ACTE I, SCÈNE II II
LAZARE
Il est ambitieux.
OUROSCH.
Oui, pour sa femme.
LAZARE
Ourosch, tu dis vrai. Deux beaux yeux Peuvent mettre un dessein funeste dans notre âme.
En ce moment, un page apparaît à la porte du hdtitnent de droite et reste sur le uuil, soutenant la tapisserie relevée.
OUROSCH.
Paixl voici notre chef avec sa Jeune femme... Et selon ton désir, chanteur, tu vas les voir.
BEN KO s'incline avec humilité; puis, à part, et jetant un regard de haine sur les deux soldats.
Chiens de chrétiens 1 Je sais ce qu'il fallait savoir.
SCÈff^E II
Les Mêmes, MICHEL BRANCOMIR, BAZILIDE.
Michel Brancomir et Ba:i^lide paraissent à la porte de droite, Michel, hontme t^une cinquantaine d*années, porte un cr-tunu slave; une aigrette à^urgent orne son bonnet de Jourrur* ; sa ceip^
ture est garnie d'armes orientales, Baiiîide, jeune femme de vingtcinq ans, est vêtue d*une robe hy:(antine, très ornée et couverte de joyaux. Elle s'appuie amoureusement au bras de Michel. A Tapparitionde Michel et de Ba^ilide, Benko se prosterne à leurs pieds.
MICHEL
Qui donc à mes genoux courbe si bas la tête?
Quel est cet étranger ?
BENKO
Moins que rien. Un poète,
Ayant pour tout trésor sa guzla de sapin, Prince, et qui vous demande un asile et du
pain.
BAZILIDE
Un poète 1 Ces jours passés, j'avais envie De chansons. D*où viens-tu ?
BENKO
Je viens de Moldavie.
J'ai nom Benko; je chante et déclame des vers.
BAZILIDE
C'est bien. Tu nous diras, ce soir, tes nouveaux airs... Tu sais, ces chants roumains, ces légendes valaques Qui font peur. Mauvais œil, sorcières, brucolaques...
Les femmes sont ainsi, Michel. Nous nous plaisons )
A ces contes affreux qui donnent des frissons, /
Pour qu'à notre terreur notre ami s'intéresse Et nous rassure enfin avec une caresse.