‹ Pour la couronne: drame en cinq actes, en versChapitre 47 sur 65 · ACTE IV, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE II

Mon pèrel Mais c'est lui qu'en frappant j'ai sauvé 1

Si son nom, dans le cœur de tous, est conservé

Comme le nom sacré d'un héros et d'un brave.

Si là-bas, à Viddin, devant le peuple slave,

Son image a reçu cet honneur souverain

De surgir sur le ciel dans l'immortel airain.

Offerte à tous ainsi qu'un exemple sublime,

C'est que j'ai supprimé cet homme avant son crime;

C'est que j'ai su tenir secret le châtiment;

C'est que pour lui je fus un juge encor clément,

Et que, l'honneur étant sauvé par ma sentence.

Il obtint ce triomphe au lieu d'une potence I...

N'importe 1 Contre moi j'entends son sang crier.

O pieux assassin I filial meurtrier!

Tu te cherches des noms dans ta douleur stupide ;

Mais c'est en vain! L'écho te répond : « Parricide! »

Oui! j'ai fait mon devoir; je n'ai pas de remord;

Mais j'ai là, sous mes yeux, toujours cet homme morti

Et je le vois partout, et rien ne m'en délivre.

Oui! je suis innocent, mais je ne peux plus vivre!...

La mort, je l'ai cherchée avec l'ardeur d'un fou.

Laissant à mon cheval la bride sur le cou,

Dans d'imprudents combats, dans la guerre insensée.

Cette mort du soldat, Dieu me l'a refusée.

Le chrétien ne peut pas porter la main sur soi ;

Mais tu me vois souffrir, mon Dieu I délivre-moi !

La mort, je veux la mort, et n'importe laquelle I

La mort dans la douleur, dans l'angoisse cruelle.

Dans la torture et sous les morsures du fer.

Faisant Je hérisser tous les poils de ma chair i

La mort sur l'ëchafaud, la mort dans Tinfamie 1 Et je raccueillerai, Seigneur, comme une amie. Quand elle fermera mes yeux d'agonisant; Car je ne peux plus vivre avec ce goût de sang Dans le vin que je bois, dans le pain que je mange, Fuyant à reculons le spectre qui se venge Et grelottant d'effroi dans mes membres transis, Avec ce souvenir entre les deux sourcils I

SCÈS/X,^ Ifl

CONSTANTIN, MILITZA. MiUt:(a entre, les mains

pleines de fleurs.

CONSTANTIN, Vapercevont.

Ah I c'est toi, Militza.

MILITZA

Je t'apporte des roses.

L'humble esclave n'a pas à deviner les causes Pour lesquelles le maître a les yeux pleins de pleurs. Elle en souffre et se tait. Je t'apporte des fleurs. Ce sont celles que j'ai toujours le mieux aimées. Noble*? lys, doux oeillets, roses très parfumées. Celles qu'on reconnaît à leur odeur, la nuit; Et le simple sélam de Militza traduit

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