‹ Pour la RépubliqueChapitre 26 sur 82 · CONTRE LE BOULANGISME · texte numérisé non relu

CONTRE LE BOULANGISME

sage, est-il pratique de mettre en question le pacte constitutionnel? {Adhésions unanimes et applaudissemenis prolongés.)

Peut-on dire, du moins, que le pays réclame impérieusement cette hasardeuse expérience? Où sont les manifestations de cette impatience? Est-ce donc parce que cette démocratie lyonnaise a jugé l'heure venue d'affaiblir le pouvoir exécutif qu'il y a quelques semaines, dans une immense acclamation, tout ce qui en elle pense, travaille, souffre, espère, saluait le petit-fils de Carnot? Ou n'est-ce pas plutôt qu'en cette heure troublée elle acclamait en lui et le gardien fidèle et résolu de nos institutions, et la tradition glorieuse de ces hommes de la Révolution qui, jamais dupes d'une vaine chimère, trouvèrent dans leur patriotisme ardent des inspirations à la hauteur de toutes les circonstances et de tous les périls! {Salves d'applaudissements.)

Et cependant, ce qui domine la conception révisionniste, ce ne sont pas les modifications de la loi électorale de la Chambre : elle n'est pas dans la Constitution ; ce n'est pas la modification de la loi électorale du Sénat : elle n'est pas dans la Constitution. Est-ce la nécessité d'interjeter appel devant le Conseil d'État de la prétendue impuissance du Parlement?

Le ressort existe, il ne demande qu'à jouer, il a fonctionné déjà vingt fois, et il n'est pas besoin de se réunir en Congrès pour le mettre en mouvement.

Ce qui domine, c'est l'affaiblissement de la prérogative nécessaire du pouvoir exécutif; c'est que désormais, s'il advenait que, sous l'effort puissant et par le travail corrupteur d'un parti, le suffrage universel s'abandonnât dans un instant de vertige, nul ne pourrait le relever de l'abdication qu'il aurait consentie et

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porter à nouveau dev;iiit lui la qucslion de sa propre existence. Je ne veux croire, ni pour demain, ni pour jamais, à cet abandon, à cette démence; mais si rien de pareil n'est h redouter, contre quel péril imaj^inaire entend-on se défendre, et si quoi que ce soit df pareil pouvait être entrevu, n'est-ce pas la plus funeste des erreurs que de sacrifier ainsi la suprême ressource? ( Vif.^ (ip/i/audissfinenls.)

Mais si l'opinion républicaine envisagée dans son ensemble n'a pas mai que la volonté d'inaugurer de nouvelles et dangereuses disputes, en a-t-il été autremenl de cette fraction de l'opinion républicaine dont le cabinet peut surtout se réclamer? Le parti radical, — j'emploie une expression qui rend très mal ma pensée, mais le dictionnaire politique n'est pas riche en formules exactes propres à qualifier les partis et peut-être de ce côté y aurait-il quelque revision à faire On ril\. — le parli radical a-t-il témoigné plus d'impatience? On ne saurait le dire sans commettre à son égard une rare et blessante injustice. Jamais il n'a été plus patient et, qu'il me pardonne l'expression, plus modéré. (Rires.)

Je laisse à d'autres le soin de rechercher le secret d'une longanimité dont l'histoire parlementaire ne fournissait pas jusqu'ici d'exemple. L'histoire de ces dernières années montre que la revision est nw question qu'il endort ou qu'il réveille suivant qu'il faut alTaiblir ou soutenir un cabinet. Il n'a jamais montré moins de hâte à réaliser son programme que depuis le jour où il est arrivé au pouvoir. On me concédera qu'il n'exige point de ses représentants une fécondité hâtive, et les réformes sociales me paraissent avoir été traitées avec le même esprit de discrétion et de temporisation, [IVouveaux rires.)

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