‹ Pour la FinlandeChapitre 19 sur 78 · Pensées d'un homme d'Etat, p. 140 et suivantes · texte numérisé non relu

Pensées d'un homme d'Etat, p. 140 et suivantes

inanimée de la vérité ramassée aussi dans les livres, une image morte de la nature ressemblant à une formule de chimie, enfin une volonté chancelante portée à attenter à la vie, lorsque celle-ci n'a pas réussi au point de vue matériel 1 . »

On se tromperait en pensant que, par contraste avec le sombre tableau qu'il fait de notre civilisation occidentale, M. PobyedonostsefF voit tout en rose dans son propre pays. Là aussi beaucoup de choses le blessent. Il écrit par exemple : « Il suffit de passer par les rues d'une ville quelconque, grande ou petite, de traverser le premier village venu, pour se rendre compte immédiatement des innombrables améliorations qui s'imposent, pour rencontrer partout des masses informes d'ouvrages inachevés, d'institutions délaissées, de temples en ruines. Voici des écoles où l'instituteur a abandonné les enfants pour composer des mémoires sur les méthodes de renseignement et des discours pompeux pour des séances publiques... Voici un hôpital, que les malades fuient, car on y a

froid, on y a faim, et le désordre y règne au milieu de l'incurie d'une gérance cupide et vénale... Voici une bibliothèque où tout est dépareillé, perdu, distrait, et où Ton ne peut tirer au clair, ni l'emploi de l'argent, ni celui des livres ; voici une rue que l'on ne peut traverser sans horreur et dégoût, à cause des détritus qui empestent l'air et des cabarets, des maisons de débauche qui l'encombrent ; voici des services importants où, grâce à l'incapacité des employés, règne le chaos du désordre et de l'iniquité ; voici un département dont les fonctionnaires sont toujours absents ; voici enfin, au milieu des villages, des temples, lumière du peuple, abandonnés et fermés, où le service religieux n'est pas célébré et où les chants sacrés ne se font point entendre *. » Et un peu plus loin : « Il n'est pas rare de rencontrer des gens dont les discours, l'attitude et la conduite ne sont qu'une fière et constante protestation contre leur fonction, contre l'œuvre qu'ils servent pour la forme, qui les entretient et dont ils vivent. On entend des chefs d'établis-

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