DEUX NOIRS NE FONT PAS UN BLAN
Seulement — qu'on me pardonne le dicton familier — " deux noirs ne font pas un blanc."
Il est malheureux que le ministre des postes, après avoir si bien traité la question du Manitoba, ait exposé si faiblement, en droit et en fait, la question du Kéwatin.
Son plaidoyer, prolongeant celui de M. Monk, aboutit, en fin de compte, à cette conclusion plutôt boiteuse : La question du Manitoba et celle du Kéwatin sont parfaitement distinctes. M.
Laurier a très mal réglé la première ; mais nous n'y pouvons rien ; et ce qui nous reste de mieux à faire, c'est de sacrifier la seconde.
Dès qu'il sort du Manitoba et du ministère Laurier pour aborder le Kéwatin et la politique Borden, cette faiblesse de raisonnement se manifeste.
Après avoir employé une heure à "ressusciter" la question du Manitoba, M. Pelletier se rappelant sans doute le blâme de son collègue, ajoute:
<IT IS NOW SUGGESTED 'mAT THIS BATTLE BE FOUGHT OVER AGA1N IN RESPECT TO THE DIS- TRICT OF KEEWATIN." [45z2].
"L'on nous suggère de recommencer ces luttes au sujet du district de Kéwatin."
Mon Dieu, j'ai lu la presse... (rires et cris de "Shoo! Shoo!)
Pardon, mesdames, pas "La Presse", majuscule et singulière, la presse en général, avec un "p" minuscule, et sans ballon.
J'ai lu la presse de la province, anglaise et française, j'ai même lu le "Devoir"; et je n'ai vu nulle part, jusqu'au moment où M. Pelletier a prononcé son discours, que personne ait suggéré d'agiter de nouveau la question du Manitoba à propos de celle d:i Kéwatin. (1) C'est un cas d'auto-suggestion, car le premier qui ait fait cette suggestion et qui l'ait subie, c'est M. Pelletier lui-même. Pelletier ajoute qu'il ne veut pas "laisser à la merci du chef de l 'opposition (M. Laurier) et de ses amis les droits d'aucune minorité, protestante ou catholique. Je les laisserais plutôt, dit-il, entre les mains du gouvernement Roblin. " [4522].