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L'APPEL AU GOUVERNEMENT FEDERAL

Mais, grand Dieu ! quel espoir fonder sur cet appel, quand, avant de l'exprimer, celui-là même qui nous le fait entrevoir comme le salut suprême

nous déclare que ce pouvoir d'intervention du gouvernement fédéral est inefficace, que le peuple l'a condamné il y a quinze ans, que personne n'en Veut, lui tout le premier. Et de plus, comme cette intervention remédiatrice ne pourrait s'exercer que pour conserver à la minorité de la région annexée des droits absolument analogues à ceux de la minorité de l'ancienne province du Manitoba ; et comme c'est précisément la violation des droits de la minorité de l'ancienne province du Manitoba que M. Monk croit consommée pour toujours; — quel motif peut-il invoquer pour nous persuader que les droits de la minorité du Kéwatin seront mieux sauvegardés que ceux de la

minorité de Manitoba ? Et si la législature de la province réduisait la minorité du Kéwatin au même sort qu'elle a fait à la minorité du Manitoba, quelle confiance M. Monk peut-il nous inspirer dans le seul remède qu'il nous offre, lorsque lui-même nous fait clairement entendre qu'il refuserait de l'appliquer ?

Avant de quitter le ministre des travaux publics, je ne puis m' empêcher d'exprimer un sentiment de profonde commisération. Lui dont je connais la droiture d'esprit, la noblesse de cœur, ce qu'il a dû souffrir avant de se laisser acculer à une situation aussi pénible, à une défense aussi faible, à une conclusion aussi lamentable!

ni

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