‹ Pour les Aveugles! Discours Prononcés aux Assemblées Générales de L'Association Valentin Haüy Pour Le Bien Des Aveugles De 1897 a 1907Chapitre 27 sur 29 · DONNÉE PAR UNE SŒUR AVEUGLE DE SAINT-PAUL A UNE PETUIE AVEUGLE · texte numérisé non relu

DONNÉE PAR UNE SŒUR AVEUGLE DE SAINT-PAUL A UNE PETUIE AVEUGLE

Assemblée générale du 9 mars 1902.

Mesdames, Messieurs,

C'est toujours une tâche difficile que celle de votre Président, car il prend la parole après d'excellents orateurs qui ne lui laissent pas grand chose à dire. Ils savent, en effet, mieux que lui combien votre Association est admirable et bienfaisante, car ils en sont les collaborateurs les plus actifs et les plus dévoués; ils vous en disent mieux que personne tous les efforts vers la perfection et tous les progrès, car c'est leur zèle et leur persévérance qui les ont obtenus. Votre Président, lui, a fait moins que les autres, il se lève après les autres; il est donc, en vérité, comme dans l'immortolle parabole, l'ouvrier de la dernière heure, et l'indulgence avec laquelle vous voulez bien, tous les ans, lui prêter votre attention est tout à fait évangélique.

Eh bien, cette fois-ci, j'ose le dire, elle sera encore plus méritoire et je me sens plus embarrassé que jamais de parler le dernier. Certes,

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tous les rapports qu'on vous a lus, les années précédentes, étaient remarquables, mais celui de M. Mahaut, aussi complet, aussi persuasif, aussi touchant que les autres, leur est pourtant supérieur, puisque fauteur vous prouve, par sa personne même, combien l'idée de votre OEuvre est juste, combien les résultats en sont féconds, ^'ous voulez, en développant les sens de celui qui est privé de la vue, en faire l'égal, ou à peu près, au point de vue de l'utililé sociale, de ceux qui voient ; et, pour vous donner raison, voici un aveugle qui, par rintelligence, le talent, et surtout par la coniniunicative effusion du cœur, ferait envie à bien des clairvoyants.

11 vous a tout dit, et admiral)lement dit, sur les travaux de votre Association j)endant le dernier exercice. Je n'ajouterai donc rien sur ce sujet. Mais pour étendre et propager votre action, je veux vous prier de répandre, de donner, de prêter, de mettre entre les mains de tous le délicieux livre de Maurice de la Sizeranne intitulé : Les Sœurs aveugles ^

Dans un des plus beaux chapitres des Misé-

1. Les Sœurs aveugles, la Psychologie de la. femme aveugle et la Communauté des Sœurs aveugles : 3 fr. 50; franco, 4 fr. ; en vente à l'Association Valentin Ilaiiv.

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râbles, Victor Hugo, dont on célébrait, ces joursci, le glorieux centenaire, nous montre Monseigneur Bienvenu, devenu aveugle à la fin de sa vie et entouié de soins affectueux par sa sœur, et il a tracé alors des lignes d'une douceur inexprimable : « Être aveugle et être aimé, dit le grand poète, c'est, en effet, sur cette terre où rien n'est complet, une des formes les plus étrangement

exquises du bonheur Ce n'est point perdre la

lumière (jue d'avoir l'amour... L'âme à tâtons cherche l'âme et la trouve, et cette âme est une femme. Tout avoir d'elle, n'être jamais quitté, avoir cette douce faiblesse qui nous secourt, s'appuyer sur ce roseau inébranlable, toucher de ses mains la Providence et pouvoir la prendre dans ses bras; Dieu palpable, quel ravissement! »

Eh bien, cette Providence vivante, qui guide leurs pas chancelants, dirige leurs mains maladroites, et qu'elles sentent toujours auprès d'elles, voilà ce qu'est la Sœur de Saint-Paul pour les pauvres petites à qui elle s'est dévouée; et ce qui est encore plus touchant et approche vraiment du prodige, c'est que beaucoup de ces bonnes religieuses sont aveugles, elles aussi, et que leur infirmité, vaincue par l'éducation et par

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riiabitude, leur est à peine un obstacle pour soigner leurs élèves aveugles comme elles, et pour s'en faire tendrement chérir. Oui, dans cette sainte maison, si modeste, si obscure, on assiste à ce spectacle extraordinaire : des mères et des filles qui ne se sont jamais vues, qui ne se verront jamais, mais qui se connaissent et s'aiment profondément. Voilà ce qu'il faudrait montrer aux matérialistes, à ceux qui ne vivent que par les sens et qui nient l'existence de Tâme. Quant aux chrétiens, ils puisent ici une force nouvelle pour leur sublime espérance, sachant bien que ces humbles femmes et ces pauvres enfants, qui se sont devinées ici-bas par les yeux du cœur se reconnaîtront un jour dans Téternelle clarté.

Lisez, Mesdames et Messieurs, lisez et faites lire autour de vous le livre de Maurice de la Sizeranne. Rassurez-vous, mon ami, je connais votre modestie et je ne lui ferai pas subir une longue épreuve. La plupart des personnes qui sont ici n'ignorent pas d'ailleurs avec quelle émouvante simplicité vous parlez de vos frères en infortune, avec quel art subtil et délicat vous savez décrire, jusque dans ses moindres nuances et dans ce qu'elle a de spécial, leur façon de

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sentir la vie. Je n'insisterai donc pas sur la portée morale de votre dernier ouvrage et sur son mérite littéraire. Ce que je tiens à vous dire seulement, c'est qu'en écrivant Les Sœurs Aveugles, vous dont toutes les heures sont consacrées à faire le bien, vous avez accompli une bonne action qui en inspirera d'innombrables, et que vous avez le droit de vous réjouir en en mesurant la conséquence et la durée.

Maintenant, je dois. revenir à mon rôle et à mon devoir de président, qui est de faire appel à votre générosité. Aux plus favorisés par le sort qui se trouvent ici, je me contenterai de lire cette lettre avec l'espoir certain qu'elle causera la même émotion qu'à moi :

« Monsieur,

« Ayant assisté à votre Assemblée annuelle, j'ai été touchée en constatant par l'éloquent rapport qui a été fait combien le but que vous poursuivez est bon et c'est avec joie que j'apporterai mon obole à votre œuvre.

(( Malheureusement, je ne suis qu'une modeste ouvrière demeurant avec ses vieux parents qui sont septuagénaires et je ne pourrai vous verser

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que la modique somme de 2 IVancs par an, et j'espère, si le bon Dieu m'accorde la santé, à mes parents et à moi, ainsi que le travail, pouvoir vous les verser régulièrement.

(( Je tâcherai de réunir des adeptes et je ferai de la propagande pour cela, espérant que Dieu me le rendra.

« Veuillez agréer, etc.

'( Amélie GOXIN, « 32, rue Daubenton, Paris. »

Après avoir lu cette lettre, j"ai cru entendre le son du denier de la veuve dans le plateau placé à la porte du temple de Jérusalem, et sur cette humble ouvrière, qui nous donnait cette pièce d'argent, prix d'une de ses journées, sans doute, cet argent sacré, cet argent de travail et d'honneur, il m'a semblé que descendait la bénédiction de Jésus. Aussi, je le répète, aux riches qui sont parmi vous, je ne veux montrer que cet exemple admirable, la charité faite par le pauvre.

Mais à vous tous, je veux redire encore une fois, comme je le dis depuis six ans et comme je compte bien le redire tant que j'en aurai la force, que je les prie ardemment d'être généreux envers une œuvre aussi belle et aussi incontestable-

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ment utile que la nôtre, envers cette Association Valentin Hauy, qui ne se contente pas de secourir et de consoler la plus pathétique des infortunes humaines, mais qui prétend l'ennoblir par la dignité du travail. Nul ne peut, hélas! rallumer la flamme dans les yeux clos du pauvre aveugle, mais nous pouvons du moins mettre une chaleur de douce fierté dans son cœur, lui faire relever son front courbé sous l'humiliation de la misère, placer le manche d'un outil dans sa main tendue à l'aumône. Rappelez-vous — comme on vous l'a dit tout à l'heure — qu'il y a quarante mille aveugles en France et que, si riches que vous nous fassiez, nous serons toujours indigents devant cette foule suppliante de mornes visages tournés vers nous. Donc, soyez généreux pour nous aujourd'hui et ne nous oubliez pas, et souvent, très souvent, pensez à nous et à nos aveugles. Pensez à eux devant les magiques spectacles de la nature et de la vie, pensez à eux devant la splendeur infinie du ciel, pensez à eux surtout, et à leurs tristes yeux morts, devant les chers regards de tous ceux que vous aimez !

Assemblée générale du 15 mars 1903.

Mesdames. Messieurs,

Tout à l'heure, en écoutant le rapport substantiel et lumineux par lequel M. le capitaine Chairou vous mettait au courant des bienfaisants travaux de notre chère Association Valentin Haïiy, et en entendant proclamer par notre excellent trésorier le total relativement modeste des sommes que nous avons dépensées, j'étais partagé, comme tous les ans, d'ailleurs, par deux sentiments contraires.

J'admirais d'abord les chefs-d'œuvre d'ingénieuse économie qui vous permettent de faire tant de bien avec des ressources si limitées; puis, me rappelant qu'il y a en France quarante mille aveugles et, parmi eux, un si grand nombre de misères dignes de toute voire compassion, je regrettais amèrement que vous ne fussiez pas plus riches.

Ne vous fiez pas au parfait équilibre des chiffres qu'on vient de vous lire et trouvez là seule-

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ment la preuve de la bonne gestion de vos deniers. Comme le budget de la République, mais pour des causes beaucoup plus avouables, le budget d'une œuvre charitable n'est jamais bouclé que très artiOciellement. Le déficit — disons-le franchement, cyniquement — est notre état normal, et — voyez quelle est notre imprudence, notre témérité — pas plus que nos législateurs, nous ne songeons à réduire nos dépenses, et, toujours à leur exemple, nous n'hésiterons pas à augmenter vos impôts.

Cependant il y a, entre les deux situations, une énorme différence. Pour faire rentrer ces impôts, nous nous adressons seulement à votre bon cœur et nous sommes certains que vous les paierez avec empressement et avec plaisir. Pas de danger qu'aucun de vous, avant d'acquitter sa contribution charitable, attende la grêle des papiers timbrés, la visite des recors et la saisie de son mobilier. Pourtant — je me hâte de le dire — il est une ressource, chère aux ministres des finances, à laquelle nous n'aurons jamais recours, c'est celle de l'emprunt. Caries sommes prêtées doivent tôt ou tard être rendues; et notre devise est précisément le contraire de celle que déploie sur une banderolle la statue dorée du

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calicot qui orne la Maison du Pont-Xeuf. Ici, on ne rend pas Targent...

Mais je cesse de sourire. Je me souviens qu'en secourant la plus touchante des infortunes vous tirerez de vos dons le plus précieux des bénéfices, cette satisfaction de la conscience, cette joie intime de l'âme, qui rendent la vie plus douce et plus légère, et je songe encore qu'au delà de ce monde votre bienfait vous sera rendu par le Dieu de l'Évangile, qui tient compte d'un seul verre d'eau donné en son nom.

C'est donc avec la certitude d'être entendu que j'adresse notre appel annuel à votre générosité. Et comment n'aurais-je pas confiance en elle quand, récemment, nous en avons reçu une preuve éclatante de la part d'une femme au grand cœur, envers qui nous avons épuisé depuis longtemps toutes les formules de reconnaissance, à tel point que nous cherchons vainement des mots, aujourd'hui, pour exprimer notre admiration devant la source intarissable de sa bonté. J'ai à peine besoin de vous dire son nom; vous l'avez deviné déjà. C'est M"" Davaine, qui vient de faire à l'Association Valentin Ilauy, tant de fois enrichie par elle, une largesse magnifique, une largesse vraiment royale de cinquante mille fr.

Discours. l^^l

Vous applaudissez, Mesdames et Messieurs, et vous ne sauriez trop applaudir, mais vous serez aussi émus, j'en suis sûr, par l'offrande d'une humble ouvrière, M^^'' Amélie Gonin, qui ayant recueilli, dans le cercle étroit de son voisinage, pièce de vingt sous par pièce de vingt sous, une somme de quatorze francs, nous l'envoie en nous faisant cette touchante confidence : u Dans mes attributions de quêteuse, j'ai reçu un affront que je n'ai pas relevé. J'ai entendu dire par une de ces personnes sans cœur, comme il en existe partout, que si je faisais cela, cest que ça me rapportait. J'en ai été bien peinée, mais j'ai offert cette contrariété au bon Dieu, me mettant au-dessus d'une pareille offense. »

En faveur de nos chers aveugles, nous offrons aux millionnaires l'exemple de M'"<^ Davaine et, aux personnes peu aisées, celui de M"'' Gonin.

Mais, sachez-le bien, si nous recevons, avec une égale gratitude, les liasses de juillets de mille francs et la modeste poignée de pièces blanches, nous faisons aussi très bon accueil aux moindres cadeaux, fussent-ils de simples débris.

Aidé par quelques personnes pleines de zèle, notre admirable ami Maurice de la Sizeranne sait tirer parti de tout et connaît plusieurs petits

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métiers. Bien qu'il ne se promène pas avec trois ou quatre paires de pantalons sur Tépaule et un cor de chasse en sautoir, il est, notamment, un prodigieux marchand d'habits. Donnez-lui, pour son vestiaire de l'avenue de Breteuil, du vieux linge, des chaussures fatiguées, des vêtements qui n'en peuvent plus. Tout cela sera soigneusement nettoyé, réparé, et quelques aveugles indigents seront habillés des pieds à la tête. Envoyez aussi vos meubles hors d'usage à notre cher Secrétaire général; il est remarquable dans l'utilisation de toute espèce de bric-à-brac et, à cet égard, il rendrait des points à un auvergnat de la rue de Lappe.

Mais la profession où il excelle, où il se montre tout à fait supérieur, c'est celle de ramasseur de vieux papiers. Il n'a pas le costume du chiffonnier classique, avec crochet, hotte et lanterne, mais, comme lui, il recueille et amoncelle, en quantité énorme, les vieux papiers de toutes les pâtes et de tous les formats. Il ne se soucie pas de ce qui est imprimé dessus, tant au i)oint de vue des idées qu'au point de vue du style. 11 s'intéresse seulement à la solidité de la matière première. On peut dire que Maurice de la Sizeranne admet, pour la presse, la liberté sans

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limite et même la pire licence. Ces papiers n'offrent en effet aucun danger pour ceux à qui on les distribue, puisqu'ils ne les liront pas, étant aveugles, et qu'ils en fabriqueront tout simplement des sacs pour le petit commerce. La Sizeranne a donc bien raison de se montrer si largement libéral. Peu importe aux choux-fleurs de la fruitière qu'on les serve dans du George Sand on dans du Ponson du Terrait, et cela est bien égal aux haricots secs de l'épicier d'être enveloppés dans un article de votre serviteur ou dans un discours de M. Jaurès.

Cependant ce Maurice de la Sizeranne, si avide de tous les papiers imprimés, cjuels qu'ils soient, a été cause, récemment, qu'un volume de plus n'a pas été mis sous presse. Vous ne serez pas surpris de cette inconséquence de sa part, quand vous saurez cju'elle accompagnait le conseil d'une bonne action.

]\Pi^ L'Homme, âgée de quatre-vingts ans, aveugle, impotente et alitée, occupe ses tristes heures à dicter, en vers, Thistoire de sa vie, et l'idée lui était venue de publier cet ouvrage et de le vendre au profit de notre Association. Hélas! la pauvre demoiselle ignorait que, dans ce siècle de prose, la plupart des livres de vers se fanent

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chez réditeur et qu'ils sont destinés, tôt ou tard, à la fabrication des sacs en papier. Notre cher Secrétaire général fut donc forcé de détruire, avec son tact délicat, Tillusion de M''*' L'Homme et lui fit comprendre que les pauvres aveugles risquaient d'attendre longtemps ce charitable secours, en admettant même qu'il dût les atteindre un jour. La généreuse vieille fdle ne se le fit pas dire deux fois. Tout de suite et courageusement, elle dit adieu à son rêve et versa entre les mains de lAssociation, pour ses frères en infortune, les 1 500 fr. destinés à l'impression du volume, les pauvres petites économies cju'elle avait sans doute péniblement amassées. Les vers de M"^" L'Homme sont, je n'en doute pas, très touchants, mais ils ne peuvent l'être plus que cet acte de renoncement qui, n'est-il pas vrai, va droit au cœur?

C'est par une foule de sacrifices particuliers comme celui-ci, c'est par une multitude d'actes de bonté personnelle que notre Association n'interrompt jamais, que dis-je? étend et perfectionne sans cesse son œuvre excellente. Nous n'avons pas cVaulres ressources. Je vous demande donc instamment, comme j'ai le devoir et l'honneur de le faire chaque année, de

redoubler de libéralité à notre égard, afin d'augmenlcr nos moyens d'action pour le bien des pauvres aveugles. Nous ne nous lasserons jamais de vous implorer comme vous ne vous lasserez jamais de répondre à nos prières; on vous l'a dit tout à l'heure et je ne puis mieux faire que de vous le redire en terminant. Vous êtes pareils, Mesdames et Messieurs, aux Danaïdes de l'antique légende, que Jupiter avait condamnées à remplir éternellement une cuve au fond des Enfers. Mais les cruelles fdles du roi d'Argos subissaient avec désespoir leur supplice, tandis que vous, cœurs généreux et âmes charitables, c'est avec une émotion toujours aussi douce que vous venez tour à tour vers la cuve sans fond de la charité, et c'est avec une joie toujours nouvelle que vous y videz les urnes de vos bienfaits.

Assemblée générale du 13 mars 1904.

Mesdames, Messieurs,

Le rapport si intéressant, si lumineux, si complet de M. de la Bretonnière vient de vous prouver combien l'Association Valentin Haïiy se développe et combien s'accroît régulièrement son action bienfaisante. Vous avez élé heureux d'apprendre qu'elle améliore plus que jamais le sort si triste et si digne de pitié des pauvres av^eugles. A ceux qui n'ont pas besoin d'aide matérielle, elle offre les ressources intellectuelles de ses publications et de sa bibliothèque littéraire et musicale; à ceux qui peuvent plus ou moins travailler, elle en procure l'occasion et les moyens; à ceux (jui n'ont même pas cette consolation, elle prodigue des secours en argent et en nature; aux plus disgraciés enfin, aux arriérés, aux infirmes de corps et d'esprit, elle donne un refuge et des soins.

Ainsi, chaque année, vous êtes joyeux de constater les progrès de votre OEuvre; chaque

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