CRITIQUE DE LA THÉORIE COLLECTIVISTE
abaisseraient son prix de revient, et rien ne saurait lui être plus profitable, et pour les matières premières qu'elle emploie et pour les produits qu'elle doit livrer sur le marché, que de voir abaisser les frais de transport.
Mais, pour faire disparaître certains impôts, il faut bien reconnaître qu'on ne peut pas songer à augmenter certains autres. Aussi a-t-on recherché si de nouvelles ressources ne pourraient pas être obtenues et l'on a proposé d'établir un impôt sur la rente.
Il a rencontré très peu de faveur, et cela s'explique par des raisons bien simples. D'abord, parce que, en imposant le revenu qu'il a promis au rentier, l'Etat ne tient pas rigoureusement ses engagements. Quel est le mécanisme de la re-nte ? L'État, qui demande à emprunter 100 francs, dit à ses prêteurs : « Je vous paierai 3 ou 4 francs de rente, net d'impôt. » Ils n'eussent évidemment pas payé le même prix 3 fr. 75 ou 2 fr. 75 de rente. Imposer le revenu qu'il a promis de fournir, c'est donc, de la part de l'Etat, manquer au contrat qu'il a souscrit.
Si encore, a-t-on dit, au prix d'un expédient regrettable, on arrivait à constituer un budget élastique, à donner au pays toutes les ressources dont il a besoin, à l'affranchir de toutes les incertitudesl
Mais que rapportera cet impôt? Qui frappera-t-il ? La rente française s'est dispersée, divisée, elle n'est pas la valeur préférée de ce qu'on appelle les gros portefeuilles, elle est pour la majeure partie absorbée par la petite épargne ; on n'atteindra pas la richesse accumulée, mais les plus humbles économies.
Au prix de si graves inconvénients, combien obtiendra-t-on? Vingt-quatre millions, une goutte d'eau dans un budget de trois milliards.
■2-iH POUK LA RKPl'HLIQLE
Toutes ces considérations ont peu à peu dissipé les illusions de la première heure, cl je ne suppose pas que riin[»ôl sur la rente soit volé.
Alors de nouveau rallenlion s'est portée sur la réforme de l'impôt siir lalcool.
Celle question n'est point nouvelle. Il y a plusieurs années qu'on la discute, mais elle a retrouvé toute son actualité. On s'est demandé si l'on ne pourrait pa> trouver dans l'exploitation du monopole des alcools par l'Etat de nouvelles et plus grandes ressources, et s'il n'y aurait pas là une réforme non pas seulement financière, mais commandée encore par l'intérêt général de la santé publique. Beaucou|) d'tiommes politiques et d'économistes ont fait, de cette question, l'objet d'études considérables: personne plus que M. Alglave n'a examiné le problème sous toutes ses faces, et il faut reconnaître que le système du monopole peut se réclamer des plus graves considérations.
La première, c'est que, je ne dirai pas seulement l'abus, mais l'usage, à 1 heure actuelle, des alcools tels qu'ils se présentent au public, devient, de l'aA'eu de la science, un véritable danger, un véritable péril national. Il compromet, en effet, et d'une façon irrémédiable peut-être, et les facultés morales et les forces physiques de l'homme, il est un poison fatal dont les ravages vont s'accentuant de jour en jour.
L'alcool fabriqué par les producteurs, par des méthodes qui ne sont pas assez parfaites, n'est déjà pas exempt de l'accusation d'être nuisible; mais il va rarement de celui qui l'a produit au consommateur : il circule dans les mains d'intermédiaires souvent peu scrupuleux, il subit des transformations, et l'analyse y signale des manipulations et des fraudes qui n'expliquent que trop ses funestes effets. Sur ce point. l'Aca-