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I.K LIBRE-ECIIAXGE ET LE PROTECTIONNISME

riii'ivait, par une statistique exacte, à déterminer la somme des charges qui pèsent sur le cultivateur et auxquelles il doit faire face avant de gagner son pain quotidien. — Ainsi le cultivateur français est protectionniste.

Il n'y a pas que l'agriculture qui tende à la protection. On pourrait citer plus d'une industrie qui, trouvant la matière première à sa portée, n'ayant besoin que d'un marché étroit, a les mêmes aspirations. D'autres au contraire, et la vôtre est du nombre, sont dans la nécessité de rayonner, de se répandre à l'extérieur. C'est affirmer un lait expérimental que de dire que, si le marché français devait absorber toute la production de Saint-Étienne, une grande partie de ses métiers s'arrêterait à courte échéance. Ainsi apparaissent des intérêts très divers et très contradictoires.

Pour les cçncilier, j'en suis venu à penser qu'il y a peut-être, à côté de l'économie politique, une petite place pour ce que j'appellerai volontiers, s'il faut mettre de l'économie dans l'affaire, l'économie commerciale.

L'économie commerciale consiste à s'inspirer de l'infinie variété des besoins des industries, variées elles-mêmes à l'infini, en les considérant une à une, très attentivement, à observer les lois de leur formation, de leur croissance, de leur développement et à tenter d'obtenir pour chacune H.'elles, par des négociations patientes, le plus grand nombre possible des concessions dont elles ont le plus besoin.

Ah! je sais bien l'objection qu'on ne manque jjas de faire ; Comment concilier tant de contradictions? Obtenir pour l'un la protection, pour l'autre la liberté? La question serait assurément très difficile à résoudre si un fait encore rxi nous venait en aide. Ce fait, c'est

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que les nièines contradictions, les mêmes diversités se produiseut dans les pays voisins, sous des formes différentes, qu'eux aussi sont en présence des mêmes contradictions, que dés lors des concessions réciproques deviennent possibles, et que tout l'art consiste à s'efforcer dObtenir au moins autant que l'on donne. Le problème se réduit alors à une opération commerciale et c'est en vérité définir bien longuement une politique économique qui pourrait tenir en quelques mots : Une base de négociation fournie par un tarif des douanes, des traités de commerce, dont le but est d'acheter par la concession des avantages dont nos rivaux ont le plus besoin, ceux qui nous sont le plus indispensables. {Ap/ilaudissenients.)

On ne s'est pas très exactement conformé à cette politique. Je crains qu'on n'ait été plus frappé du retentissement que certains intérêts donnaient à leurs réclamations que des véritables besoins généraux et des intérêts des autres industries.

Messieurs, je vais, pour un homme qui se pique d'être un homme d'ordre, vous donner un conseil bien singulier : c'est de faire un peu plus de bruit. [Rires et app/audisxetiifïiis.) Au moment où se sont produites nos dernières négociations commerciales, on a surtout entendu ceux qui parlaient le plus haut. Ils étaient très bien préparés à entreprendre la campagne. Leurs dispositions étaient prises et naturellement ils ont trouvé auprès des hommes d'État le crédit qu'euxmêmes avaient su préparer. (7'?vs bien! Très bien! C'est un exemple qu'il faut suivre.

Je ne sais pas si les intérêts commerciaux sont représentés près du pouvoir central avec assez de permanence; je ne crois pas que leurs réclamations lui parviennent avec assez d'insistance.

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