‹ Pour les Aveugles! Discours Prononcés aux Assemblées Générales de L'Association Valentin Haüy Pour Le Bien Des Aveugles De 1897 a 1907Chapitre 13 sur 29 · Mes chats. Mon Franc-Pahler, '2» série · texte numérisé non relu

Mes chats. Mon Franc-Pahler, '2» série

36 François Coppée et les Aveugles.

pourvu que ce ne fût pas à l'heure de rAcadémie, il se pliait avec extrême complaisance aux nécessités de tous. Aussitôt arrivé, il faisait le tour des membres du Conseil, serrant la main à tout le monde, ayant un mot cordial pour chacun. De cette bienveillance si grande, j'ai eu personnellement beaucoup de marques, et elle apparaît, en ce qui me concerne, dans les Discours qu'on va lire. Elle est même si fortement exprimée, dans de tels termes, que je ne suis pas sans me trouver véritablement embarrassé en réunissant ces onze Discours pour les offrir à nos amis.

Du moins, en les relisant, on sera touché de voir combien Coppée avait fait notre OEuvre sienne, combien il en parlait comme dune chose à laquelle il était vraiment incorporé. C'est d'ailleurs ce qui lui a permis, malgré quelques répétitions inévitables — et dont les plus nombreuses sont certainement celles qui me concernent — de pouvoir, pendant onze ans de suite, exécuter ce qu'il appelait en })laisantant son « petit tour de force annuel... »

Coppée était loin de poser pour le poète philosophe, pour le penseur à idées profondes, à idées générales. Dans ses jolis Propos de convalescence, il s'en explique ainsi :

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... Je me suis demandé i si je n'abusais pas quelquefois du <( haïssable moi », et si je n'entretenais pas trop souvent le public de mes petites affaires.

Le malheur, c'est que je ne me sens guère capable de faire autrement. Je ne suis qu'un pauvre (( objectif », constamment et vivement impressionné par le monde extérieur et me fiant beaucoup plus à l'instinct qu'au laisonnement. De plus, mon éducation philosophique est nulle, ou à peu près. Il y a tout un outillage intellectuel, tout un vocabulaire de grands mots qui me font défaut pour donner à la moindre de mes pensées — que dis-je? à la plus fugitive de mes sensations — un air de profondeur et de solennité; et je ne sais pas faire de synthèse à propos de bottes.

Beaucoup de pédants excellent à ce jeu; et quicon([ue dit « l'espace » et le <( temps », au lieu de dire « l'étendue » et la « durée », est considéré par eux comme un ignorant et un frivole. Le reproche ([ue j'entends le plus souvent adresser par la critique haute sur cravate à tout esprit simple et sans prétention est celui-ci : (( Il manque d'idées générales ». Ce verdict, dans certains milieux, tombe lourdement sur une réputation littéraire comme le couteau de la

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