ACTE IV, SCÈNE V 9f
CONSTANTIN
Que j'étais, aussi, sous Tare romain, Tout seul, devant mon père, et l*épée à la main...
Toil
CONSTANTIN
Que je savais tout, tout, misérable femme I Que Brancomir allait commettre l'acte infâme. Tant déjà tu l'avais dans le crime endurci I Et que je l'ai tué de la main que voici I
BAZILIDE
Toi 1 son fils 1
CONSTANTIN
Oui, je suis parricide I et la cause De ce meurtre, de cette épouvantable chose, Cest toi seule I Et je dois, caprice affreux du sort! N'en rien dire, ton crime étant celui du mort; Et la fatalité veut, dans son ironie, Pour qu'il reste honoré, que tu sois impunie. A la face du Ciel et devant des témoins, Je ne puis te flétrir, 6 femme 1 mais, du moins. Ici je puis te dire — oh ! quelle joie amère I — Que j'ai soufflé sur ton imbécile chimère.
Que le piège dressé par tes mains, dans la nuit. Ne prendra pas sa proie et que je l'ai détruit. Oui I c'est moi qui brisai ton espérance affreuse.
Et je veux t'enfoncer dans le cœur, malheureuse, Cet infernal regret, comme avec un poignard, Et te montrer ce meurtre, et t'en donner ta part. Et venger la nature et les lois irritées En secouant sur toi mes mains ensanglantées I
BAZILIDE
Prends garde I...
Ah! tu voulais régner, et faire un roil Eh bienl tu n'es plus rien, entends-tu? grâce à moi! Rentre dans ton néant, dans ta nuit, dans ta fançe!... Maintenant, au combat!
BAZILIDE
Attends!... que je me venge!
Fanjares et tumulte au deJ}ors, La porte du fond s'ouvrt toute grande et l'Èvêque-Roi, couronné et mitre, avec une eut' russe par-dessus sa robe blanche et portant à la main droite un petit reliquaire d'or au bout d*une sorte de sceptre, entre bniS' quement. Il est suivi de quelques boyards et de paysans armés de faux. Les soldats de la citadelle se pressent en désordre autour du roi.