Pensées d'un homme d'Etat, p
idéal de force, de vertu, de <r sainteté », dans lequel il voit la vérité absolue. Qu'importent donc les résultats des recherches critiques, qui montrent que ces héros n'ont pas été en réalité si grands qu'on les fait, mais qui ne les empêchent pas de vivre dans l'âme du peuple 1 ? En outre : au moyen de ses cérémonies l'Eglise donne un corps aux aspirations qui sommeillent dans l'âme du peuple, mais dont, sans ce secours, il ne prendrait pas conscience. Sortie du peuple, renfermant le peuple en soi, elle est avec lui en parfaite communion. Toutes les autres Eglises se disputent à perte de vue sur les rapports entre les œuvres et la foi, mais cela n'empêche pas qu'en définitive, toutes, chacune à sa manière, se préoccupent surtout désœuvrés. Quant aux Russes, ils « savent tout autant que les autres qu'il faut vivre suivant la religion et ils sentent combien leur vie s'accorde mal avec leur croyance ; mais pour eux l'essentiel, le but de la foi n'est point la vie pratique, mais « le salut de l'âme 2 », et c'est leur Église, elle seule, qui satisfait complètement ce besoin. La sim-