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DEUX SYSTEMES D'ECOLES

Mais, ajoute M. Pelletier, devonsnous imposer deux systèmes d'écoles aux gens du Manitoba ?

Mon Dieu, en mourraient-ils ? Nous avons dans la province de Québec deux systèmes d'écoles. Nous sommes heureux de laisser à nos concitoyens protestants de Québec, non seulement le droit élémentaire de payer leurs taxes pour le soutien de leurs écoles, mais nous leur donnons en outre, ce que la majorité d'aucune province anglaise, pas même Ontario, n'a jamais donné à aucune minorité catholique:

un comité protestant du conseil de l'instruction publique, un secrétaire de ce comité, un personnel d'inspecteurs, des écoles normales, Ha gouverne absolue de leurs instituteurs, de leurs manuels scolaires et de leurs écoles. En sommes-nous plus mal ? Vous sentiriez-vous heureux, vous, mes compatriotes, à qui souvent l'on reproche avec dédain d'être pauvres — moins riches que les 1 1 gentlemen Adventurers" de la Compagnie de la Baie d'Hudson, — vous sentiriez-vous heureux à la pensée que vous faites instruire vos enfants aux dépens de la minorité protestante ? Voyons, y a-t-il ici un pauvre ouvrier, qui gagne à peine de quoi faire vivre sa ifemme et ses enfants, et de quoi faire vivre une femme qui n'a pas peur d'avoir des enfants?

(Applaudissements). Y en a-t-il ici?

S'il y en a un seul, fût-il le plus ignorant, fût-il le produit le plus rudimentaire d^une de ces "french schools" dont les journaux de la noble j/rovince d'Ontario parlent avec tant de dédain, mais ayant conservé dans le coeur, les sentiments de la simple charité chrétienne parce que sa mère les lui a appris, parce que le chapelain de son école les lui a enseignés, parce que l'influence abominable de la " hiérarchie " a pénétré jusque dans son humble foyer pour lui enseigner qu'il ne doit pas faire à autrui ce qu'il ne veut pas qu' autrui lui fasse:— c'est à celui-là que je m'adresse et je lui demande si, sa journée faite et son modeste salaire distribué à la femme et aux petits, il voudrait arracher dix sous à son voisin protestant pour aider à l'éducation de ses enfants?

Non, j'en donne ma parole d'honneur à nos concitoyens protestants. Nous avons nos faiblesses, nous avons nos défauts — et de nombreux — mais il y a un défaut qu'on ne peut pas nous reprocher, c'est d'avoir jamais voulu manger la bouchée de pain du voisin.

( Longues acclamations ) .

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