L'Instinct militaire. Contes pour les jours de fête
18 François Coppée el les Aveugles.
ses glorieux rhumatismes sous les vieux ormes. Parfois, le vent nous apportait, du côté des casernes voisines, un sourd roulement de tambour ou la courte et grêle sonnerie d'une trompette.
Pas encore bien solide ' et pesant encore sur ma canne, je me suis tout de même laissé séduire, dimanche dernier, par le beau soleil, et j'ai fait une promenade dans mon quartier, qui est assez excentrique, et tout proche de la banlieue. Le temps était vif et gai. Un vent froid. Beaucoup de lumière. Notre- Midi a quelquefois de pareilles journées, quand se lève le mistral. Un très grand nombre de promeneurs gobait, comme moi, Toxygène sur le boulevard Montparnasse cl sur le boulevard des Invalides. Fa\ général, du petit monde, mais sétant mis sur son trente-et-un, ayant fait toute la toilette qu'il pouvait, à cause du dimanche et en Thonneur du ciel clair.
J"ai retrouvé avec plaisir les arbres de mes boulevards, dépouillés par Ihiver, mais en qui la sève est en plein travail. Bien que jeunes, "ils sont pour moi d'anciennes connaissances. Je les ai vu planter, à l'état de manche à balai, il y a vingt-deux ans, après la guerre, quand je suis venu loger par ici. Ils ont