L'EXEMPLE DE QUEBEC
Et pourtant, lors de la conclusion du pacte fédéral, non seulement M.
G-alt faisait-il ajourner, pendant dixhuit mois, l'adoption du statut, afin de mieux assurer les droits de ses compatriotes, en matière d'enseignement public ; il faisait aussi mettre dans le statut un dispositif qui n'a d'application que dans Québec ; c'est que la lé-
gislature de Québec n'aurait le droit de changer les limites d'aucun des douze comtés anglais sans le' consentement de la majorité des représentants de ces douze comtés. On mettait de côté le fameux principe du droit absolu des majorités parlementaires.
Nous sommes. nous révoltés ? Avonsnous dit : " C'est une insulte. Vous prévoyez d'avance que vous serez persécutés ! " Non. Nous avons dit :
" Vous vous sentirez plus à l'aise avec cette garantie additionnelle ? vous entrerez dans la confédération et vous resterez dans la province de Québec avec un sentiment plus profond de sécurité et de confraternité? Très bien."
Sept de ces douze comtés sont aujourd'hui peuplés en majorité de Français, élisant parfois des députés canadiens-français, parfois des députés anglais ; et je suis encore à apprendre non seulement que la législature de Québec ait violé la lettre de la loi, mais même qu'elle ait jamais passé outre devant l'opinion de la majorité des représentants " anglais " de ces comtés, lorsqu'on a altéré les divisions de ceux de ces comtés qui sont restés anglais. Ce que nous voulons, c'est que, chez nous, tout homme, quelle que soit sa race, sa langue ou sa nationalité, sente que s'il y a un groupe de sujets britannique qui méritent la confiance de la Couronne, s'il y a un groupe de citoyens qui méritent la confiance de leurs concitoyens, s 'il y a un groupe de Canadiens qui ont exécuté plus qu'à la lettre le pacte fédéral, c'est nous. (Longs applaudissements).