PRÉFACE. XV
trainte exercée en son nom, comme de la favear la plus périlleuse pour sa juste indépendance et celle de ses membres.
Elle serait de toute sa volonté un organe de rÉtat, moins volontiers un instrument et un outil. Le jour où on lui amènerait tout le monde de force, obligatoirement, elle craindrait qu'on lui demandât du même coup d'amener tout le monde, bon gré mal gré, à la même forme intellectuelle. Plusieurs, à l'heure qu'il est, souhaitent que l'État reprenne le monopole de l'éducation dont il s'est progressivement départi et ils pensent sincèrement que la liberté des esprits y gagnerait. Ils demandent à être ramenés aux carrières
impériales pour l'amour de la liberté. Sui-
vaut un mot célèbre, ils veulent qu'on soit forcé d'être libre. Il est à redouter que cette contrainte n'ait de sens que si elle a pour but une formation intellectuelle identique chez tous, et, dès lors, il sera logique de l'exiger d'abord chez les éducateurs eux-mêmes. Un brevet de civisme entendu d'une certaine façon a chance d'avoir plus de prix que le zèle professionnel et le talent de cultiver les âmes en les respectant.