LE GRAND CERCLE RÉPUBLICAIN
I/idée dont M. Waldeck-Rousseau s'était fait le parrain dans ses discours des 18 juin et 24 octobre 1897 (Hait enfin réalisée : il avait fondé avec son parti un prand cercle républicain, sis à Paris, rue de Grammont, et dont il avait été nommé président. Ainsi que le disait Fariicle 2 des statuts, l'Association du Grand Cercle Républicain avait pour but de créer entre tous ses membres un centre permanent de contact et d'action, et de faire triompher une politique de progrès conlotmo aux principes de 1789 et de la Révolution française. L'inauguration du Cercle eut lieu le 22 mars 1898, par un banquet qui léunit liuit cent personnes, et où l'on remarquait des membres du Parlement, de l'Institut, du Conseil d'Etat, de la Cour des Comptes, des professeurs, des préfets, de nombreux membres des Chambres de commerce, des négociant.^, des banquiers, des industriels, des artistes, des journalistes de Paris et des départements, etc. etc.. Ce fut une imposante manifestation dont M. Waldeck- Housseau dégagea la pensée et la portée dans le discours suivant : '
Messieihs,
Je viens d'abord, an nom du Grand Cercle Républicain, remercier tous ceux qui ont bien voulu répondre à son invitation, nos amis du Parlement, les représen-
1. 1.6 Grand Cercle Républicain ne survécut pas aux dissensioi s produites, parmi ses nicmbre? nirine, par fAfl'aire Dreyfus et la constitution du cabinet Waldeck-Rousseau.
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tanls (le l;i politique ot des int6rèls, des sciences, des lettres, que nous voulons grouper dans une même action; les représentants de la presse, de toute la presse, non pas seulement celle qui a bien voulu nous soutenir, nous encourager, mais encore celle qui nous a critiqués, qui nous a môme un peu combattus, mais qui nous a rendu le très grand service de nous faire connaître. [Rires et applaudissenirnts.)
Lorsque, au mois de juin dernier, nous avons eu la pensée de fonder ce que j'appelais dès ce moment la maison de notre parti, nous avons rencontré d'abord un peu d'incrédulité et bientôt beaucoup de sympathie ; une grande confiance a répondu à notre confiapee; et, si vaste que nous ait paru à ce moment le local que nous avions choisi, il me semble par ce qui se passe aujourd'hui qu'il soit déjà trop étroit et bientôt il nous faudra songer à l'élargir. [Tri's bien! Très bien!
Au mooient où s'est réunie notre première Assemblée générale constitutive, nous comptions environ 1.100 adhésions; nous en comptons aujourd'hui plus de 1.900 {Applaudissement); nous en compterons demain plus de 2.000.
Il y a quelques jours, je lisais dans un des grands journaux de Paris une monographie très intéressante d'un des clubs de Londres. On y indiquait qu'il comptait 6.000 adhérents.
Il y a quelques mois, c'eût été avant cette réunion de la présomption que d'espérer égaler ce nombre; j'ai aujourd'hui la conviction que nous le dépasserons bientôt. [Applaudissements.)
Un résultat aussi heureux, obtenu si promptement, montre ce qu'on peut avec un peu de cet entêtement raisonné qui s'appelle la persévérance, ce que notre parti aurait pu dès longtemps faire, avec moins