‹ Pour la patrie [microforme]Chapitre 56 sur 69 · PROV. XVI · texte numérisé non relu

PROV. XVI

Le lendemain de la deuxième lecture, le projet de constitution entra dans la plus redoutable de toutes les épreuves qu’un projet de loi doive subir : l'épreuve du “comité général ” ou “ comité de toute la chambre”. Le président quitte le fauteuil et appelle au bureau du greffier, pour présider le comité, le député que le promoteur du bill lui désigne. “Sir Henry eut soin de faire confier ce poste important à un de ses partisans aveugles.

C'est en “comité général” qu'un bill est discuté article par article, clause par ciause, examiné, tourné et retourné en tout sens.

C'est pendant cette phase de la procédure qu'on propose les amendements. Chaque député a le droit de parler autant de fois qu'il

juge à propos. On vote par assis et levé; le greffier compte les votants, il n’enregistre pas les noms.

Pendant dix jours, l'opposition, qui se compose maintenant du parti de Houghton renforcé des députés. catholiques, moins Saint-Simon, et de quelques députés anglais jadis partisans du ministère, livre au gouvernement et à son bill une succession d’assauts formidables mais inefficaces. Car bien que le président de la chambre devenu simple membre du comité général vote toujours avec l'opposition, sir Henry et Montarval ont réussi, Dieu sait au moyen de quelques influences inavouables et criminelles, à détacher de l’armée commandée par Houghton et Lamirande deux députés anglais De sorte que l'opposition, en comptant pour elle la voix du président de la Chambre, se trouve réduite à 120, tandis que le parti ministériel compte maintenant 123, plus la voix du président du comité général acquise au gouvernement en cas d’un partage égal des voix résultant de l'absence momentanée de trois députés ministériels.

Lamirande et Houghton multiplièrent leurs efforts auprès de Vaughan pour l'engager à

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