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LES LYCEES COMME ECOLES ANNEXES

que cette conférence leur prend du temps et ne leur apporte rien qui puisse leur servir dans leur épreuve, c'est peut-être se flatter; et d'avoir gardé pendant un si long temps les huit ou dix élèves qui n'ont cessé de me suivre de bonne grâce, j'avoue que je le considère comme une réussite que je ne suis pas du tout sûr de renouveler.

J'ajoute ceci : je conçois parfaitement que, voulant fonder dans les Facultés l'enseignement de la pédagogie, on ait songé à des professeurs philosophes croyant, comme moi, à l'intérêt et à l'utilité de cette science. Mais si on veut que cet enseignement donne des résultats considérables, il sera nécessaire d'en compléter la théorie par des exercices pratiques. C'est ce qui est déjà reconnu et appliqué dans l'enseignement primaire et cette conception est d'une justesse si évidente qu'elle n'a pas besoin de démonstration : le directeur de l'école normale d'instituteurs a la haute main sur une école annexe où il veille à ce que ses élèves maîtres apprennent l'art d'appliquer les préceptes pédagogiques qu'il leur donne dans son cours théorique.

Or l'école d'application d'un cours d'enseignement secondaire, c'est par définition un

établissement d'enseignement secondaire, un lycée. Il faut donc que le professeur qui enseignera dans une Faculté la méthodologie de renseignement secondaire, pour donner à son initiation théorique la valeur pratique considérable qui peut la compléter, soit le même homme qui sera au lycée comme chez lui, qui aura Tentrée libre dans des classes diflFérentes et, de par sa situation, y sera reçu avec déférence et s'y sentira à sa place et à Taise.

Il est évident qu'un chargé de cours à la Faculté ne peut être cet homme-là au lycée ; et, si j'en juge par moi, je sais que je suis capable d'apprécier les qualités d'un bon professeur que je serais allé visiter dans sa classe avec mes étudiants et je crois que je pourrais justifier mon appréciation. Mais je sens aussi que cette appréciation critique de ma part deviendrait déplacée en s'exprimant à mes étudiants, qu'il y aurait là comme une inconvenance, que ces visites sont par conséquent impossibles pour le chargé de cours de la Faculté comme elles seraient inquiétantes et inacceptables pour les professeurs d'un lycée. Et enfin, si on s'entend à établir dans une conférence les méthodes convenables à un

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