‹ Pour les belles personnesChapitre 10 sur 28 · L IMPOSTEUR CONFONDU ICI · texte numérisé non relu

L IMPOSTEUR CONFONDU ICI

— Absolument sûr, méchante !

— Jurez que vous ne mentez pas !

— Je lejure !

Elle réfléchit encore.

— Allons, soit, je vous crois, tout est possible ! dit-elle. Il m' arrivait d'avoir, en ce temps-là, des cruautésimprévues. Puis, maintenant, quand je vous regarde de tout près, ainsi, mes jeux se fermant sous vos yeux, il me semble bien, en effet, que nos bouches ne furent jamais si proches, que je n'ai jamais senti sous mes cheveux la brûlure de votre souffle ; et, ce baiser, je vous le donne, pour la première fois !

L'ombre avait empli le boudoir, peu à peu, mettant une noirceur épaissie sur les satins et les dentelles, sur les dorures mortes ; et les miroirs n'y voyaient plus. Il n'y aurait eu, dans le silence, que des froissements d'étoffes, avec des froissements plus doux, si, par instants, une parole à voix basse n'eût tremblé sous un baiser. Mais, tout à

coup, Lise de Belvélize se dressa dans un sursaut de colère, et, violente, après une brusque remise en place de jupes courroucées :

— Sortez d'ici, imposteur ! cria-t-elle, et n'espérez pas que je vous pardonne jamais ; car c'est une étrange impertinence, en vérité, d'avoir pu supposer que j'aurais si peu de mémoire I

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