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Effectivement, il y était.
Profitant de la confusion qui suivit les révélations de Lamirande, Montarval s'était esquivé de la chambre ; et, en partant, il avait fait un signe impérieux à Saint-Simon de le suivre.
Celui-ci hésita un instant. Sa conscience lui cria : ‘“ N'obéis pas, malheureux!” Ce cri, ïl l'entendit, malgré le bruit. I] l'aurait entendu au milieu d'une tempête, au fort d’une bataille ; car cette faible voix intérieure domine tous les bruits du dehors, si formidables soient-ils. Au lieu de suivre Montarval, il fit deux pas vers Lamirande, Puis la pensée lui vint que Mon:
tarval pouvait le ruiner. ‘“ Pourquoi l'exaspérer inutilement ? se dit-il ; il n'y a pas de :nal à aller voir « qu'il me veut.” Et il suivit le tentateur. Il venait de repousser, de fouler aux pieds la dernière grâce. À partir de ce
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moment la voix intérieure cessa de se faire entendre, et il descendit à l’abîme sans plus de résistance,
— Comme vous le voyez, lui dit Montarval, lorsque les deux furent rendus dans un cabinet particulier réservé aux ministres ; comme vers le voyez, la positioi est critique. Il faut se montrer à la hauteur de la situation. Jusqu'ici votre rôle a été facile. Vous nous avez aidés en combattant notre politique,en nous attaquant, en nous injuriant. Ce rôle est fini. Maintenant vous devez en prendre un autre tout opposé.
— Vous ne voulez pas dire que je dois parler en faveur de votre projet de constitution que j'ai condamné avec tant de violence ?
-— Vous ne parlerez pas, si cela vous gêne.
A l'heure qu'il est, du reste, les paroles sont inutiles. Mais vous voterez avec nous.
— Voter cette constitution que j'ai tant dénoncée, et cela au moment même où tous mes compatriotes la repoussent avec indignation ! Mais vous voyez bien que c’est une impossibilité. Je serais à jamais déshoncré |
—— Et si vous ne la votez pas, vous serez non seulement déshonoré, mais ruiné par dessus le marché.
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