EXPOSÉ DE L'INCIDENT DES DÉSERTEURS DE CASABLANCA
Le 25 septembre 1908, au moment de roccupatioii par les troupes françaises de la région marocaine de la <^haouïa, cinq soldats déserteurs de notre « Légion tîtrangère » tentèrent de s'embarquer dans le port de Casablanca, sous la conduite et la protection de M. Just, chancelier stagiaire du Consulat d'Allemagne, et d'un soldat marocain attaché à ce Consulat. L'ensemble de ces sept personnes était parvenu à s'éloigner de quelques mètres du rivage dans une embarcation légère, lorsque celle-ci chavira, les empêchant ainsi d'atteindre le vapeur allemand qui les attendait. Les déserteurs et leurs guides furent contraints de regagner la terre, où des soldats et des marins français se mirent en devoir d'arrêter les déserteurs, qui comprenaient : 2 Allemands, 1 Allemand naturalisé Français, 1 Russe et 1 Suisse. En s'efForçant
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de les arrêter, les soldats français entrèrent en contactavec M. Just et le soldat marocain. Des coups furent échangés, des blessures reçues. I.e lieutenant français du port, M. de Tournemire, intervint, donnant Tordre d'appréhender les déserteurs et de laisser libres les agents du Consulat d'Allemagne. Un lieutenant de vaisseau, M. de Soria, menaça de son revolver M. Just, qui aurait levé le bras sur lui. En fin de compte, les cinq déserteurs furent -emprisonnés par l'autorité militaire française.
La presse et l'opinion publique s'emparèrent de cet incident qu'elles grossirent, rendant malaisés les efforts tentés par les cabinets de Paris et de Berlin pour le régler. D'une part, on ne voyait que l'atteinte portée à l'intégrité de notre légion étrangère; del'autre, on ne pensait qu'aux droits consulaires dont le prestige n'aurait pas été assez respecté en ce pays de capitulalions. Question d'intérêt essentiel d'un côté, question d'honneur national de l'autre.
Une tension diplomatique s'ensuivit (octobre-novembre 1908), et le ton de la presse enfla de façon à faire naître des craintes sérieuses pour le maintien de la paix.
Dans ces conditions, le Tèglement direct par la voie diplomatique présentant des difficultés exIrêRies, l'arbitrage apparut comme la seule solution possible.
Après de délicates discussions sur la question de Srivoir quels points lui seraient soumis, les deux gouvernements se mirent d'accord : 1° par le protocole du 10 novembre ; 2° par le compromis du 24 novembre
Le Tribunal arbitral chargé de juger l'incident, conformément aux principes de la Convention pour le
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règlement pacifique des conflits internationaux, se réunit à La Haye le l^"" mai 1909 et rendit sa sentence le 22 mai 1909.
A la suite de cette sentence, les deux gouvernements signèrent, le 29 mai 1909, un dernier protocole qui clôtura définitivement l'incident de Casablanca.
Voici le texte des documents officiels précités :