ACTE 1, SCÈNE
OUROSCH.
L*homme est tout désigné, c'est notre évêque Etienne.
BENKO
Un prêtre 1
OUROSCH.
Dis un saint.
LAZARE
Un saint homme, en effet.
BENKO
Pour mériter un nom si beau, qu'a-t-il donc fait?
OUROSCH.
Le bien, depuis trente ans, chaque jour, à toute heure,
Le bien par la parole et par Tœuvre meilleure.
Le bien pour le pays et pour sa liberté.
Le bon grain qu'il sema, Michel Ta récolté.
Voilà coût. Quand la foi chrétienne était traquée.
Du temps qu'on transformait chaque église en mosquée,
Qui donc nous a gardés fidèles à la croix?
L'Évêque. Il nous disait la messe au fond des bois.
Et nous prophétisait la révolte prochaine
Devant l'autel dressé dans le creux d'un vieux chêne.
Ahl déjà sur son front l'auréole avait lui.
Si nous ne sommes pas aux Turcs, c'est grâce à lui.
L'antique liberté, qui se souciait d'elle?
Le roi même payait tribut à l'infidèle.
Que de fois, saisissant son cheval par le mors,
Etienne l'arrêta, comme un vivant remords,
Et lui courba le front sous sa fière parole.
lO POUR LA COURONNE