‹ Pour la FinlandeChapitre 7 sur 78 · Pensées d'un homme d'Etat, p · texte numérisé non relu

Pensées d'un homme d'Etat, p

raine pour conférer le salut? Quand on lit attentivement, on trouve bien plutôt des indications du contraire. Ce n'est pas impunément qu'aux jours de Catherine le césaropapisme a coqueté sur les bords de la Neva avec les encyclopédistes. Leur influence se retrouve dans le libéralisme redoutant d'Alexandre I er , dans le libéralisme agissant d'Alexandre II, et, vraiment aussi, dans les confidences qui parfois s'échappent de la plume de notre raide procureur. Ainsi, dans un passage qui fait tout particulièrement l'effet d'une confession personnelle, on lit : « La conscience de son ce moi » immortel, la foi en Dieu seul, le sentiment du péché, la recherche de la perfection, l'esprit d'abnégation, le sentiment du devoir, voici les vérités auxquelles croit l'âme sans crainte de se tromper f . » En fait ! Voilà à peu près ce que disait, non pas Diderot, mais bien Kant, nur mit ein bischen anderen Worten. C'est un mélange de christianisme et de « lumières », une demifoi sous forme de profession de foi, qui ne peut guère paraître recommandable aux croyants

I. Pensées d'un homme d'Etat, p. 154 ; comp. Refle étions of a Russian statesman, p. 165.

fidèlement attachés aux « symboles 3); et ce n'est certes pas un correctif que les déclarations sentant l'agnosticisme qui précèdent, par exemple : ce Les théories et les formules représentent nécessairement quelque chose d'incomplet, d'incertain, de conditionnel et de faux 1 », ou bien « l'attachement à la croyance dogmatique a toujours été, et sera probablement toujours, le propre de notre pauvre humanité ; les hommes à la pensée vaste et profonde, aux vues larges, seront toujours des exceptions 2 . »

Qu'est-ce donc qui fait la beauté de l'Eglise orthodoxe aux yeux de Pobyedonostseflf? C'est qu'elle fait vivre pour les masses populaires <r dans les rites, dans les traditions, dans les symboles et les coutumes, l'incarnation réelle de ce qui ne serait pour elles ni réel, ni effectif, si cela était exprimé par une formule abstraite 3 . » Des légendes de saints fournissent au peuple, palpables, les héros qu'il honore, parce qu'il chérit en eux les traits de l'idéal, d'un

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