‹ Pour la patrie [microforme]Chapitre 44 sur 69 · OO RS NE · texte numérisé non relu

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absolument fausse et ne renferme pas une parcelle de vérité. Four prouver que je ne crains pas l'enquête, non seulement j'accepte la proposition de nommer un comité spécial, mais je laisse à mon accusateur le soin de former ce comité à sa guise, Qu'il n'y fasse entrer, s’il le veut, que ses propres amis, que des adversaires du gouvernement.

—- Nous laisserons le choix des membres du comité au président, dit simplement Lamirande.

-- Très bien! répliqua Montarval. Et que le comité se réunisse au plus tôt. Maintenant, aux affaires sérieuses !

Le gouvernement aurait voulu faire voter la deuxième lecture immédiatement, mais Houghton intervint fortement et fit voir qu'il ne serait pas convenable de voter le projet, même en deuxième lecture, aussi lonstemps que la chambre ne serait pas fixée sur la valeur de cette accusation. Les ministres, inspirés par Montarval, étaient disposés à ne pas tenir compte des observations du chef de l'opposition et à précipiter le vote. Par amitié personnelle pour Lamirande, Vaughan, qui était à la tête d’un groupe assez important du parti minis-

tériel, demanda du délai. Quelques députés ministériels français, qui avaient remarqué l'effet produit sur Montarval par l'accusation, eurent des inquiétudes. ‘“ Si c'était vrai, après tout,” se disaient-ils. Ils ‘nsistèrent donc, à leur tour, sur la nécessité de swseoir. Ces débats occupèrent toute la séance, et le gouvernement dû céder.

C'était un premier succès pour Lamirande :

il avait gagné du temps, mais à quel prix !

C'était le jeudi soir. Le lendemain, le comité se réunirait. Il pourrait, sans paraître trop exigeant, demander qu’on lui accordât jusqu'au lundi, pour préparer sa cause. Mais rendu au lundi, il lui faudrait ou procéder ou avouer qu'il n'avait pas de preuve à offrir! Ce n'était pas seulement l'expulsion de la Chambre, le déshonneur politique qui l’attendait. Il allait devenir la risée de tout le pays. Il passerait pour un véritable fou aux yeux de tout le monde.

Pour affronter le mauvais vouloir, la colère, la haine de ses semblables, il sufñt d’un courage ordinaire; mais s’exposer, de propos délibéré, au ridicule, c’est de l'héroïsme. Aussi Lamirande se sentit-il accablé d’une angoisse

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