I. Ojurs de philosophie positive, V, 1877, p
que Ton veut conduit les nations comme les princes à leur perte.
De plus, quelque archaïque que puisse paraître à quelques-uns l'organisation gouvernementale de la Finlande, elle a en tout cas un fort grand avantage, qui est de rendre impossible le grossier gouvernement majoritaire ; elle ne permet pas que la moitié plus un annule la moitié moins un, impose ses vues, fasse triompher ses intérêts par les moyens de contrainte appartenant à l'Etat, du droit qu'un individu s'est mis de son côté et non pas de l'autre. On commence chez nous à parler en faveur d'une « organisation du suffrage », d'une représentation proportionnelle, d'une représentation des groupes. Eh bien ! les correctifs que l'on commence à désirer sous ces noms dans notre Occident modèle, la Finlande les possède sous une forme peut-être un peu grossière pour les théoriciens, dans sa distinction des quatre états, la noblesse, le clergé, la bourgeoisie urbaine et les paysans. Ce que M. Jellinek a récemment exposé, que, d'après son origine historique, la conception de la participation du peuple aux affaires publiques ne se concilie pas avec celle
de décisions majoritaires et qu'il faudrait à la rigueur toujours des décisions unanimes, trouve un corollaire dans l'article 71 de la loi organique de la dilte de 1869, d'après lequel aucune loi fondamentale ne peut être faite, modifiée, interprétée ou abrogée que du consentement des quatre ordres 1 . Quant aux modifications des lois ordinaires, sans doute l'article 42 de la forme de gouvernement suédoise de 1772 se contente d'une majorité, mais il faut que cette majorité soit celle de trois des états ou ordres contre un, ce qui fait par exemple que, si les nobles et les paysans sont d'un côté, avec la majorité par têtes, et le clergé et les bourgeois de l'autre côté, mais comptant ensemble moins de députés que les deux autres états ensemble, la question est écartée 2 . Et même, lorsque, en cas d'urgence, ou bien quand de premières tentatives faites au moyen de commissions pour obtenir l'accord entre des états en dissidence ont échoué et que l'on a recours au comité des soixante-quinze par état, — qui décide à la ma-