‹ Pour la RépubliqueChapitre 62 sur 82 · LA POLITIQUE SOC[ALE ET COLONIALE · texte numérisé non relu

LA POLITIQUE SOC[ALE ET COLONIALE

sociétés se sont données, de telle sorte que, à combattre ou seulement à entraver ce qui est le mobile, la raison d'être du travail, de Teffort, de la vie, on court le danger de briser le grand ressort de l'activité humaine. [ Vive apprubalion et applaudissemenls.)

J'ai dit tout à l'heure que pour arriver à faire passer dans le domaine de la pratique une réforme quelconque qui contribue à l'amélioration de l'état social, il faut qu'un pays produise beaucoup, que son chiffre d'affaires augmente, que chaque jour la balance de sa richesse aille croissant avec ses etforts. C'est assez dire que la condition essentielle de toute politique de réforme, c'est d'assurer au pays les moyens de prendre cette extension et cet e^sor.

11 faut tout d'abord qu'il ait des finances solides, un système d'impôt ayant un caractère durable, qui ne soit pas à chaque instant remis en question. Si une conception financière paraît défectueuse, il faut, avant d'ébranler ce qui existe, préparer complètement le mécanisme nouveau. [Assentiment unanime.)

Il faut ensuite un régime commercial assez souple pour se plier aux transformations continuelles qui se produisent et chez nous et autour de nous.

Pendant très longtemps, les peuples ont vécu renfermés dans leurs frontières, sans éprouver le besoin de s'étendre au-delà ; tout était réglé, limité à l'avance.

Cet état de choses n'a pas tardé à disparaître, et il n'est pas aujourd'hui une nation qui, sans s'exclure elle-même du mouvement qui entraîne le monde, puisse renoncer à se procurer des débouchés bien audelà de ses limites naturelles, et c'est à cette nécessité de s'assurer de nouveaux marchés que répond la politique coloniale.

Jamais en aucun temps, même à l'heure des pre-

.'MO l'OLli L.V UriPUIM.IOll-;

mières découvertes, rattenlion des gouvernements vc'ritablement avisés et prudents ne s'est portée avec |tliis de vigilance, je dirai volontiers avec plus dacuité, vers la politique coloniale. Jamais ils n'ont tendu, avec une force plus irrésistible, à étendre, au-delà des frontières de la mère patrie, leur domaine territorial.

Si, à l'heure de son déclin, là monarchie n'avait pas compromis l'œuvre si glorieuse de nos navigateurs et de nos conquérants, nous eussions trouvé, au moment même où il eût répondu à une nécessité d'expansion toute moderne, le plus admirable domaine colonial. Il arriva que, n'apercevant pas le profil immédiat à retirer de tant d'admirables possessions, avec un Trésor épuisé, des besoins immédiats, elle sacrifia l'avenir au présent.

Nous avons réparé ses fautes, et si nous n'avons pas reconstitué notre domaine colonial historique, du moins nous avons pu trouver ailleurs de larges compensations, grâce aux efforts d'un gouvernement assez courageux pour accomplir cette œuvre de salut, non pas sous le feu des critiques seulement, mais en dépit des injures et des outrages. Le nom de Jules Ferry restera att. ché à la reconstitution de notre domaine colonial... [Applaudissemenls.) On a cru le désigner au mépris en 1 appelant le « Tonkinois ». Ce nom restera un de ses titres de gloire. ( Vifs appaudissemunts et bravos i'é/,élés.,

Nous avons donc retrouvé dans l'Extrême-Orient la compensation de nos pertes d'autrefois. Malheureusement, il est trop vrai de dire que nous n'en avons pas tiré tous les profits qu'on en devait espérer et que, de ce côté, il y a beaucoup, il y a presque tout à faire. Les colonies que nous avons acquises dans l'Extrême- Orient sont aptes à recevoir les plus grands dévelop-

Page 1