Réponses des Etats. Première réponse, p
quoi s'agissait-il? Par son projet, le souverain avait pris l'initiative pour modifier plusieurs dispositions en vigueur, ayant un caractère fondamental. Ce projet ne pouvait devenir loi qu'avec l'approbation unanime des quatre Etats, et la diète a déclaré que cette unanimité ne pouvait être obtenue que si, pour remplacer les dispositions constitutionnelles qu'on modifiait, le caractère constitutionnel était attaché à certains des articles de la nouvelle loi. Qu'y avaitil là d'inadmissible 1 ? Et quant à la manière dont on aurait dupé le ministre Milioutine, non seulement il n'y aurait plus rien de certain en fait de droit si avec de pareilles chicanes Ton pouvait plaider après coup, mais de plus cette
insinuation attribue à un homme d'Etat une ignorance des lois du pays dont on n'a pas même le droit de le soupçonner, tant qu'on ne l'a pas pris sur le fait ; or dans la montagne de documents qui ont alors été échangés, on ne trouvera pas un mot qui justifie cette insinuation ; il n'y a ni équivoque dans le langage de la diète, ni, dans la réponse du ministre, l'ombre
i. Réponses des États. Première réponse, p. 142, 143.
d'une allusion à la fausse idée qu'on prétend lui avoir été suggérée . D'ailleurs, et ceci tranche la question, lès remaniements que la loi a subis, en 1882, 1885, 1886 et 1889, ont été effectués par les Etats avec la couronne.
« C'est donc en vain que l'on s'épuise à atténuer les grands bienfaits législatifs dont la Finlande est redevable au règne d'Alexandre II.
Il nous reste maintenant à nous arrêter un instant aux audacieuses prétentions dont on accuse les Finlandais de s'être rendus coupables pendant cette période heureuse de leur histoire. Il ne s'agit pas des vœux isolés de quelques-uns ; des quelques voix qui se sont élevées pour demander la neutralisation du pays, un pavillon maritime finlandais, la responsabilité ministérielle. Nous passons aussi sur le désir universel de la Finlande que sa presse ne fût plus désormais à la merci de l'administration. Il est clair pour tout le monde, sauf pour le parti panrusse, qui ne veut pas le voir, qu'en 1867 l'avortement de la loi sur la presse, dû à la regrettable tension qui existait entre le gouverneur général et
1. Réponses des Etals. Première réponse, p. 146 et suivantes.
la diète, a été un malheur public, et que toute loi, quelque restrictive qu'elle soit, vaut mieux que l'état d'abjecte sujétion où elle se trouve, écrasée sous la botte de soldat d'un BobrikofF 1 . Nous ne nous arrêtons qu'à ce code pénal finlandais de 1889, si malmené par le parti russe, et au travail de la commission qui a tenu ses séances, sous la présidence de M. Weissenberg, depuis 1885 2 .
<l A peine le code pénal avait-il été ratifié, qu'il fut l'objet d'une âpre critique de la part d'un jurisconsulte russe nommé Tagantseff, et cela engagea le ministre russe de la Justice à insister pour qu'on en renvoyât à plus tard la mise en vigueur. On proposa à la diète de 1891 un projet de modification du code, conçu entièrement dans les idées de Tagantseff, bien que dans l'intervalle le jurisconsulte finlandais Montgomery eût réfuté la plupart des objections russes. Les Etats ayant rejeté ce projet, on leur en soumit en 1 864 un nouveau, mitigé ; ils l'acceptèrent et tout fut fini.
c( Les reproches adressés à la Finlande au