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POLITIQUE NATIONALE DE LA RÉPUBLIQUE

pays, l'esprit d'agitatioQ et l'esprit de changement ne sont qu'à la surface, c'est parce qu'il y a dans notre démocratie laborieuse trop de graves intérêts engagés pour qu'on n'y comprenne point à merveille que rien de solide, de durable, de sérieux, ne peut être entrepris sans des garanties de durée, et qu'on ne peut essayer de fonder que si Ton peut répondre de l'avenir.

C'est surtout parce que nous avons beaucoup à réformer, parce que, dans l'organisation du travail, dans l'aménagement, pour ainsi dire, de nos forces économiques, il y a beaucoup à changer et beaucoup à refaire, et que cette œuvre de conservation d'une part, et de transformation de l'autre, ne peut, c''est ma conviction profonde, être accomplie que par le concours et l'accord durable d'un peuple qui formule librement et sans entraves ses volontés souveraines, et d'un Gouvernement qui les exécute avec résolution. [Salves d'applaudissements.)

Dans cette formule que l'on a si souvent travestie, laissez-moi dire si odieusement calomniée dans la personne de ce grand et cher mort dont on parlait tout à l'heure [Mouvement prolongé el longs applaudissements)^ dans cette formule qui consiste à dire qu'un Gouvernement doit avoir quelque force, il n'y a pas autre chose que cette vérité : qu'en passant aux mains de ses mandataires, la souveraineté du peuple ne peut pas s'affaiblir, ni sa volonté puissante s'énerver. [Vifs applaudissements.)

Soyez bien convaincus, messieurs, qu'aucune œuvre de réforme n'est possible sans décision et sans énergie. Nous avons dit clairement comment nous comprenions notre devoir; ce que l'avenir nous réserve, je l'ignore; mais, ce dont je suis certain, c'est que nous aurons, avec une sincérité profonde, en n'épargnant ni notre

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temps ni nos forces, mis le pon que nons sommes au service de la démocralie dont nous sommes sortis... je me trompe, dans laquelle nous croyons être restés. iApplaudissemenls.)

Je ne pense pas, messieurs, que rien menace la iorme du Gouvernement; je ne pense pas qu'aucun changement soit à craindre-et l'agitation restée sans écho, qui a suivi ou accompagné un deuil récent de la monarchie, m'autorise à tenir ce langage confiant; le pays est resté parfaitement calme et digne, sûr de lui, et je pourrais dire indiffértînt (Oui! oui! Tri^s bien! //\i* i/e/i/j; j'ajoute qu'il ne me parait pas qu'il y ait beaucoup d'empressement à recueillir hautement et franchement une succession qui ne se présente pas sans quelques périls (fiifps), et qui entraînerait, cela est de toute évidence, un éloignement certain du territoire français. [AppI audisseiium s unammes.) Il ne me semble pas, en effet, possible qu'il y ait sur notre sol un prétendant déc'aré à cette couronne de France dont le peuple français s'est partagé les morceaux. (IS'ouveaux applaudissements.)

Mais, messieurs, si la stabilité dans la forme même du Gouvernement est certaine, cela ne suffit pas : il faut encore la stabilité dans la méthode, dans la conduite gouvernementale.

Je crois qu'on peut aisément l'obtenir à deux conditions : il faut d'abord que le suffrage universel se persuade bien, et c'est une preuve dès aujourd'hui faite, qu'on ne transforme pas une économie sociale en dix jours ni même en dix années, qu'il est inutile et inopérant d'inscrire dans la législation des réformes qui n'ont pas fait leur chemin dans les mœurs, ce qui revient à dire que tout progrès est une œuvre d'éducation plus que de législation. {Assentiment général.)

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