Pensées d'un homme et Etat, p
i 4 LE CONFLIT FINLANDAIS.
de ses compatriotes, surtout de la grande masse inculte, il l'estimait, l'admirait, la glorifiait, mais, on a pu le voir, du dehors, comme de loin. En revanche, il saute aux yeux qu'il possède d'une manière très tranchée le tempérament spécial qui prédestine ceux qui en ont l'apanage à porter aux nues le gouvernement personnel, l'autocratie. Gladstone disait que la politique libérale est basée sur la confiance tempérée par la prudence ; qu'au contraire la politique de contrainte est basée sur la méfiance, tempérée parla peur. Eh bien ! c'est la méfiance, une incurable méfiance qui frappe les lecteurs du Recueil de Moscou comme étant le trait caractéristique de l'esprit de l'auteur*. Non pas qu'il refuse sa confiance à la nature humaine ; au contraire, tant que cette nature n'a pas été corrompue, il la considère comme en état de concevoir les choses les plus profondes, qui lui échappent à lui, le savant, le juriste le plus pénétrant de l'empire, l'explorateur le plus expert de toutes les voies où se meuvent les esprits de l'Occident. Et alors, nous l'avons vu, il crie aux