Merles Parisiens. Longues et Brèves
24 François Coppée et les Aveugles.
disent bicMitôt : a Ça c'est pour les fourriers... Ça c'est pour la soupe » ou : (( Voilà la messe, — l'An- ^elus )). Mais, au bout de quelques mois, ils n'y pensent plus, n'entendent même plus rien.
Plus tard -, et longtemps encore, Tomnibus resta mon équipage ordinaire. Mon esprit plein de songes confus trouvait un calme singulier, un isolement favorable au travail intellectuel, dans le fracas des roues sur le pavé et des vitres frémissantes. Le soir, dans l'ombre et dans la cbaleur de la voiture, absorbé, les yeux mi-clos, j"ai roulé amoureusement dans ma pensée bien des mots et bien des images.
Heureux le poète qui nait et grandit en pleine nature. Cesl le murmure du vent dans les arbres, c'est le bruit des lames sur la grève qui lui révèle les lois secrètes du nombre et de l'harmonie. Je ne suis qu'un enfant de la grande ville ; mais, dans son tumulte, flottent aussi de vagues et exquises musiques ; et le rythme est partout pour celui qui sait l'écouter. C'est dans l'omnibus, bercé par son roulement monotone, que j'ai scandé quelques-uns de mes ])remiers A'ers.