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LE GRAND CERCLE RÉPUBLICAIN

d'inertie et de mollesse chez les uns. moins de détachement et d'éloignement de la politique chez les autres. [Assentiment général] applaudisseinents.)

Ce qui nous a manqué surtout, c'est d"avoir confiance en nous-mêmes, c'est-à-dire le sentiment et, en quelque sorte, la sensation de notre force; c'est aussi, Messieurs, d'avoir mis plus tôt en pratique cette maxime, à savoir que la politique n'est pas une corvée dont on peut se décharger sur quelques-uns, mais bien au contraire un devoir public, une obligation civique qui s'impose à tous, à tous ceux-là du moins qui ont quelque souci de la grandeur de leur pays, du développement de ses libertés et de la défense de ses intérêts. [Applaudissements.

Ce sont là des idées que, pour ma part, j'ai travaillé au prix de beaucoup d'efforis à faire pénétrer dans la grande masse des républicains de gouvernement, et, ces efforts, je puis dire ce soir qu'ils n'ont pas été inutiles, qu'ils n'ont pas été stériles.

C'est pour compléter cette œuvre que nous avons cru nécessaire de créer un centre de délibération, d'étude, d'action et de propagande'.

Nous avons. Messieurs, depuis déjà de longues années et au prix de grands elTorts, conquis des institutions parlementaires; elles sont très vivaces, elles sont très enracinées dans ce pays, et j'en ai pour preuve que plus on a fait d'efforts pour les ébranler, plus il semble véritablement qu'on les ait fortifiées. Je n'ai pas la prétention de tenir le pouls du pays, de le tàter, mais je constate que, plus on fait d'efforts pour susdter eu lui la fièvre révisionniste, et moins il semble qu'il réponde à ces efforts répétés. {Rires et applaudissements.)

Seulement, si nous avons conquis des institutions

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parlementaires, nous n'avons pas encore réussi à.nous former des mœurs parlementaires, à constituer, à côté des inslilutions publiques et conslitulionnelies. ces institutions d'ordre intérieur sans lesquelles un parti ne fient espérer ni maintenir ni augmenter sa prépondérance.

Nous avons des institutions parlementaires, mais nous n'avons pas encore des mœurs parlementaires. [Très bien! très bien!)

Avoir des mœurs parlementaires, c'est d'abord, Messieurs, considérer comme essentiel de former un grand parti, compact, bomogène, ayant ses principes supérieurs et constants, ayant une règle, ayant une orientation précise, arrêtée, une discipline, une direction supérieure, constante et respectée, i Salves d'applaud/ssemenls.)

Avoir des mœurs parlementaires, dans un pays comme le nôtre, où tout se ramène à l'élection et à la représentation, c'est être bien persuadé que tout événement de quelque importance répond à une cause profonde et quelquefois lointaine, et que des faits aussi décisifs et d'une portée aussi générale qu'une consultation du suffrage universel, la fondation d'une majorité capable, non pas seulement de subsister, mais de vivre et de créer, ne peuvent pas être si ffisamment déterminés par rinsulfisance de quelques habiletés particulières, qu'ils doivent être la résultante d'une politique mûrement délibérée, clairement précisée et fermement pratiquée. [Applaudissent en l s unanimes.}

C'est encore, Messieurs, être bien assuré qu'une certaine indépendance individuelle expiée bientôt par mille servitudes, que de petits calculs, de petites complaisances et de petites compromissions donnent auprès du suffrage universel moins de crédit que Tau-

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lorité des services rendus par un parti solidement constitué et ayant fait ses preuves.

C'est aussi considérer que dans le domaine parlementaire proprement dit on ne doit rien abandonner au hasard; qu'il ne faut pas vivre au jour le jour, attendre l'inspiration, subordonner ou son vote ou son intervention aux incidents d'une séance; qu'il faut tout prévoir, qu'il faut tout régler, qu'il faut assigner à chacun son rôle et que c'est à cette condition seulement qu'on peut trouver dès la première heure et faire triompher à la fin la formule sur laquelle une majorité peut, doit se compter. [Vifs afiplaudissements.)

C'est encore penser qu'il est mauvais de laisser à une majorité le soin de' deviner la pensée de son ministère et à ce ministère le soin de pressentir quelle peut être la pensée de sa majorité (Sourires)] qu'il faut établir entre l'une et l'autre une communication constante, et que c'est à la condition seulement de pouvoir donner des conseils qu'on peut s'épargner le regret d'adresser des reproches. [Assentiment unanime.)

En termes plus brefs, il est essentiel pour un parti qui veut jouer un rôle, continuer d'avoir son histoire, d'établir une sorte de grand conseil, toujours ouvert à ses délibérations, et ayant dans tous les départements, sur toute la surface du pays, ses centres de retentissement et de propagande.

Avoir des mœurs parlementaires, c'est enfin. Messieurs, car je crois que la discipline morale n'est étrangère à aucun des succès que les hommes peuvent obtenir, développer de plus en plus une éducation moins l'avorable à l'éclosion des rivalités et des ambitions personnelles [Bravos) qu'à la pratique des senti-

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menls de solidarité sans lesquels il nesl aucun parti qui puisse se flatter d'accomplir ses destinées. [Applaudissemenls j,i-olo77(/és.)

C'est, Messieurs, sous l'empire de ces préoccupations que nous avons entrepris de fonder le Grand Cercle Républicain; et je serais bien ingrat si je ne renouvelais pas ici à mes amis des deux Chambres qui se sont groupés dès la première heure autour de moi, et qui ont bien voulu partager avec n)oi la responsabilité d'une entreprise qu'on jugeait hasardeuse, l'expression de ma jirofonde reconnaissance, et, cette reconnaissance, je retends aussi à ceux qui ont été nos collaborateurs du premier jour, dont l'activité et dont le dévouement infatigable ne se sont pas démentis un instant. [Très bien! ti'ès bien!)

Quant à notre politique, Messieurs, nous sommes plusieurs ici qui l'avons assez souvent affirmée pour qu'il soit inutile de s'y étendre. Notre politique?... Mais notre parti, Messieurs, a cet avantage, qu'aucun autre ne peut revendiquer, qu'elle s'est incarnée avec un incomparable éclat en deux hommes d'Etat qui résument toute notre genèse... C'est la politique de Gambetta et c'est la politique de Jules Ferry.

Cette politique, Messieurs, est grande et simple. Elle consiste à rester inébranlablement attaché aux principes de la Révolution française Applaudissemenis), à les défendre contre toutes les contre-révolutions, contre-révolutions monarchiques qui finissent, contre-révolutions socialistes qui commencent. Elle consiste à ne pas concevoir le progrès en dehors de la liberté et tout spécialement en dehors des libertés individuelles. [Vifs applaudissements.) Elle consiste à répudier tout esprit de secte, à considérer les guerres de race ou les guerres de confession comme des sole-

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(Usines en vérité trop barbares dans l'état de notre civilisation. (Applaudissements répétés.)

Elle consiste à maintenir avec fermeté tous les droits essentiels de l'Etat, mais, en même temps, à faire respecter comme un domaine inviolable le for intérieur de toutes les consciences. [Applaudissements.)

Je crois, Messieurs, que je serai votre interprète en exprimant au ministère actuel et à l'homme dEtat qui le dirige [Approbation unanime) notre profonde reconnaissance pour les immenses services qu'ils ont rendus à la République. [Applaudissements.)

Et je crois aussi que je résumerai et vos sentiments, et vos aspirations, et votre idéal, en buvant à la République, au progrès par la raison dans la liberté, vers la justice. [Vifs applaudissements.)

I.es (;oiiiit('s f.'amhéllisles des V« el XIII* arrondissements ollViieiit le 21 avril 1898 un fiuncii d'honneur, chez ViansN , à MM. Cazot et Waideck-Housseau. Celui-ci exposa le pro^Manimf électoral et parlementaire de son parti. 11 ne laissa pas de faire entendre en passantquelques paroles st'vèrr's, quoique indirectes, à l'égard du cabinet Méline dont l'altilude depuis six mois, et par suite de l'alTaire Dreyfus, avait fortement contristé les vrais républicains.

Mp:ssieurs,

Il est naturel autant que nécessaire, à un moment comme celui auquel nous sommes parvenus, que les hommes qui ont eu la lourde responsabilité du pouvoir examinent la lâche qu'ils ont remplie, rendent compte au pays de ce qu'ils ont entrepris et de ce qu'ils ont achevé, qu'ils redisent à notre démocratie ses grandeurs, ses progrès, les œuvres accomplies en dépit des obstacles, des hésitations ou des erreurs. On leur en voudrait de paraître tendre, en insistant sur les difficultés qu'ils ont rencontrées, à faire ressortir l'éclat de leurs services, et s'ils ne réclament point pour demain plus de facilités ni plus de garanties, c'est à nous, Messieurs, d'être pour eux plus exigeants qu'eux-mêmes, et nous pouvons, sans nous exposer au même reproche, nous demander si l'avenir sera fait des mêmes incertitudes et si l'exercice du

LES ÉLECTIONS LEGISLATIVES DE 1898 41f>

gouvernement demeurera le même perpétuel tour de force et la même quotidienne gageure.

Une législature vient de finir, inquiétante parfois, longtemps infructueuse, presque toujours désordonnée. Une autre législature va commencer, et le pays regarde vers elle pour y trouver une espérance.

Les élections de 1898 sont faites, jentends par là que l'habileté ni les efforts des uns ou des autres ne modifieront pas désormais leur signification. Elles seront telles qu'on doit attendre d'une nation avide de progrès et de bon ordre, généreuse et prudente, attachée à la liberté, et dont l'instinctive sagesse a toujours, quand on ne lui a pas fait violence, discerné son devoir et son intérêt. Elles donneront, comme toujours et plus que jamais, une très forte majorité à la politique de raison, de progrès et de justice, qui est la nôtre.

C'est là un événement qui peut être décisif, comme il peut être inopérant : le pays a toujours fait son devoir; il s'agit de savoir comment le Parlement accomplira le sien.

Les observateurs les plus expérimentés et les plus défiants proclamaient, il y a cinq ans, que la Chambre qui vient de disparaître comptait plus de trois cents députés choisis par leurs électeurs, désignés par leur passé, pour former et soutenir un gouvernement progressiste — et il en avait été de même pour la Chambre précédente. Vous savez cependant ce qui est advenu de cette majorité, comment elle s'est dislQ.quée dès la première heure, émiettée, comment elle s'est laissé prendre à toutes les vaines apparences, comment elle a épuisé la somme des contradictions, changeant d'opinion en même temps que de ministère, c'est-à-dire souvent :revenanf sur ses traces pour s'en-

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gager encore dans les mômes chemins : votaiil un jour l'impôt global el progressif, le condamnant le lendemain; frémissant à la moindre menace, livrant avec douleur les personnes et avec insouciance les principes; se ressaisissant, n'accordant enfin qu'une confiance trop conditionnelle pour ne point faire payer sa fidélité de concessions et de sacrifices jugés nécessaires pour éviter un mal plus grand; affirmant sa volonté d'alléger les charges publiques et ajoutant 100 millions de dépenses à un budget de plus de 3 milliards; couronnant enfin son œuvre en mettant à la dernière heure le budget au pillage, et visant, sur les conseils d'un socialiste, à reconquérir sa popularité en décrétant l'affichage d'un discours à la fois humiliant pour elle el outrageant pour un des pouvoirs publics !

Ce long désordre n'a été suspendu que par l'elîort tenace de quelques hommes politiques qui honorent notre parti et c'est à eux que nous aurons dû de voir aboutir ; la loi sur les Sociétés de secours mutuels, celle sur les accidents, des mesures de 'protection de l'enfance, la réforme d'un chapitre de notre code d'instruction criminelle.

C'est bien, je suppose, à ce spectacle que l'honorable Président de la Chambre faisait allusion en parlant de (' l'abîme où plongent les défaillances et l'abandon de soi-même ».

Je n'ai pas souligné ces faits pour le vain plaisir de montrer ainsi réalisés des maux dénoncés comme trop probables, mais parce que le même mal peut et doit renaître si les causes premières n'en sont pas modifiées, parce qu'une fois encore le pays aura fait un immense effort, accompli un acte de raison et de sagesse et que l'on verra cependant se manifester la même

impuissante incohérence, se déchaîner la même anarchie, si, revenant aux principes les plus essentiels, inaugurant ou rajeunissant des méthodes plus rationnelles, nous ne parvenons pas à rendre au régime parlementaire son efficacité et son équilibre.

Il y va de l'avenir même des institutions.

Certains hommes politiques, frappés de voir l'indilTérence avec laquelle le pays accueille un programme équivoque, incertain et indigent, évoquent avec insistance le péril clérical.

S'ils entendent dire qu'il serait de bonne politique d'aggraver la scission entre l'État et l'Église, je dedemande pourquoi ils ne se sont jamais avisés, étant au pouvoir, de rompre toutes relations avec le Saint- Siège, ou de proclamer la séparation des Églises et de l'État, ou de supprimer le budget des cultes. Ils n'en ont rien fait et ils ne se proposent point d'en rien faire !

S'ils entendent dire que la politique de détente et d'apaisement que notre parti a* préconisée, constitue un péril pour les institutions républicaines, je suis persuadé qu'ils se trompent. Cette politique n'est d'abord que la conséquence logique des lois par lesquelles, en définissant les droits de la société civile, nous avons, par là môme, assigné des limites, inviolables de part et d'autre, à la liberté des consciences.

Ce pacte de neutralité, basé sur le respect des droits de l'Etat par tous les cultes et sur le respect de tous les cultes par l'Etat, nous devons l'appliquer av^c bonne foi et avec impartialité : si des hommes servent exactement la République, s'ils respectent ses lois, nous ne nous reconnaissons pas le droit de leur demander s'ils sont catholiques, Israélites ou protestants, et nous croyons, et l'expérience atteste, que la

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tolérance est un pins sur moyen de conserver à la société civile ses jnstes préroiijatives qne l'esprit d'iiiqnisitioa et qne l'esprit de secle.

Est-ce qne ce sont là des idées nouvelles ? Ferry disait le 28 mai 1S81 : " Quand deux grandes puissances, obligées de vivre l'une à cô-té de l'autre, comme la puissance séculière et la puissance ecclésiastique, sont liées par un contrat, il Çaut qu'elles le respectent et qu'elles en profitent l'une et lautre, et qu'elles ne passent pas leur temps à le déchirer à coups d'épingle. ■

Il disait le 10 juin 1881 devant le Sénat : « J'ai toujours pensé, quant à moi, qu'il n'est pas d'un homme politique, d'un homme de gouvernement, de déclarer directement ou indirectement la guerre à la conscience d'un si grand nombre de nos concitoyens ; j'ai toujours pensé que l'œuvre du gouvernement de la République n'est point une œuvre de sectaires ; que nous n'avons ni le devoir ni le droit de faire la chasse aux consciences... «

Il disait le 21 décembre 1888 : « Avec autant de fermeté que je jugeai il y a quelques années qu'il était de l'intérêt de la République de faire rentrer le clergé catholique dans l'observation des lois de lÉlat, avec une égale fermeté et une égale conviction, je vous le déclare, parmi les plus profondes aspirations de ce grand pays, à côté du besoin de la paix sociale, il y a le besoin de la paix religieuse. »

Qui donc, en vérité, tend à condamner les lois que nous avons votées, travaille plus utilement à les mettre en question, sinon ceux qui donnent à entendre qu'elles ont été inefficaces, et qui, pour recommanaer leurs services, admettent que, mentant à leurs promesses, elles auraient aggravé et non point apaisé le conflit?...

Le péril le plus prochain — il était d'hier et sera de

demain — viendra d'un parti né du déclassement des autres partis et dans lequel s'absorbent de plus en plus tous ceux qui restent les ennemis irréconciliables de la République. Ceux qui sacrifient l'idée juste à la noblesse du langage l'appellent le parti césarien. C'est lui prêter des exigences et des grandeurs qu'il n'a pas. Il ne demande plus à ses héros un cortège de victoires ou une auréole de légendes, et c'est parce que ni la gloire ni les mérites de l'homme n'étaient pour rien dans son succès que, Boulanger dispara, l'esprit boulangiste a subsisté.

Sa tactique a consisté — elle consistera — à vicier le régime parlementaire. Entre tant d'instruments à sa portée il a su, dans la dernière Chambre, choisir le plus décisit. Nul n'a plus efficacement travaillé à établir et à porter jusqu'au paroxysme la confusion des pouvoirs, avec ses conséquences naturelles : l'éveil des inquiétudes, l'aversion et l'horreur des tyrannies anonymes... En subordonnant le pouvoir judiciaire à la tyrannie de la Chambre, qui ne voit qu'à certaines heures il a réussi à soumettre la Chambre à sa propre tyrannie?...

Des instructions commandées à la tribune, des poursuites déshonorées d'avance par la passion politique, des juges mandés devant des commissions, le secret des dossiers violé, et toutes ces violations du droit sous prétexte de faire la lumière aboutissant a ne faire que de la honte et du soupçon... voilà ce qu'on a vu et ce qu'il ne faut pas revoir !

Le régime parlementaire ne peut plus commettre les mêmes fautes : il faut qu'il s'impose comme unt^ loi de salut de rester enchaîné au respect des règles constitutionnelles, il doit prendre des précautions contre lui-même pour assurer leur observation contre

'ijti l'oii; LA UKiTiM.iMi r;

SCS propres onlraînenieiits. 11 l'aul que la Conslilulion tout entière fonctionne, que personne n'échappe à la loi (les responsal)ilit<''s, que, s'il advient que le pouvoir délibérant s'égare, la Constitution a prévu qu'on peut lui demander une seconde délibération; et dans un pays qui a donné tant de preuves de raison et de sagesse, lorsque l'harmonie entre les Pouvoirs publics menace d'être compromise, c'est à lui qu'il faut en appeler pour la rélablir.

Il devait nous arriver d'abord comme à des ouvriers novices de fausser les ressorts délicats d'une Constitution nouvelle. Il suffit de les redresser pour que l'appareil tout entier reprenne sa marche, retrouve son fonctionnement régulier.

A l'heure présente, le suffrage universel demande moins à chaque parti un long programme que l'affirmation des principes directeurs de sa politique; ces principes, notre programme, nous n'avons pas cessé de les développer devant l'opinion.

Nous pensons que le gouvernement républicain a pour but le progrès moral, intellectuel et matériel;

Que la séparation des Pouvoirs est la sauvegarde essentielle de la souveraineté nationale ;

Que tout empiétement sur le Pouvoir exécutif et sur le Pouvoir judiciaire constitue une atteinte à la Constitution, une menace pour la liberté des citoyens.

La neutralité et l'impartialité de l'État dans les questions religieuses sont la conséquence de ses prérogatives dans le domaine civil.

Il n'est pas de réforme sociale possible et durable en dehors du respect des droits individuels.

L'impôt doit être proportionnel, de telle sorte que le nombre ne puisse imposer à la minorité des charges dont il serait affranchi.

LES ELECTIONS LÉGISLATIVES DE 1S98 42o

Une politique d'économie donnant confiance aux intérêts, réalisant des excédents de recettes et permettant des dégrèvements, est la condition première de toute réforme financière.

La réforme parlementaire doit être le premier soin de la nouvelle législaturi-.

L'exercice du droit d'interpellation doit être réglé.

Aucune dépense ne doit être introduite, en cours de discussion et par voie d'amendement, dans le budget.

C'est une fonction essentielle et un devoir pour le Pouvoir exécutif, de consulter le suffrage universel sous les garanties prévues par la Constitution, chaque fois que l'intérêt du pays et du fonctionnement parlementaire l'exigent.

C'est à l'abri de ces principes et par cette méthode que la législature prochaine doit, suivant nous, aborder et voter, après la réforme parlementaire :

Une loi organisant l'armée coloniale;

Une loi portant organisation d'une administration coloniale.

Ladministration centrale doit être simplifiée par une décentralisation très large au profit de l'adminis tration départementale.

Les formalités judiciaires doivent être rendues moins onéreuses; la compétence des juges de paix doit être augmentée en même temps que le seraient les garanties de leurs capacités.

La législature prochaine doit voter : une loi régissant les associations et basée sur les règles d'ordre public et de droit commun ;

Une loi étendant la capacité et les attributions des syndicats professionnels dans le but de faciliter : l'organisation des sociétés de production et de consomraa-

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tion, Torganisation du crédit agricole et du crédit aux associations ouvrières, le développement de la prévoyance sous toutes ses formes, l'accession progressive du travail à la propriélé territoriale, industrielle et commerciale.

Si la Chambre qui se réunira bientôt aborde et résout tous ces problèmes, elle aura bien mérité du pays et nul ne pensera qu'elle ait reçu un mandat trop durable.

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