sur 65 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

OUROSCH.

Et cent autres avec.

Sans compter les blessés.

LAZARE

C'est le dixième échec Depuis la mort du grand BrancomirI Tiens, j*enragel... Ce Constantin, avec son imprudent courage. Nous perdra.

OUROSCH.

J'en ai peur.

LAZARE

Descendre du Balkan, Aller chercher les Turcs retranchés dans leur camp, Vois-tu! c'est une guerre absurde et téméraire I Le pauvre grand Michel faisait tout le contraire; 11 attendait l'attaque et toujours triomphait. Ah ! celui-là, c'était un maître homme.

OUROSCH.

En effet.

Depuis six mois, jamais de bonheur pour nos armes. Oui ! depuis qu'il est mort près de ce feu d'alarmes. Mort l'épée à la main, le soldat de la Croix, En sauvant la montagne une dernière fois...

LAZARE

O Michel ! si là-bas, à Viddin, sa statue Pouvait voir notre armée épuisée et battue,

Et le Turc, chaque jour, regagnant du terrain, Bien sûr, elle accourrait, sur son cheval d'airain.

OUROSCH.

Hélas 1 la gloire semble avec lui trépassée.

5^ levant.

Bien, ma fille... Voilà ma blessure pansée.

Et ton baume toujours est d'un effet certain.

ANNA

Père, n'êtes-vous pas ingrat pour Constantin ?

Ne le teniez-vous pas pour un bon chef de guerre,

Et n'a-t-il pas été victorieux naguère ?

OUROSCH.

Oui 1 du temps de son père, et comme lieutenant.

LAZARE

D'ailleurs, combien il est changé !

OUROSCH.

C'est surprenant.

Son deuil l'a désolé bien plus qu'il n'est d'usage. Et je n'ai jamais vu d'aussi sombre visage.

ANNA

Blâmez-vous sa douleur filiale?

OUROSCH.

Non pas I Mais le fils perd son temps à pleurer le trépas D'un tel père. Il a mieux à faire. Qu'il le venge I

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