‹ Pour la couronne: drame en cinq actes, en versChapitre 8 sur 65 · VI · texte numérisé non relu

VI

Chaque jour, notre évêque entrait dans une école,

Il groupait les petits autour de ses genoux.

Leur parlait du passé, leur disait : « Vengez-nous I »

La guerre sainte, il Ta préparée, il Ta faite.

Quand nous sommes enfin partis, bannière en tête.

Il était là, de joie et d'orgueil rajeuni.

Si Michel a vaincu, c'est qu'Etienne a béni.

Alors, il nous donna les joyaux de sa mitre,

Sa crosse d'argent fin, le trésor du chapitre.

Tout, pour armer le peuple et broder les pennons.

Cet or si pur est dans l'airain de nos canons.

Pauvre, de tous nos morts il recueille les veuves...

Mais surtout c'est un saint. Nous en avons des preuves.

Un soir qu'il méditait près d'un rosier fleuri.

Un lépreux, qui toucha sa robe, fut guéri ;

Et des bandes d'oiseaux, pour lui seul familières.

Se posent sur ses mains, quand il est en prières..^

C'est lui qu'on élira ; car le royal pouvoir.

S'il veut bien l'accepter, ce sera par devoir.

Et nous serons certains, ô Christ, de ta victoire;.

Quand sur ce noble front, tout rayonnant de gloire^

Nous pourrons voir briller, en mourant pour la foi^

Dans le nimbe du saint, la couronne du roi.

LAZARB.

Si Brancomir rêvait la suprême puissance, Pourtant?... •

OUROSCH.

Au vœu de tous il doit obéissance* Il se résignerait.

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